Astrologie horaire

L'astrologie évidente

Jadis, les astrologues interprétaient le ciel. Ils ne s'intéressaient pas à des sigles tracés sur une feuille de papier. Revenons dans la Grèce antique. Un général est inquiet sur l'issue de la guerre engagée. Il traverse le pays pour consulter l'astrologue que je suis. Un petit dialogue s'établit entre ce général et moi :
Q : Vais-je gagner la guerre contre l'armée de Carthage ?
R : Récitons une petite invocation aux dieux… Je regarde le ciel… Hum, l'étoile de Mars (Arès) se lève à l'horizon. Elle est très brillante. Dans deux mois, elle aura rejoint l'étoile de Jupiter (Zeus) dans le ciel. La bataille décisive se livrera dans deux mois. Vous serez victorieux.

Quand les esprits tortueux s'en mêlent

Imaginons la même scène quinze siècles plus tard, une fois passés ceux qui ont tout compliqué. Le général s'en va trouver l'astrologue. Il lui pose la même question. Mais le dialogue a changé de tournure.
Q : Vais-je gagner la guerre contre l'armée de Carthage ?
R : Ca dépend. Vous êtes né quand ?
Et, pour des raisons qui dépassent l'entendement de l'astrologue grec, son lointain successeur s'épuisera à reconstituer la configuration du ciel de naissance du général tel qu'il était 50 ans avant que la question lui soit posée ! C'est à ce ciel périmé qu'il demandera sa réponse. Il ne lèvera même pas les yeux pour regarder le ciel tel qu'il est en cet instant où le général pose sa question. Pourtant, ce ciel « de la question » aurait été la véritable photographie de la crise, un « instantané » de la situation dans laquelle se débat le général qui consulte.

Avec l'astrologie mondiale, l'astrologie horaire est la plus ancienne application de notre Art.

Le principe de l'astrologie horaire

Le thème de la crise

Quand, avec sincérité et clarté, un être humain formule à un moment donné une question et la confie à l'astrologue, le ciel en est à ce moment-là le miroir. Si l'astrologue dresse un thème pour cet instant et pour l'endroit où il se trouve, il analysera ce thème de la question avec les mêmes facilités que s'il s'agissait d'une naissance. En étudiant comment les astres poursuivront leur course, il décrira l'évolution de la situation.

Autrement dit, si une maman rongée par l'angoisse interroge l'astrologue à propos de son enfant fugueur, l'astrologue dressera le thème pour l'instant et le lieu où il est investi de cette question. De ce thème, il décrira le caractère de l'enfant, les motivations de sa fugue, sa santé et l'endroit où il se trouve. En étudiant le cours des planètes qui représentent l'enfant, il saura si ce dernier décidera de rentrer à la maison et quand.

Quand l'astrologue voit ses chevilles enfler

Quelques esprits « évolués » considèrent les questions auxquelles l'astrologie horaire répond comme trop « terre à terre ». L'astrologie horaire répond aux questions qu'on lui pose. Ce qui peut être trivial n'est pas l'outil, mais la question posée ! Santé, amour, emploi et enfants sont les préoccupations les plus urgentes d'un être humain normalement constitué. Avec humilité, le praticien de l'astrologie horaire estime que la localisation d'un enfant disparu n'a pas de prix et que la recherche d'un emploi n'est pas indigne de son Art. Mais rien n'empêche le consultant de poser une question du type « Quelles sont les véritables causes de ma dépression actuelle ? » s'il tient réellement à le savoir. 
Comment dresser et interpréter le thème ?


Les coordonnées du thème

Pour tracer un thème horaire, les informations suivantes sont nécessaires ; une personne, une question, une date, une heure et un lieu. La personne est le consultant, celui qui pose la question, qui interroge l'astrologue. La date et l'heure sont ceux où le consultant confie clairement pour la première fois sa question à l'astrologue. Il ne s'agit pas du moment où il se pose à lui-même pour la première fois la question, mais de celui où il en investit l'astrologue. Le lieu est celui où l'astrologue se trouve quand la question lui est confiée. Tant que le spermatozoïde n'a pas rencontré l'ovule, le processus n'est pas activé.

La validité du thème

Avant de se livrer à l'interprétation d'un thème horaire, il convient de savoir s'il est une bonne photographie de la question. Pour cela, il doit décrire quelque trait saillant du consultant (particularité physique, état psychique) et sa situation actuelle. Une fois confirmée cette adéquation de la question et du thème, il est dit radical. Quelques règles mettent parfois l'astrologue en garde contre l'interprétation trop rapide d'un thème. Si, par exemple, il n'existe aucun accord entre l'instant (représenté par le maître de l'heure planétaire) et le lieu (représenté par l' ascendant), l'astrologue doit être prudent. L'Ascendant en début ou en fin de signe, la Lune vide de course (ne formant aucun aspect exact avant de quitter le signe qu'elle occupe), la Lune en voie combuste (les deux signes où les luminaires sont en chute), Saturne en maison VII quand la question ne concerne pas le mariage ou une association, sont autant de considérations préalables au jugement . Elles conseillent une grande prudence dans l'interprétation. Ce ne sont pas des interdits à l'interprétation, mais des avertissements émis par le ciel en direction de l'astrologue afin qu'il y regarde à deux fois avant de donner sa réponse.

Les significateurs

Le thème prêt, situons les protagonistes. Le consultant est représenté par le (vrai) maître de la maison I, la Lune et les planètes en maison I s'il s'en trouve. Si l'Ascendant est en Balance, Vénus est le significateur du consultant. Si l'Ascendant est en Scorpion, Mars est le significateur du consultant. La maison I et ses significateurs décrivent le consultant ; son caractère, ses traits physiques, sa situation présente.

Puis nous dégageons les significateurs de l'objet de la question. Si le consultant demande « Obtiendrai-je cet emploi ? », la maison X est à considérer. Son maître et les planètes qui l'occupent sont les significateurs de l'objet de la question. Si la question est « Me marierai-je avec Joséphine ? », le maître de la maison VII et les planètes en maison VII sont les significateurs de l'objet de la question. La maison de l'objet de la question décrit ce à propos de quoi on consulte ; l'emploi pour lequel le consultant s'est porté candidat, l'appartement qu'il souhaite acheter ou la fiancée avec qui il voudrait se marier.

Qu'adviendra-t-il ?

Le rôle des aspects:
L'astrologue recherche dans les éphémérides si les significateurs du consultant et ceux de l'objet de la question formeront un aspect exact avant qu'ils aient quitté le signe qu'ils occupent. Ce contact - entre les planètes représentant celui qui interroge et celles représentant ce à propos de quoi il interroge - montre que quelque chose se produira. S'il est appliquant , l'aspect bénéfique (sextile, trigone) annonce que la chose attendue se fera facilement ; l'aspect maléfique (carré, opposition) indique qu'elle se fera avec difficulté.
· La chose se fera aisément si l'aspect est une conjonction, un trigone ou un sextile.
· Elle se fera plus difficilement, mais elle se fera tout de même, si l'aspect est un carré avec réception mutuelle.
· Elle ne se fera pas si l'aspect est un carré sans réception ou une opposition. L'entreprise Duchmol peut changer d'avis au dernier moment et Joséphine peut me quitter brusquement la veille de notre mariage.

Il y a réception mutuelle quand chacun des deux significateurs occupe au moins une dignité majeure (domicile, exaltation) ou deux dignités mineures (terme, décan) de l'autre. Supposons que la Lune en Verseau soit en carré avec Saturne en Taureau. La Lune occupe le domicile de Saturne et Saturne occupe l'exaltation de la Lune. Les deux planètes sont en réception mutuelle.

Dans une question comme « M'associerai-je avec Stéphane ? », le déroulement des négociations se conclura favorablement si un bon aspect appliquant existe entre le maître de la maison I et le maître de la maison VII. De mauvais aspects appliquants annoncent des obstacles incessants à la poursuite des discussions. Mais seul l'examen des réceptions nous donnera la réponse finale.

Le rôle des planètes:
Dans l'aspect précédent, le significateur du consultant peut appliquer à une planète bénéfique (Vénus, Jupiter) ou maléfique (Mars, Saturne). Dans le premier cas, la réponse finale sera agréable. Dans le second cas, elle sera source de désagréments. 

Premier exemple

Le fils absent

Voici un thème fort ancien. En 1638 , une maman demande à l'astrologue si son fils reviendra à la maison. La maman est représentée par Vénus, maître de la maison I et par la Lune. Son fils est représenté par Jupiter, maître de la maison V. La Lune, qui représente la mère, est en maison V. Le maître de la maison V est en maison I. Ce sont deux forts indices de contact entre la maman et son fils. Mais surtout Vénus, maître de la maison I, va au trigone de Jupiter maître de la maison V. Il y aura (aspect appliquant) contact (trigone) favorable (Jupiter) entre la mère et le fils. Le fils est rentré à la maison le jour où Vénus et Jupiter étaient en trigone exact.

Second exemple

Le coiffeur et son associé

Examinons un thème plus récent . Un coiffeur m'interroge à propos de son association, tumultueuse, avec un collègue. Vénus, maître de la maison VII, va former un carré à Mars, maître de la maison I. Cela annonce un conflit (carré à Mars) entre le consultant et son associé. Le carré appliquant à Mars (maléfique) annonce une rupture future car Vénus n'occupe aucune dignité de Mars et ne sauve donc pas l'aspect. La rupture est imminente car Vénus et Mars seront en carré exact quatre jours plus tard. Ainsi prévenu, le consultant a pu prendre des précautions. Ses intérêts ont été préservés quand la rupture est survenue. Dès le lendemain soir, la situation a empiré. Quatre jours plus tard, les juristes des deux associés se rencontraient pour consommer la rupture.


La magie des interrogations célestes

Lorsque l'on accouchait sans pendule

Pratiquer l'astrologie en s'appuyant sur la date et de l'heure de la naissance, tout le monde connaît ça. Mais ce n'est qu'une des multiples applications de l'astrologie. Il en existe bien d'autres. Par exemple, dans de nombreux pays du Proche-Orient, l'astrologie a été florissante alors que les gens ne connaissaient souvent même pas leur date de naissance ! Comment faisaient-ils ? Ils pratiquaient l'astrologie horaire.

Le thème de la crise vous renseigne

Ensemble, nous allons explorer quelques secrets de l'astrologie horaire, trop méconnue en France. De quoi s'agit-il ? Tous les astrologues seront d'accord pour dire que le ciel reflète ce qui se passe en vous. Aussi, lorsqu'une question vous tourmente, il vient un moment où vous ne pouvez plus la garder pour vous ; elle se fait trop oppressante. Si vous vous en ouvrez à un astrologue, il peut tracer le thème du moment où vous aurez accouché de votre question. Ce thème est nommé « Interrogation » ou « Thème Questionnaire ». Ce thème est la photographie astrologique de la question. Il décrit la crise qui se déroule en vous. Et, comme les planètes continuent de se mouvoir, l'astrologue décrira comment les choses vont se déployer étape après étape.

Pour quel moment tracer le thème questionnaire ?

Si vous avez posé la question à un astrologue, la situation est simple. La question est semblable au spermatozoïde ; l'astrologue est semblable à l'ovule. Ce qui compte, c'est l'endroit où se trouve l'ovule. Et c'est le moment où l'ovule est fécondé. Autrement dit, l'astrologue calcule le thème pour le moment (date et heure) où vous lui confiez votre question. Il le trace pour le lieu où il se trouve quand il prend connaissance de cette question.

Puisque vous pratiquez l'astrologie, vous pouvez vouloir dresser un Thème Questionnaire pour vous-même, sans passer par une tierce personne. Quel moment choisir ? Tout simplement celui où le consultant et l'astrologue ont fait la jonction dans votre tête. Pour dire les choses autrement, c'est le moment où vous vous dites « Je n'en peux plus ; je vais faire un thème ».

Les questions peuvent aller de la question la plus concrète (« Quand vais-je vendre ma maison ? ») à la question la plus spirituelle (« Que veut me dire cette crise ? »). Pour s'entraîner à interpréter, il vaut mieux commencer avec des questions très concrètes dont on peut vérifier très vite les réponses.
Où est Jean-Paul ?

Dans cette première leçon, restons simple et comprenons l'esprit de l'astrologie horaire. Supposons que, le 9 janvier 2007, à Saint-Etienne, une maman soit très inquiète ; son fiston devrait être là depuis plusieurs heures, mais il n'a pas donné de nouvelles. Elle se demande où il se trouve. Elle regarde sa montre ; il est 12h15 (11h15 TU). Elle obtient le thème suivant.

La maman qui pose la question est représentée par la maison I. Mais ce n'est pas elle qui nous intéresse, c'est son fils. Les enfants sont en maison V. Le début de la maison V est en Lion. Le Soleil, maître du Lion, est en maison X. La maison X représente l'emploi, le lieu de travail, le patron. Le fils a donc été retenu à son travail, sans doute avec plusieurs autres personnes, car le Soleil est conjoint à Mercure. L'astrologue perspicace peut même préciser que ces autres personnes sont des collègues de bureau, car Mercure est maître de la maison VI, qui représente les employés.
Vous avez compris le principe ? Supposons que la crise intérieure de la maman ait éclaté à 18h16 (17h16) le même jour au même endroit. Elle aurait obtenu le thème qui suit. A votre avis, où était le fiston ? Ne lisez pas tout de suite la réponse qui suit. Cherchez un petit peu !


La maison V est en Scorpion. Mars régit le Scorpion et représente le fils disparu. Le fils disparu est en maison V. Comme le disent les anciens auteurs, la maison V régit « les théâtres, les femmes et les tavernes ». Nul besoin d'une grande imagination pour deviner que le fils est dans quelque bar ou en compagnie de sa dernière conquête !
Lancez-vous !

Maintenant, vous pourrez comprendre sans aucune difficulté les chapitres 1 et 2 du livre ASTROLOGIE HORAIRE.
Tous droits de propriétés réservés à Denis Labouré.

Le ciel ne répond plus !

La Lune ne recevra plus d'aspect

Poursuivons nos leçons consacrées à l'astrologie horaire. Examinons le thème qui précède. La Lune est à 24° de la Vierge. Passons tous les signes du zodiaque en revue. Nous constatons qu'aucune planète ne se trouve entre 24° et la fin d'un signe. Cela veut dire que la Lune ne formera aucun aspect exact avant de sortir du signe qu'elle occupe. On dit qu'elle est « vide de course ». Comme la Lune ne rétrograde jamais et qu'elle est plus rapide que toutes les autres planètes, aucune ne pourra la rattraper avant qu'elle quitte le signe dans lequel elle se trouve.

Lorsque, du fond de vous-même, vous êtes poussé à poser une question, vous pouvez tracer un thème pour cet instant-là, pour le lieu où vous vous trouvez. Dans ce thème, il est possible que vous ayez une Lune « vide de course ». Qu'est-ce que cela signifie ?
La Lune, jonction du ciel et de la Terre

Regardons autour de nous. Tout naît, croît, décline et meurt. Levons les yeux et regardons le ciel. Que voyons-nous ? Au fil des millénaires, les astres poursuivent leur course de façon immuable. Tout au moins à l'échelle d'une existence humaine. De temps à autre, une comète ou une étoile filante vient mettre son grain de sel. Mais le contraste est saisissant entre la pérennité des phénomènes célestes et nos existences éphémères.

Entre ce ciel et notre Terre, il existe un intermédiaire, une interface. C'est la Lune. Par rapport aux planètes et aux étoiles, elle est l'astre le plus proche de ce monde terrestre impermanent. Par rapport à nous, elle est le début du ciel. Elle établit le contact entre le ciel et la Terre.
Lisons ensemble ces quelques lignes de Cornelius Agrippa, célèbre mage du XVIe siècle. Il explique que la Lune est le réceptacle des rayons célestes. Pour chaque planète, elle est une sorte d'épouse. Elle recueille la semence de chaque planète pour la diffuser sur la Terre :


"La Lune est de tous les corps célestes le plus proche de la Terre. Elle est le réceptacle de tous les rayons célestes. La rapidité de son cours fait qu'elle recueille chaque mois les influences du Soleil et des autres planètes, comme si elle était l'épouse de toutes les planètes. Elle est la plus féconde de toutes car elle reçoit en elle le fruit né des rayons du Soleil et des autres planètes. Toutes les étoiles la frappent de leurs rayons qu'elle communique ensuite à tous les corps inférieurs en répandant ses rayons sur Terre. Son pouvoir est manifeste comme son mouvement est le plus apparent du fait de sa proximité et parce qu'elle est l'intermédiaire entre les plans supérieurs et les plans inférieurs. "

Henri Corneille Agrippa, La magie céleste, chapitre XXXII

Que veut dire une Lune vide de course ?

Une Lune vide de course, c'est une ligne téléphonique coupée entre le ciel et la Terre. Lorsque vous tracez un thème pour une question qui vous tourmente, si vous obtenez une Lune vide de course, que devez-vous en déduire ? En règle générale, deux interprétations sont possibles.

Selon la première, rien ne se passera. La situation restera en l'état. C'est un statu quo. Si vous demandez « Obtiendrai-je cet emploi ? » et que vous ne l'avez pas, vous ne l'occuperez pas dans le futur. Telles sont les choses, telles elles resteront. Ce qui peut d'ailleurs être bénéfique pour vous. Si votre question avait été « On parle de licenciements dans l'entreprise. Perdrai-je mon emploi ? », une Lune vide de course indiquant un statu quo, elle est signe que vous conserverez l'emploi actuel.

Selon la seconde piste d'interprétation, la Lune vide de course n'est fécondée par aucune planète. C'est un bateau qui va à vau-l'eau, sans gouvernail. La situation devient chaotique, plus personne ne la maîtrise vraiment.

Dans les deux cas, l'homme concerné par la question posée est impuissant à faire changer le cours des choses. En y regardant de plus près, vous constaterez qu'au fond de lui-même, il le savait. Mais qu'il avait du mal à se l'avouer.

Jetez-vous à l'eau !

Dans le livre ASTROLOGIE HORAIRE, vous pouvez désormais lire les pages 90 à 94. Et, dans vos thèmes, entraînez-vous à repérer les Lunes vide de course !

L'astrologue y voit-il clair ?

Vous êtes le client

Vous avez rendez-vous chez un astrologue. Vous y allez en toute tranquillité et paix d'esprit. Supposons que sa femme l'ait quitté la veille au soir pour partir avec son meilleur ami. Vous débarquez chez votre astrologue et vous lui posez tout naïvement votre question : « Je me marie dans un mois avec Joséphine. Finirons-nous notre vie ensemble ? » Il va aborder l'interprétation du thème d'une certaine façon. Croyez-vous qu'il l'aurait abordé de la même façon si sa femme ne l'avait pas quitté la veille au soir ?

Prenons un autre exemple. Comme vous, l'astrologue a eu un papa et une maman. Supposons que l'astrologue ait subi des sévices graves de la part de son propre père. Pensez-vous que, lorsqu'il parlera de votre père à travers votre thème, l'astrologue en parlera comme s'il n'était rien arrivé dans sa vie personnelle ?

La rupture conjugale ou les sévices auront pu avoir deux effets. Quand l'astrologue abordera ces questions dans votre thème, il peut les approfondir avec plus de finesse parce qu'il aura tiré profit de sa propre expérience. Il aura digéré ce qui lui est arrivé et il sera plus fin qu'un confrère quand il analysera cet aspect de votre vie. Mais si l'astrologue n'a jamais digéré ce qui est arrivé, il peut faire de votre thème une analyse très partiale. Vous pensez à votre Joséphine chérie, l'astrologue est en train de se dire « toutes les femmes sont les mêmes ». Vous pensez à votre papa qui s'est dévoué pour vous, l'astrologue est en train de se dire « un homme trop gentil, ce n'est pas normal, ça cache quelque chose. »

La valeur de l'astrologie horaire

Si vous êtes l'astrologue, vous ne savez jamais vraiment « qui » parle. Est-ce votre propre histoire ? Ou est-ce le thème qui se dévoile le plus objectivement possible ? Avec l'astrologie telle qu'elle est habituellement pratiquée, vous ne le saurez pas. C'est pile ou face. Avec l'astrologie horaire, il en va tout différemment. Allons-y voir de plus près.

Vous êtes en crise, vous allez voir l'astrologue pour qu'il vous aide à y voir clair. Vous vous confiez à lui. Si l'astrologue veut comprendre ce qui vous tourmente maintenant, il va relever l'heure à laquelle vous accouchez de votre question. Puis il va dresser le thème. Il aura une photographie de la crise, l'instrument idéal pour travailler. Un instrument plus commode qu'un thème dressé pour une date se situant 50 ans en arrière.

Dans quelle maison est l'astrologue ?

Dans ce thème, photographie de la situation, vous êtes en maison I. La maison I représente celui qui pose la question. En fonction des astres qui se trouvent en maison I, en fonction de la position du maître de la maison I, l'astrologue saura si vous êtes bien ou mal luné, heureux ou mort d'angoisse.

Mais où se trouve l'astrologue à qui vous posez votre question ? En maison VII, bien sûr. En face de vous. Aussi, en examinant la maison VII, nous pouvons savoir si l'astrologue est bien ou mal luné, heureux ou angoissé. Car lui aussi à sa vie. Lui aussi est un être de chair et d'os. Il ne vit pas dans les nuées, détaché de tout ce qui peut arriver en ce monde. Et cela peut avoir une répercussion sur l'interprétation.

La finesse psychologique des anciens

Ce problème, cela fait vingt siècles que les astrologues sérieux s'y sont attaqués. C'est ainsi qu'un texte arabe vieux de 1000 ans, jadis attribué à Ptolémée, nous dit sans ambages : « En combien d'erreurs tombera l'astrologue lorsque le septième lieu et son seigneur (la maison VII et son maître) seront affligés. » (Centiloque). Claude Dariot, médecin et astrologue il y a 500 ans, nous explique pourquoi : « Combien d'erreurs fera l'astrologue quand le septième lieu et son seigneur seront affligés. Car vu que la première maison et son seigneur signifient celui qui pose la question, et la septième et son seigneur celui à qui elle est posée, quand ce lieu et son seigneur seront affligés, celui à qui est posée la question sera lui aussi affligé dans son jugement et jugera mal de la chose demandée. » Pour parler clair, si la maison qui représente l'astrologue est mal fichue, l'interprétation sera foireuse.

Supposons que vous soyez l'astrologue. Vous voyez que la maison VII est occupée par Mars en chute, que le maître de la maison VII est opposé à Saturne. Cela n'est pas bon signe, puisque la maison VII vous décrit. Il vaut mieux que le consultant s'adresse à un autre astrologue. Ou, au moins, que vous remettiez à plus tard l'interprétation du thème. Car vous risquez de ne pas être objectif à ce moment-là.

Le trou noir

Dans le ciel visible à l'œil nu, Saturne est l'astre le plus éloigné du Soleil. Il est logique qu'on lui ait attribué l'obscurité. Il est l'astre le plus lent. Il est logique qu'on lui ait attribué les délais et les entraves.

Lorsque, dans un thème horaire, Saturne est mal disposé (par exemple en chute ou en exil) en maison VII, l'astrologue n'y voit goutte. Peut-être y verra-t-il clair plus tard, après un certain délai ? Peut-être lira-t-il un an plus tard une règle qui éclairera subitement ce thème qu'il n'avait pas su interpréter ? Dans tous les cas, il lui aura fallu du temps (Saturne) pour en venir à bout.

Irai-je en prison ?

Voyons un exemple. Le consultant vient de divorcer. En guise de représailles, il est accusé d'attouchements qu'il aurait commis une douzaine d'années auparavant ! Il se retrouve devant les tribunaux. Il comparaît libre. Il me demande s'il ira en prison. Je note l'heure à laquelle il me confie sa question. Mais je m'en tiens au thème de naissance. Outré par ce qui lui arrive, je ne vais pas plus loin. Dommage, car le thème horaire était éloquent. 
Le consultant est en maison I. Le maître de la maison I conjoint à Saturne montre l'état d'abattement dans lequel il se trouve. Mais qu'en est-il de l'astrologue ? Saturne est étroitement conjoint à la cuspide de la maison VII. Mercure est en maison VII, en exil et en chute. Ce sont là des configurations qui montraient que le jugement de l'astrologue n'était pas objectif. Le consultant a été mis en prison.

Jetez-vous à l'eau !

Dans le livre ASTROLOGIE HORAIRE, vous pouvez désormais lire les pages 94 à 96.

Les principes de l'astrologie boursière

Le nerf de la guerre

L'achat et la vente de titres négociables peuvent déboucher sur des conclusions très rentables. Il fallait donc s'attendre à ce que peu d'activités humaines soient autant analysées, par autant d'auteurs et sous autant d'angles différents, que l'activité boursière. Pour anticiper les fluctuations financières, les spécialistes s'appuient sur deux approches différentes : l'approche fondamentale et l'approche technique. Quel est le rôle de chacune ?

La prévision boursière serait vaine

Depuis trente ans, les universitaires assènent les résultats de leurs tests prouvant la marche au hasard du marché : la prévision boursière serait vaine. Les méthodes graphiques les plus connues sont régulièrement recalées par les chercheurs. Ils établissent, tests statistiques à l'appui, que leur utilisation, si elle est systématique, donne des résultats inférieurs à la simple conservation du titre, surtout s'il est tenu compte des frais de transaction.

Ce comportement aléatoire est la conséquence de l'efficience du marché. A tout moment, le cours intègre toute l'information disponible. Il est la meilleure évaluation de la valeur réelle du titre. L'estimation de la performance d'un titre pour la période future serait sa performance moyenne sur une période passée de durée identique ! Or, quelles que soient les critiques portées à la conduite et à la prévision de l'économie, sa marche au hasard n'a pas été, elle non plus, prouvée

Les investisseurs doivent anticiper l'avenir

A l'opposé de cette attitude, un investisseur cherche par tous les moyens à rentabiliser sa mise. Aussi, il ne se passe pas une heure sans qu'il se pose l'une de ces deux questions :

* " Faut-il acheter l'action XYZ ? "
* " Quand faut-il acheter l'action XYZ ? "

L'homme qui saurait répondre sans faute à ces deux questions serait l'homme le plus riche du monde. S'il existe, il ne s'est pas fait connaître. Qu'ils aient " scientifiquement " raison ou pas, et compte tenu des enjeux financiers, les investisseurs ont tout tenté pour bâtir des méthodes qui se concentrent sur l'une ou l'autre de ces deux questions.

Analyse fondamentale ou analyse technique ?

L'analyste fondamental se pose la première question, l'analyste technique la seconde. L'analyse fondamentale est une démarche normative, alors que l'analyse technique est une approche descriptive. L'analyste technique ne se préoccupe pas du " pourquoi ? ", mais plutôt du " combien ? ", " comment ? " et " quand ? ". Il pense qu'en étudiant comment les prix se sont comportés on apprend plus sur leur évolution future qu'en essayant de savoir pourquoi ils se sont comportés ainsi. Pour déterminer le point d'impact d'un missile, l'homme au radar n'a pas besoin de savoir pourquoi son homologue l'a envoyé, mais seulement d'étudier la course du mobile sur son écran.

L'analyse fondamentale
Les informations fournies par les entreprises

L'analyse fondamentale s'appuie sur des données statistiques relatives au domaine qu'elle étudie. Comment va l'économie mondiale ? Quelles sont les évolutions géo-stratégiques ? Là, son rôle est irremplaçable. Elle définit le contexte dans lequel la prévision boursière prendra place.

Dans celui des actions, l'analyse fondamentale s'intéressera aux informations fournies par les rapports annuels (comptes de résultat, bilans, tableaux de financement…) et par ses contacts avec les dirigeants d'entreprises (stratégie, concurrence…).

Les cours vont-ils monter ou descendre ?

La faiblesse de l'analyse fondamentale réside dans le fait que le spéculateur s'intéresse moins aux caractéristiques concrètes d'un investissement qu'il ne s'intéresse à l'interprétation que le marché en fera. Ce qui l'intéresse n'est pas de savoir si l'entreprise est en bonne santé, mais si les cours vont monter ou descendre. Une entreprise peut ne pas avoir fait un sou de bénéfice (de nombreuses entreprises de " La nouvelle économie " sont dans ce cas) et atteindre des progressions vertigineuses. Sauf accident, des entreprises solides et bien installées dans le paysage (les entreprises agro-alimentaires, les produits d'entretien) ne connaîtront que de faibles fluctuations et des hausses parcimonieuses.

Que vont faire les autres ?

Le spéculateur cherche donc à connaître l'opinion moyenne des intervenants (les autres vont-ils miser sur telle entreprise et en faire monter le cours ?), qui lui dictera son comportement. Le comportement mimétique est un comportement contagieux et c'est cette contagion qui crée les bulles spéculatives. En effet, lorsque chacun cherche à deviner l'opinion des autres, ceux-ci en font autant, le groupe s'installe dans un monde factice de jeux de miroirs.

Ce bouclage de la spéculation a été décrit par Keynes, qui le comparait aux concours organisés par certains journaux. Les participants devaient choisir les six plus jolis visages parmi une centaine de photographies, le prix revenant à celui dont le choix serait le plus proche de la moyenne obtenue sur l'ensemble des participants. Pour pouvoir l'emporter, chacun doit choisis non pas les visages qu'il trouve les plus jolis, mais ceux qu'il juge les plus aptes à recueillir les suffrages des concurrents. Tout le monde faisant la même chose, on a une espèce de référence circulaire, dénuée de signification. Le principe d'un " krach boursier " intègre les mêmes ingrédients. Une simple rumeur peut se transformer en panique. Les intervenants perdent alors toute référence rationnelle et liquident leurs avoirs quel qu'en soit le prix. Tant que l'activité boursière sera une activité humaine, il faudra compter avec l'irrationnel propre à l'individu. Ce que l'analyse fondamentale intègre mal.

L'analyse technique
Quand ? Combien ?

L'analyse technique est l'étude de l'évolution d'un marché, principalement sur la base de graphiques, dans le but de prévoir les futures tendances. Le but avoué de l'analyse technique est la prévision. Quand la tendance du marché va-t-elle s'inverser ? Quelle sera l'ampleur de la hausse ou de la baisse ? L'analyse technique se concentre sur ce qui est, et non sur ce qui devrait (rationnellement) être. Elle s'intéresse au marché en lui-même, non aux facteurs externes qu'il reflète. Elle décrit les mouvements du marché, pas les raisons qui sont derrière.

L'information de type fondamental arrive en général trop tard pour générer du profit. En effet, l'analyste fondamental doit attendre les informations sur les ventes, les résultats, les dividende. Quand ces informations sont devenues publiques, le marché aura probablement déjà réagi, par la hausse ou la baisse. C'est notamment trop tard sur les marchés d'options où la datation est primordiale, puisque l'option est un actif fondant, dont la valeur diminue au fur et à mesure que l'on s'approche de l'expiration du contrat. L'acheteur d'un call à la veille d'une baisse de l'actif support y laissera une véritable fortune, l'effet de levier jouant contre lui.

Si la part consacrée à l'étude du passé est prépondérante, c'est pour en tirer de meilleures conclusions quant aux tendances à venir. L'analyste technique est donc plus proche d'un futurologue que de l'historien et ne trouve sa justification que dans sa capacité à annoncer ce qui va arriver.

Le graphique a-t-il un sens ?

Le tracé d'un électrocardiogramme apparaîtra comme le fait du hasard au néophyte, tandis qu'il est lourd de sens pour le médecin entraîné. Pour l'analyste technique, il ne fait aucun doute qu'il existe une certaine inertie des cours. Il constate que :

* abstraction faite des fluctuations mineures, les cours évoluent en tendances ;
* ces tendances durent un certain temps avant d'être modifiées.

Il tente d'éliminer les fluctuations traduisant les hésitations des investisseurs afin de révéler les mouvements significatifs.

Les deux types de méthodes de l'analyse technique

Pour ce faire, un certain nombre de méthodes, plus ou moins évoluées, ont été développées. Nous pouvons les regrouper en deux familles : l'analyse empirique (sous sa version simple ou sa version raffinée à partir d'outils mathématiques) et l'analyse philosophique.

L'analyse empirique

Cette forme d'analyse technique est dite " analyse traditionnelle " dans les milieux boursiers. Malgré ce qualificatif, elle n'est pas plus ancienne que l'analyse philosophique et la vision du monde qu'elle présuppose est de loin plus récente. L'analyse " traditionnelle " est tout entière fondée sur l'étude des graphiques qui permettent de mettre en avant des tendances, des configurations diverses et variées dont l'analyste tirera des conclusions plus ou moins intelligentes. Dans sa version raffinée, la représentation graphique n'est plus un préalable à l'analyse. La matière première est directement constituée par les chroniques de cours ou de volume, qui subissent divers traitements numériques. Les principaux moyens de recherche sont confiés à cette famille d'analyse technique. Citons les travaux effectués dans les domaines du filtrage numérique (application de méthodes de traitement du signal) ou la confection de systèmes-experts, qui génèrent automatiquement des diagnostics.

L'analyse philosophique

Il a fallu attendre le XVIIe siècle pour qu'une hypothèse philosophique apparaisse en occident et finisse par s'imposer aux XVIIIe et XIXe siècle. A l'échelle de l'univers, cette théorie apparaît comme une véritable anomalie. Parfaitement atypique jusqu'au XVIIIe siècle, elle s'est développée en Europe nord-occidentale pour se répandre dans nos colonies culturelles (USA, etc.).

De quoi s'agit-il ? Qu'il s'agisse des religions antiques, du judaïsme, du christianisme ou de l'Islam, tous ont vu le monde comme l'expression du Divin. Ce qui signifie que le monde possède un sens. Le monde est un Livre dans lequel l'homme averti peut découvrir quelque chose de son auteur. Or, selon l'hypothèse philosophique que j'évoquais plus haut, l'univers n'est plus un monde ordonné (le cosmos des grecs), mais un chaos qui s'est organisé et développé par le seul jeu de forces naturelles qui s'entremêlaient. Même si cette hypothèse que rien n'est venu prouver est aujourd'hui enseignée comme une évidence, toute personne qui se réclame d'une religion traditionnelle ou de courants philosophiques classiques (De Platon à Pascal) lui résiste encore.

Selon les tenants de l'analyse " philosophique ", le sens inhérent au monde s'exprime dans les fluctuations boursières comme il s'exprime partout ailleurs. Et de nombreux analystes ont abordé les vagues financières avec ce regard. Il ont recherché la manière dont l'ordre, le rythme, du monde, s'exprimait à travers les cours du marché. Après avoir trouvé une clef, ils l'ont appliquée pour prédire l'évolution de ces cours. De Ellioth à Gann en passant par Bayer, ils n'ont pas fait mystère de leurs références. Leurs textes sont émaillés d'exégèses bibliques et autres références religieuses.

Dans l'enseignement officiel actuel, la vision laïque du monde dispose de l'exclusivité. Aussi, ces auteurs seraient aujourd'hui considérés comme d'inoffensifs excentriques s'ils n'avaient pas obtenu des résultats remarquables dans la prédiction des cours des indices et des valeurs. Aujourd'hui, même si les analystes n'en saisissent pas la portée philosophique implicite, l'immense majorité d'entre eux ne manquent pas d'utiliser le nombre d'or, la série de Fibonacci ou les vagues d'Ellioth pour en déduire des pronostics.

L'astrologie et la Bourse

L'astrologie repose sur le même principe. La Bourse m'intéresse car elle me donne l'occasion de décoder ce sens, ce rythme de l'univers. Ce qui est depuis toujours la raison d'être de l'astrologie. Le poids de l'argent est aujourd'hui tel que si les astrologues démontrent l'efficacité de leur art dans le pronostic boursier, la vision laïque du monde s'effondrera comme un château de cartes. Depuis trente ans, les astrologues ont tenté de faire accepter leur art en se déguisant en psychologues. Cette stratégie du bal costumé a échoué et il n'existe pas une université dans laquelle l'astrologie soit enseignée comme un outil efficace de la psychologie. Si l'application de l'astrologie aux pronostics boursier se révèle financièrement rentable, le pouvoir aujourd'hui absolu d'une certaine forme de matérialisme prendra l'eau de toutes parts. La reconnaissance par la carte bancaire, il fallait y penser !

Bibliographie
(pour aller plus loin)

GILSON, Etienne, L'esprit de la philosophie médiévale, Librairie philosophique J. Vrin, Paris,1998. (Chapitre 5 : Analogie, causalité et finalité).
BECHU, Thierry et BERTRAND, Eric, L'analyse technique, Economica, Paris, 1999. (chapitre 6 : Les cycles et le temps).
LABOURE, Denis, Astrologie hindoue pour astrologues occidentaux, Trédaniel, Paris, 1999. (chapitre 5 : Les prévisions boursières).

Pour calculer les thèmes astrologiques des sociétés selon la méthode exposée dans ce dernier ouvrage, vous aurez besoin du logiciel INDHI et de son mode d'emploi (voir notre rubrique Logiciels - Astrologie indienne).

Thème fixe et thème mobile

(Une réflexion décoiffante de Jacques Halbronn. 6 août 2008. Publié avec l'autorisation de l'auteur)


Faut-il réserver les maisons à la seule astrologie horaire?

Récemment, lors d'un enregistrement pour Teleprovidence, nous avons organisé une consultation astrologique concernant un de nos quasi jumeaux cosmiques, né le même jour, la même année, à quelques heures d'intervalle, Daniel K.
Quelques amis astrophiles participèrent à cette expérience et à cette occasion, nous fûmes frappés par une évidence qui nous avait jusqu'alors échappé, ce qui montre bien qu'il faut parfois du temps pour prendre conscience de certaines choses.
Le déclic fut donné par une des participantes qui demanda à Daniel K. au vu de son thème que l'on venait de tirer sur ordinateur, s'il avait eu des difficultés financières, probablement en raison d'une maison II quelque peu débilitée.
Immédiatement, une telle question nous apparut comme incongrue, vu que Daniel K, ayant fêté, comme nous, son soixantième anniversaire, l'on pouvait se demander comment il n'aurait pu, à un moment ou à un autre d'une vie déjà assez longue, échappé totalement à tout probléme d'argent....
En revanche, si la période d'application du thème avait été plus restreinte, une telle question aurait certainement fait davantage sens:
est-ce qu'en ce moment vous avez des soucis pécuniaires?
C'est pour cette raison que nous pensons que les maisons- dont le caractère divinatoire nous avait depuis longtemps semblé avéré - ne font sens que dans un cadre chronologique étroit, et cela peut être une révolution solaire ou l'étude des effets au niveau personnel d'une configuration se produisant à un moment donné. Mais les maisons n'ont pas leur place, en revanche, dans le thème natal parce que le dit thème ne situe pas les événements ou les situations dans le temps.
Les astrologues ont d'ailleurs trouvé un biais qui se défend, à savoir considérer le thème natal tel un thème horaire et dans ce cas, l'astrologue, au vu du thème, aurait carrément du demander si Daniel K. rencontrait actuellement de problémes d'argent.
Autrement dit, tout se passe comme si le thème avait besoin de s'inscrire dans un temps qu'on lui impartit mais qui ne lui est pas inhérent.
Nous trouvons qu'il est plus légitime, ce faisant, de dresser le thème d'un événement donné, d'un rêve, d'une "interrogation" (astrologie questionnaire, terme plus juste qu'astrologie horaire qui renverrait plutôt aux "heures planétaires"), ce qui signifie bien que le thème n'est pas en soi un marqueur de temps mais peut expliciter une période de temps par rapport à laquelle on le situe.
Le thème, par lui-même, ne serait pas un "donneur" de temps, un "chronocrate" mais serait un interpréte du temps, il qualifierait un temps fourni par ailleurs.

Or, il semble qu'à un certain moment de l'histoire de l'astrologie, une certaine confusion ait existé qui aura conduit à :

1. utiliser les maisons dans un cadre chronologique non plus externe (un temps donné) mais interne (le thème)

2. utiliser les maisons dans une perspective globale de vie et non pour qualifier un moment spécifique de l'existence pour lequel on interrogerait l'astrologie.

D'où un certain nombre de dérives prévisionnelles que nous résumerons par l'opposition entre la formule XX et XY. Par XX, nous entendons l'étude d'un ciel contemporain de l'évenement, du questionnement - par exemple le thème dressé pour un moment spécifique qui n'est pas celui de la naissance, à moins qu'il ne s'agisse d'un thème horaire à destination des parents - et par XY le cas où le ciel serait décalé dans le temps par rapport à l'événement, au questionnement, ce qui est le cas de l'usage habituel du thème natal.
Ce qui nous gène, en fin de compte, c'est l'idée d'un thème qui ne serait pas circonscrit dans un temps précis et qui se voudrait autonome par rapport à des données de temps définies par ailleurs et aussi par rapport à des paramétres qui ne seront déterminables qu'au moment où le thème est
dressé et non longtemps à l'avance.
On ne saurait dire que Gauquelin a justifié les maisons du thème natal en ce qu'il n'en tire aucune interprétation propre à chacune des 12 maisons.... Rappelons que nous avons consacré en 1990 une étude, parue chez Pardés, à un traité d'astrologie horaire de Claude Dariot, paru à Lyons dans les années 1550.
Rappelons aussi que les 12 maisons sont très prisées par les tarologues et aussi par les géomanciens qui pratiquent une forme de divination "horaire".

Que reste-t-il alors du thème natal si on en exclut les maisons?
Pour notre part, le thème natal est un boulet dont l'astrologie devra tôt ou tard se délester. En revanche, le thème horaire nous semble promis, dans la ligne du grand astrologue anglais du XVIIe siècle William Lilly à un bel avenir.
Est-ce à dire que l'astrologie doive renoncer à l'idée d'une carte d'identité astrale qui suivrait la personne tout au long de sa vie?
Pourquoi ne pas systématiquement dresser le thème horaire de la consultation en même temps que l'on dresserait le thème natal, comme l'on compare le thème du retour solaire au thème natal ou comme l'on resitue une configuration astrale selon les aspects (transits) qu'elle entretient avec le thème natal?
En conclusion, nous dirons qu'il ne faut jamais dresser le thème natal sans l'articuler sur le thème du moment où l'astrologue est invité à répondre à quelque question. Ainsi, l'on aurait un thème 'fixe" et un thème "mobile", respectant ainsi la dialectique que nous revendiquons par ailleurs
entre le ciel des planètes et le ciel des (étoiles) fixes.

Bref commentaire de Denis Labouré

Je suis d'accord avec la conclusion. D'ailleurs, il existe des pratiques qui n'en sont pas si éloignées. On en trouve des bribes dans l'astrologie indienne où certains systèmes (R.G. Rao et son système inspiré des nadis par exemple) utilisent un thème natal sans heure de naissance (donc sans aucune maison).
Seuls sont interprétés les rapports entre planètes. Mais ces rapports entre planètes sont interprétés sous l'angle du questionnement du consultant au moment où il pose ses questions, et avec le thème horaire en regard.
Ainsi, l'individualisation du thème horaire est assurée par deux facteurs principaux:

1. le maître de l'heure en vigueur au moment où il pose la question (que dit ce maître de l'heure pris dans le thème de naissance?).

2. la question du consultant, qui détermine les facteurs du thème natal qui seront pris en considération. Et qui seront interprétés comme s'ils étaient spécifiques à la situation du moment. 


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