Dans cette rubrique, vous découvrirez divers textes montrant les rapports fondamentaux qui existent entre l'astrologie et la spiritualité.  Le Ciel, peinture du Créateur | Par Denis Labouré
Si les diverses sciences, dont l'astronomie, décrivent le monde, elles ne cherchent pas ce qu'il signifie. Cela ne relève pas de leur compétence. Elles cherchent le " comment il fonctionne ", pas le " pour quoi il fonctionne ". Or, le monde que nous percevons par nos sens est susceptible d'un traitement symbolique. Autrement dit, il signifie quelque chose. Toutes les cultures humaines l'affirment.
En écrivant que le ciel est symbole, je ne veux pas dire que, par convention ou par poésie, chacun peut attribuer le sens qu'il veut à tout astre qui se promène dans le ciel. Ce ne sont pas les astrologues qui ont convenu que Vénus avait telle signification plutôt que telle autre. Cette interprétation psychologique du symbolisme n'expliquerait pas pourquoi l'astrologie fonctionne. Dans l'art d'Uranie, chaque astre possède un sens qui lui est propre, que ce soit ou pas celui dont les êtres humains le revêtent. Ce n'est pas a posteriori que le monde est chargé d'une signification symbolique. C'est d'emblée, et dans sa substance même, qu'il est doté d'une fonction icônique. Ce sens vient d'en haut, pas d'en bas.
D'où vient que l'univers ait un sens ? Nous entrons là dans un domaine qui relève de la religion. De la religion en général, pas d'une religion en particulier. L'univers a un sens car le divin (Dieu ou les dieux) parle aux hommes le langage de la création. Toute œuvre dénote son auteur. Dans un tableau de peinture, un expert reconnaît le peintre, car le tableau exprime quelque chose de son créateur. Le monde que nous percevons avec nos sens dévoile lui aussi quelque chose de son Créateur. Ce thème est présent dans le christianisme. L'univers raconte Dieu. Dieu est connu en ses œuvres, affirme l'évangile de Jean, et le monde est un miroir dans lequel Dieu se fait contempler. L'Invisible manifeste son Etre et sa Puissance dans l'univers visible. Relisez le Psaume XIX, 2 : " Les cieux chantent la gloire de Dieu, et l'œuvre de ses mains, le firmament l'annonce. " Relisez Romains I, 20 : " Ce qui de Dieu ne se voit pas, c'est-à-dire sa Puissance éternelle et sa Divinité, sont devenues visibles depuis la création du monde pour qui réfléchit à ses œuvres. " Il est frappant de constater combien ces deux termes (Divinité et Puissance) correspondent au couple hindou de Brahma et de sa Shakti, la " Bi-unité divine ". Ou de comparer ces citations bibliques avec des textes hindous comme celui-ci : " Ceux qui ne voient dans le Soleil qu'une sphère et ignorent la vie qui l'anime, ceux qui voient le ciel et la terre comme deux mondes et ne savent rien de la conscience qui les régit, possèdent de l'univers une connaissance bien limitée. Une science qui n'étudie que la partie inerte des choses et n'atteint pas la vie qui les anime, la conscience qui les habite, est incomplète et ne mène pas à une compréhension réelle de leur nature. " (1)
Notes 1. Vijayânanda Tripâthi, jevatâ-tattva, Sanmârga, vol. III, p. 682. Cité par Alain Daniélou, in Le polythéisme hindou. Retour au texte
L'autisme de la nouvelle science
Chez les pythagoriciens et les platoniciens, l'étude du " comment il fonctionne " ne perdait jamais de vue le " pour quoi il fonctionne ". Par conséquent, il n'y avait pas d'astronomie sans astrologie, ni d'astrologie sans astronomie. Bien que Ptolémée ait introduit le ver dans le fruit, Il fallut attendre le début du XVIIe siècle pour qu'une distinction artificielle s'impose définitivement. Elle reposait implicitement sur l'idée que le sacré est distinct du profane, qu'il existe des choses sacrées et des choses profanes. Comme si un tableau de peinture pouvait être décrit en tant que tel, sous son aspect strictement physique (composition chimique de la gouache utilisée, etc.), sans que l'on songe à se demander s'il existe un peintre et si ce tableau exprime quelque chose du peintre. Certes, il demeurait concevable de voir quelques érudits se torturer l'esprit pour savoir s'il existe un peintre et quelles seraient les conséquences d'une telle opinion. Mais il s'agissait plus là que de théologie ou de connaissance des religions, des spécialités qui n'avaient pas à interférer avec l'étude du tableau lui-même.
A partir de là, le monde pouvait être décrit, mais il ne signifiait plus rien. Cette substitution d'un univers-machine à un univers-symbole a entraîné une crise de culture et de civilisation dont nous ne sommes pas sortis. Malgré la résistance de l'admirable Kepler, il n'a pas fallu un siècle pour constater deux conséquences de cette attitude schizophrène. La première est l'obligation, pour être pris au sérieux, de croire (ou de faire semblant de croire) que le tableau de peinture s'est formé par hasard. Il n'y a pas de peintre. La schizophrénie s'était transformée en autisme. La seconde conséquence est la substitution d'un univers-machine à un univers-symbole. Un astre se décrit physiquement. Il ne signifie rien. Pour l'être humain, il n'a de valeur que par d'éventuels rayonnements qui nous atteindraient. Or, de telles influences célestes sont infimes, comparées à celles du Soleil et de la Lune. Ce que les astrologues croient tirer de la position des planètes est donc physiquement intenable. Exit l'astrologie, vestige fantaisiste de l'enfance des sciences.
Il n'y a pas d'astrologie laïque
En parlant " d'influences célestes " pour ne pas déplaire au pouvoir central, les astrologues ont longtemps donné des verges pour se faire battre. Les plus naïfs n'ont toujours pas compris la leçon. Pour être pris au sérieux, ils se croient obligés de recourir à un discours para-scientifique agrémenté de quelques lieux communs psychanalytiques. Ce qui n'intéresse pas le grand public et distrait physiciens et psychologues.
Plotin affirme la nature alphabétique des figures célestes, sans les identifier toutefois à aucune écriture en usage chez les hommes. " Supposons que les astres ", c'est-à-dire les planètes, y compris le Soleil, la Lune et les étoiles fixes, " supposons que les astres soient semblables à des caractères toujours écrits dans les cieux, ou écrits une fois pour toutes et en mouvement comme ils accomplissent leur tâche "(2) . J'ajouterai avec Robert Amadou, " Et supposons que leur signification en résulte ". En astrologie, le monde, donc le ciel, est en quelque sorte vu du point de vue de Dieu. Parce qu'il n'y a, en fait, aucun autre point de vue sous lequel on puisse le percevoir dans sa nature véritable. Chaque astre est un symbole. Il est la jonction, sans division ni confusion, d'une signification divine et d'une réalité physique. Il est l'athanor, ce four des alchimistes, où toutes deux se fondent.
Il nous faut, une fois pour toutes, en prendre notre parti : il n'y a pas d'astrologie laïque. Ce qui est posé d'emblée, c'est le divin et le sacré. L'astrologie est solidaire d'une vision mystique de la Réalité. L'ordre du monde, la signification de l'univers, en sont les conséquences. La création tout entière, en tant que " Dieu visible ", est le langage du Dieu invisible. Le cosmos est l'image manifestée d'une Réalité et d'un Ordre non-manifestés. Il est l'illustration perceptible aux sens de ce qui, en soi, est invisible et transcendant.
Notes 2. Ennéades. Retour au texte
En conclusion
Dans les rites sacrés, en astrologie comme dans les opérations alchimiques, ce qui agit, ce ne sont point des forces physiques, mécaniques ou occultes. Ce ne sont point des " influences astrales " dont les hommes de science, méchants et bornés, ne voudraient pas reconnaître la réalité. Ce qui agit est la puissance propre des relations qui unissent les signes et les choses sur lesquels ils renseignent. |
|  L'astrologie enseigne la vraie liberté | Par Ludovic Pinelli
Nier que le destin existe, est légitime et naturel. Pourtant, des preuves s'accumulent, quotidiennement, sur le bureau de tout astrologue : les spécialistes de l'astrologie médicale décèleront dans le thème les organes fragiles, les dates de déclenchement de certaines maladies… ; les spécialistes de l'astrologie psychologique, décriront les comportements, le fonctionnement de la psyché, les rapports parents-enfant…, qu'aura plus tard, un nouveau né ; et les spécialistes de l'astrologie événementielle, verront les événements marquants de l'existence...
En fait, face à des astrologues, dont le point commun, au delà de toute technicité issue des différentes écoles astrologiques, est la prédiction (ou au moins la prévision(1)), il serait, à mon sens, plus pertinent, mais peut être aussi, inespéré et vain, de trouver la moindre preuve de la non-existence du destin.
L'évidence est là, sur notre bureau, symbolisée dans nos cercles ou nos carrés que nous appelons " thèmes " (mot du XIII ème siècle signifiant " sujet ", du latin subjectus : " soumis ").
Qu'est-ce que le destin ? Comment fonctionne t-il ? Peut-on lui échapper ? Voilà les quelques questions auxquelles je vais tenter de répondre, dans l'état actuel de mes connaissances, et grâce à ce qu'il m'a été donné de comprendre.
Note 1. Astrologiquement, je ne comprend pas bien la différence entre ces deux termes. Une prévision réussie est une prédiction, une prédiction ratée est une mauvaise prévision. Retour au texte
Où il est nécéssaire de donner un sens à l'univers...
La loi d'analogie est à la base de l'interprétation astrologique. Elle nous dit que tout, en ce monde, est interdépendant. Autrement dit, qu'il existe une cohérence de l'Univers.
Deux positions sont alors envisageables :
Soit cette cohérence est le fruit du hasard, donc, nous naissons, vivons et mourrons par hasard, et sommes même prédestinés, par le hasard, à accomplir les actions, attraper les maladies, avoir les comportements, les fonctionnements psychiques, subir les événements... que notre thème raconte. Il n'y a pas de sens à cet état de fait.
Ou alors, cette cohérence existe parce que l'univers a un sens. Le déterminer ne relève pas de la science, celle-ci ne pouvant et ne cherchant à répondre qu'au comment des choses et non au pourquoi ; mais relève de la religion, dont l'étymologie même du mot (de religare : lier) nous indique sa fonction : nous relier à l'univers, nous donner ce sens sans lequel l'utilité de notre existence me parait bien maigre. Et si ce sens existe, il faut bien que l'univers ait été pensé et créer ainsi. Par qui ? Certains l'ont nommé Dieu, d'autres Allah, d'autres Brahma, d'autres encore le diviseront en différents principes qu'ils nommeront Isis, Osiris, Horus... Peu importe.
C'est cette dernière position que j'ai adoptée, et les astrologies que j'ai choisies de pratiquer (astrologies traditionnelle occidentale et indienne), s'inscrivant dans un système métaphysique construit et extrêmement cohérent (l'hermétisme et l'hindouisme, qui, bien que différents dans la forme n'en sont pas moins identiques dans le fond), me donnent, en ce sens, des réponses concrètes et vérifiables.
Où le destin, sans le temps, n'aurait aucune prise...
Il était une fois... Voici une phrase bien étrange et magique qui, par elle seule, parvient (ou tout au moins, parvenait) à nous faire entrer dans un état difficilement descriptible. Un état dans lequel nous nous apprêtions à entendre quelque histoire merveilleuse s'étant passée il y a très longtemps, ou peut être dans très longtemps... En tous cas, une histoire renouvelée et renouvelable sans cesse, appartenant à un autre monde, différent du nôtre, et pourtant si intimement lié. Une histoire qui, en fait, se passait maintenant, et chaque fois maintenant.
Pourquoi n'appartiendrait-elle pas à notre monde ? Parce que, contrairement à nous qui sommes soumis au temps de par le simple fait de notre inéluctable mort, elle est éternellement vraie. Parce que l'histoire du prince et de la princesse qui ne parviendront au but qu'en surmontant les multiples pièges posés par les méchants, et en rendant ceux-ci inoffensifs, survivra sous une forme ou une autre, quoi qu'il arrive (il suffit, pour s'en convaincre, de constater l'engouement pour une version modernisée de nos contes de fées, qu'est la Guerre des Etoiles !).
Il en est de même des planètes dont le cours est toujours immuable. A l'échelle humaine, elles ne sont jamais nées, ne se transforment pas, et ne mourront pas... Les Anciens ont vite fait la différence entre ce qu'ils ont appelé "le monde de la corruption" ou "monde sublunaire", en qui tout naît, se transforme et meurt, autrement dit, le monde de la soumission au temps ; et le "monde des orbes", contenant les planètes, inchangées et inchangeantes, hors du temps, outils du divin.
Pour les hindous, le temps n'est qu'une composante de la Maya, l'Illusion, parce que seul ce qui est toujours vrai est réel. Mais la Maya est aussi la condition sine qua none de la Manifestation, de la Création, car sans temps, pas de naissance, pas de vie, pas de mort.
Ce paradoxe a été remarquablement exprimé par J. Hani (professeur de langue et littérature grecques) dans La Divine Liturgie : "Le temps n'est, suivant l'admirable formule de Platon, que "l'image mobile de l'éternité" (aiônos ikôn kinitis). Tout se passe comme si les événements, amassés en un seul point, étaient ensuite déployés, projetés, sur un cercle à la circonférence mobile, qui serait le temps."
Il est étonnant de constater que le schéma que décrit cette phrase, n'est autre que, d'une part, le glyphe du Soleil, centre de notre système, grâce à qui nous avons la vie ; immobile, par rapport aux planètes, qui semblent s'être déployée autour de lui, marquant le temps et le destin.
D'autre part, et de la même manière, le cercle zodiacal sur lequel s'inscrivent les événements de l'existence, et son centre qui représente la personne.
Ce qui veut dire que la personne est un centre, duquel sont projetés les événements de son existence.
Mais qu'est-ce que cette personne ?
Nous sommes soumis à un destin, formé de multiples conditionnements que la position des astres, nous aide à découvrir. Je dirais que ce côté forme la nature de l'être humain (seule facette par laquelle il nous est possible de caractériser celui-ci) . D'un autre côté, nous pourrions être la source de notre propre destin. Et je dirais que ce côté est la personne (le côté unique mais inqualifiable de chaque être humain) (Voir à ce propos, L'Esprit de l'Astrologie Traditionnelle - Denis Labouré). La nature de l'être humain est à la périphérie du cercle, la personne en est le centre, et le tout est l'individu.
La personne est le coeur de l'être, la "parcelle divine" enfouie au centre de nous même. Plus nous l'approchons, moins le destin, à la périphérie du cercle, n'a donc d'emprise sur nous : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux" (voir schéma). Voilà ce que nous enseigne l'astrologie traditionnelle. Une fois le centre atteint, une transmutation peut s'opérer à tout les niveaux de l'être, c'est la transfiguration des chrétiens, l' illumination des bouddhistes…
Et ce n'est pas tout, il est toujours possible de négocier, avec l'architecte, ce que sera votre maison, même si certaines contraintes de terrain sont à prévoir. De la même manière, il est possible de négocier sa destinée avec son créateur. C'est cela qui est fait avec l'astrologie horaire (dire que l'astrologie est un " art divinatoire " prend ici tout son sens !). En effet, le fait même de trouver une réponse, par un thème horaire, à une situation sur laquelle nous n'avons aucune emprise (autrement dit, ne dépendant pas de nous, ou, en tout cas, pas seulement), change le cours de notre destinée ! |  |
| En somme, je ne crois ni au libre arbitre ni au déterminisme.
Où il en va différemment dans une consultation et où il est temps de conclure…
A mon sens, le destin est donc prévisible par l'astrologue (comment prédire avec sûreté est une autre histoire...), ce qui ne veut pas dire qu'il doit toujours le faire. Je pense que la déontologie la plus élémentaire impose que ses prédictions ne dépasse pas ce qui peut être corrigé par les conseils d'un spécialiste, ou à défaut, un thème d'élection. Autrement dit, l'astrologue doit être en mesure d'aider à la résolution des problèmes qu'il expose au consultant, ou de conseiller une personne à même de le faire (médecin, psychologue...).
La plus grande objectivité possible est aussi de mise. Il est admissible de prédire à un consultant qu'il n'aura pas d'enfant s'il n'en souhaite pas (et encore, une décision n'est pas toujours définitive !), alors que si c'est là sa raison d'être, une telle prédiction peut être catastrophique.
Enfin et surtout, l'astrologue peut se tromper (c'est peu dire) et se doit de formuler ses prédictions en terme d'hypothèse, de faits susceptibles d'advenir.
Entre ce que l'astrologie peut faire, et ce que l'astrologue peut dire, il y a un pas à ne pas franchir...
"L'impulsion créatrice a pour but l'ultime forme, virtuellement immanente en cette semence cosmique. Tous les accidents, tous les embranchements qui surviennent en cours de réalisation, sont issus de la genèse vers le but : toutes les causes auront leur effet-cause, mais elles devront une fois atteindre l'épuisement." (Le Miracle Egyptien - R. A. Schwaller de Lubicz) |  |
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