Les origines de l'astrologiePour un exposé complet et détaillé lire "Les origines de l'astrologie" - Denis Labouré (Ed. du Rocher) Les origines mésopotamiennes | Petite histoire de la Mésopotamie
Comme l'expose Georges Roux(1) , du Pamir au Bosphore, de l'Indus à la mer Rouge s'étend une masse de terre ocre, une série de hauts plateaux, de vastes plaines et déserts, des vallées larges ou étroites, des montagnes ça et là couronnées de neige, qu'on nomme le Proche-Orient et dont l'Irak (majeure portion de la Mésopotamie antique) occupe à peu près le centre. Jusqu'aux VIe-Ve millénaires avant l'ère chrétienne, la Mésopotamie fut le lit d'un unique et énorme fleuve, alimenté par les précipitations et les fontes des neiges. Sous un climat bien plus humide qu'il ne l'est devenu depuis, l'Arabie comme le Sahara étaient encore des savanes. Avec la fin de la dernière époque glaciaire et l'assèchement général qui les réduisit tous deux à leur état présent de déserts, le fleuve mésopotamien s'est peu à peu asséché et le pays a pris son aspect historique ; une grande vallée de limons entre deux cours d'eau. De son passage au lycée, chacun se souvient du très mauvais jeu de mots(2) qui grava dans sa mémoire le nom des deux fleuves qui encadrent la Mésopotamie : le Tigre et l'Euphrate. Formé par les Grecs, le mot " Mésopotamie " signifie " (le pays) entre les fleuves ". Des villes comme Ur, Uruk, Kish, Nippur, Agade, Babylone, Assur et Ninive la firent rayonner dans tout le Proche-Orient. Toutes étaient situées sur l'Euphrate ou le Tigre ou sur des branches de l'Euphrate, à l'intérieur des frontières de l'Irak actuel. C'est là qu'est née la plus ancienne civilisation connue, avec celle de la vallée de l'Indus. Après la céramique et la métallurgie du cuivre et du bronze, elle découvrit et perfectionna l'irrigation agricole, la planification du travail, la première définition du droit, les premières analyses de l'univers, la plus vieille mythologie, la première mathématique et le premier algèbre, la première astronomie et la première littérature.
Vers 4500 avant l'ère chrétienne, une seule culture s'étendait de l'extrême nord à l'extrême sud de la Mésopotamie. Les premiers habitants de cette contrée sont nommés les Ubaidiens (de el-Ubaid, nom d'un petit tell(3) situé à quelques kilomètres de la célèbre ville sumérienne d'Ur). Puis les sumériens, dont la civilisation naquit dans le sud de l'Irak entre 3500 et 3000, prirent l'ascendance et leur langue remplaça celle que parlaient les Ubaidiens. Les Sumériens inventèrent la plus ancienne forme d'écriture connue, le cunéiforme, faite d'empreintes en forme de clou sur de l'argile. Les plus anciens documents écrits sont attestés vers ~3000.
L'avènement de Sargon d'Akkad en ~2334 marqua le début d'une flambée d'expansion des Sémites. Les akkadiens furent les premiers d'entre eux, se concentrant autour d'Akkad, leur cité. Sargon d'Akkad créa le premier de plusieurs empires sémitiques qui dominèrent la Mésopotamie et la côte méditerranéenne jusqu'à l'Egypte. La langue des akkadiens fut l'ancêtre direct des langues assyrienne et babylonienne, l'une et l'autre étant issues de l'akkadien.
A partir de ~2218, l'empire akkadien commença à s'effondrer. Puis, au nord comme au sud de la Mésopotamie, plusieurs peuples luttèrent pour dominer cette contrée. Cette agitation fit la différence entre les civilisations mésopotamienne et égyptienne. L'Égypte connut de nombreux siècles de paix, certes ponctués de troubles, mais qui ne peuvent être comparés au chaos de la Mésopotamie. Puis, au IIe millénaire, deux peuples affirmèrent leur prépondérance : les Babyloniens, dont la culture dominait le Sud depuis plusieurs siècles, et les Assyriens dans le Nord. De façon schématique, nous pourrions dire que les Babyloniens dominèrent culturellement et les Assyriens politiquement. Par exemple, ces derniers utilisèrent le dialecte babylonien pour leurs textes officiels. C'est vers ~1850 que, si l'on en croit les textes d'Israël, Abraham partit de la ville d'Ur, en terre de Chaldée (sud de l'Irak actuel) pour s'installer en Canaan. Cet événement d'apparence banale marqua la naissance du judaïsme, du christianisme et de l'Islam. C'est également de Mésopotamie que vinrent les trois Mages, astrologues que l'Église ancienne représentait en costume perse, c'est-à-dire avec le bonnet phrygien, le pantalon et le chiton serré à la taille par une ceinture.
Notes
1. ROUX Georges, La Mésopotamie, Le Seuil, Paris, 1985. Retour au texte 2.Bien qu'il soit indigne d'un texte aussi sérieux, j'accepte de satisfaire la curiosité d'un lecteur de ce livre qui ne le connaîtrait pas : " La poule a peur du tigre et l'œuf rate ". Retour au texte 3.Les tells sont des collines artificielles qui marquent l'emplacement de villes et de villages enfouis. Retour au texte
La divination en Mésopotamie
Envers les hommes, les dieux avaient fait preuve de bienveillance en leur permettant de connaître leur avenir pour qu'ils s'y préparent. Quand cet avenir s'annonçait mauvais, les hommes disposaient de moyens surnaturels et rituels (exorcismes, médecins, chantres-lamentateurs) pour l'améliorer(1) . Maîtres de l'avenir, les dieux le révélaient à leur gré, de deux manières, par inspiration et par écrit. Dans le premier mode, les dieux révélaient cet avenir par des songes et des visions, dans un langage souvent obscur, mais interprétable. Ils le faisaient à n'importe qui, de préférence, pourtant, à des personnages marginaux, réputés plus réceptifs. Ceux-ci transmettaient le message à son destinataire, selon qu'il s'adressait à un particulier ou à l'État. Plus marqué chez les Sémites, ce type de divination est celui des prophètes de la Bible.
L'autre forme de divination, typiquement mésopotamienne et beaucoup plus rationnelle, a laissé d'innombrables vestiges, particulièrement des milliers de tablettes à partir du IIe millénaire. L'action créatrice des dieux, constante et omniprésente puisque rien ne se faisait sans eux, était une écriture. Lorsque les choses qu'ils faisaient étaient normales - un enfant né avec le nombre requis de membres et la présentation régulière du corps par exemple -, les dieux n'avaient rien à nous communiquer. C'était un " non-message ". Mais lorsqu'ils voulaient nous apprendre quelque chose, ils produisaient un événement inattendu, aberrant : un mouton à six pattes, une averse hors de saison ou l'apparition de fourmis dans la cour du palais. L'objet, ou l'événement anormal, était la mise par écrit du message. Il suffisait d'en avoir la clé ou le code pour pouvoir le lire. Seuls les devins professionnels connaissaient ce code. Nommés bârû, " les examinateurs ", ils scrutaient les événements ou les objets inattendus ou anormaux - les présages - pour y déchiffrer les morceaux d'avenir que les dieux y avaient inscrits. Des présages, le bârû déduisait et lisait l'oracle. Les Mésopotamiens ne voyaient pas dans le fonctionnement normal du cosmos la manifestation d'une intelligence suprême organisatrice de l'univers : au contraire, ce sont les anomalies qui, pour eux, étaient le signe de la présence divine.
Tout ce qui se passait dans l'univers observable étant l'œuvre des dieux, cette seconde forme de divination s'appliquait à tout. Tout pouvait servir de support, depuis la position et le mouvements des astres jusqu'aux phénomènes de la nature, aux songes de la nuit, à la disposition des entrailles du mouton ou de l'oiseau sacrifiés et ouverts pour en examiner l'intérieur. Par une observation patiente et séculaire, les Mésopotamiens collectèrent un nombre infini de présages et d'oracles dans tous les domaines de la nature. Ils classèrent méticuleusement le tout, en autant de traités spécialisés, comprenant des centaines et des milliers de présages, chacun suivi de son oracle. De tous les supports, l'observation du ciel devait connaître une fortune fabuleuse, au point d'être la seule forme de divination antique qui ait survécu de manière significative en Occident.
Note
1. Lorsqu'une éclipse particulièrement nocive condamnait le roi, celui-ci devait pour un temps renoncer à son trône et faire couronner un roi substitut qui, sans exercer le pouvoir, en revêtait tous les insignes. Lui-même vivait alors en reclus, se faisant appeler " cultivateur " pour signifier qu'il avait échangé sa place contre celle du plus humble de ses sujets. Une fois passé le " mal de l'éclipse ", le substitut mourait providentiellement au terme d'un " règne " qui n'excédait pas cent jours. Alors, puisque la sentence avait été exécutée, le vrai roi pouvait sortir de sa retraite et reprendre ouvertement la direction du royaume. Retour au texte
L'astrologie en Mésopotamie
Aux débuts de l'astrologie mésopotamienne, le ciel était un support divinatoire parmi d'autres. Il s'appuyait sur l'observation des phénomènes célestes inhabituels. Phénomènes atmosphériques (formations étranges de nuages, foudre, tonnerre, grêle, tremblements de terre, halos) et phénomènes astronomiques (éclipses, comètes, étoiles filantes) étaient souvent cités pêle-mêle. L'observation des astres est attestée dès ~2400 à Ebla (présence d'un terme qui désigne l'ouest et les Pléiades) et dès le début du IIe millénaire à Mari (lever d'Arcturus, théorie des éclipses déjà constituée). Les relevés extensifs de présages sont disponibles aux IIe et Ier millénaires avant notre ère, mais les techniques divinatoires pouvaient être transmises par oral dans tout le cours du IIIe millénaire. Au début du IIe millénaire, on constate une vulgarisation du savoir et le recours plus intensif à l'écrit.
Très tôt, les Mésopotamiens entreprirent l'observation systématique du ciel, effectuant des relevés et recherchant des mouvements réguliers qu'ils pouvaient mettre en corrélation avec l'existence humaine. Un réseau de stations astronomiques avait été mis en place, depuis les bords du Golfe Persique jusqu'à l'actuel Kurdistan. Le relevé de présages(1) le plus extensif est contenu dans une compilation nommée Enuma Anu Enlil, " Quand (les dieux) Anou et Enlil... "(2) . Composée de soixante-dix tablettes gravées vers ~900, elle réunissait sept mille présages collectés depuis le IIe millénaire. Les cinquante premières tablettes traitaient de la Lune, du Soleil et des phénomènes météorologiques. Les éclipses étaient envisagées en fonction de leur date (mois et jour), de leur durée, de la couleur, de la direction de l'ombre de l'éclipse et du vent qui l'accompagnait. La date de la disparition de la Lune et de l'apparition de la nouvelle Lune y tient une place importante. Les vingt dernières tablettes de la série contenaient les présages relatifs aux mouvements des planètes (surtout Vénus) par rapport aux étoiles fixes. La soixante-troisième tablette, les Tables de Vénus de Ammizaduga, est formée d'observations systématiques des phases de Vénus combinées avec leurs significations divinatoires s'appuyant sur des observations passées. Van der Waerden y releva des observations probablement effectuées au cours des années 1702, 1646, 1638 et 1582. Il conclut que la compilation et la préservation des tables de Vénus fut motivée par une vision religieuse astrale.
Les Mésopotamiens n'ont jamais cru que les astres en tant que tels exerçaient une influence sur la vie des hommes. Ils pensaient qu'étoiles et planètes étaient associées avec des dieux ou étaient elles-mêmes des dieux(3) . De nombreux peuples conçurent des idées similaires, mais seuls les Mésopotamiens insistèrent sur les étoiles et les planètes comme premiers indicateurs de la volonté divine.
Ces présages paraissent fort éloignés de nos manuels d'astrologie, mais les fondations astronomiques étaient en place. Compilé vers ~1000, le texte Mul-Apin (la constellation de la Charrue) est révélateur. Il répartit soixante-six constellations en trois larges voies parallèles à l'équateur. Chaque bande est considérée comme le chemin d'un dieu, qui entre par des portes situées à l'horizon. Le texte indique la date des levers héliaques, les levers et couchers simultanés des étoiles, les étoiles au zénith, une description du parcours lunaire, quelques renseignements sur les planètes, des démarches pour ajuster les années lunaires aux années solaires en ajoutant des jours supplémentaires, une table décrivant les variations de l'ombre au long de l'année, des instructions pour utiliser une horloge à eau. Il se termine par une liste de présages dont certains sont présents dans l'Enuma Anu Enlil. Il nous intéresse surtout pour la liste de dix-huit constellations qui annoncent le zodiaque : " Les dieux qui se tiennent sur le chemin de la Lune, et dans le voisinage desquels la Lune, au cours du mois, passe et les touche, sont : les Étoiles (Pléiades), le Taureau du Ciel (Taureau), le Fidèle Pasteur d'Anou (Orion), le Vieil Homme (Persée), le Bâton Brisé (l'Aurige), les Grands Jumeaux (Gémeaux), le Crabe (Cancer), le Lion, l'Épi d'Orge (Vierge), la Balance, le Scorpion, Pabilsag (Sagittaire), le Poisson-Chèvre (Capricorne), le Géant (Verseau), les Queues (Poisson), l'Hirondelle (S-O Poisson), Announitou (N-E Poisson), et le Journalier (Bélier)... "(4) Au cours des siècles qui suivirent, les Mésopotamiens, particulièrement les Babyloniens, poursuivirent leurs observations et leurs relevés. La récurrence des cycles planétaires en permit l'anticipation. Il leur fut possible de prévoir la position d'une planète pour une époque future. L'astronome Claude Ptolémée affirmait disposer de la quasi-totalité des relevés d'éclipses depuis le règne de Nabonassar (~747-734).
Le développement des techniques de l'astrologie mésopotamienne traversa trois étapes.
* La première s'appuie sur les relevés de présages décrits plus haut.
* La seconde est similaire, mais elle dispose d'une division en douze signes de trente degrés de la partie du ciel devant laquelle les planètes se déplacent. Ce zodiaque est clairement sidéral, c'est-à-dire repéré par rapport aux étoiles. L'attention prêtée aux phénomènes exceptionnels laissa la place à une vision dans laquelle tout ce qui se produisait dans l'univers avait une signification. Van der Waerden situe cette phase intermédiaire entre ~630 et ~450. Une grande attention est accordée aux séjours de Jupiter dans les signes du zodiaque à la vitesse moyenne d'un signe par an. De là sont issues la pratique chinoise qui attribue chaque année à un signe et les profections(5) annuelles de l'astrologie grecque. Les maisons, sous quelque forme que ce soit, sont inconnues.
* La troisième phase voit l'apparition de l'astrologie appliquée aux individus. Ces " présages de naissance " exposent la concomitance d'un événement céleste et d'une naissance : " Si un enfant naît et que Jupiter apparaît... " ou " Si un enfant est né au milieu du Bélier... " Comme les autres grands recueils divinatoires, ils ont la forme de compendiums non personnalisés. De la même façon, ils énoncent les conséquences pour l'individu du phénomène constaté, dans le domaine de la réussite sociale (dignités, richesses), du nombre des enfants, de l'espérance de vie : " Si un enfant est né dans le Taureau (le Taureau-des-Cieux, c'est le grand Anou des cieux), cet homme sera isolé mais ses fils et filles verront le retour de la prospérité ". Les plus anciens thèmes généthliaques(6) connus sont dressés pour les 13 Janvier et 29 Avril ~410. Dans le second, la position des planètes dans les signes du zodiaque est précisée, sans les degrés.
" Chaldéen " est un terme ethnique qui désignait une tribu vivant dans le sud babylonien, près du golfe Arabo-Persique. Elle était divisée en plusieurs " maisons " qui semblent avoir correspondu à des clans. Les annales des rois néo-assyriens relatent, au cours de leurs nombreuses campagnes vers le sud, des combats contre les Chaldéens. Mais, chez les auteurs de l'antiquité grecque et latine, le nom de " Chaldéen " est devenu rapidement synonyme de " Babylonien ", puis plus particulièrement d' " astrologue ", tant les techniques divinatoires en vigueur en Mésopotamie avaient frappé les esprits. Ils rapprochaient ainsi leurs astrologues des sources mésopotamiennes. A la fin du Ier siècle avant l'ère chrétienne, Diodore de Sicile décrit les talents des Chaldéens ; " Les Chaldéens, qui sont regardés comme les plus anciens des Babyloniens, forment, dans la division politique de l'état, une classe à peu près semblable à celle des prêtres en Egypte. Institués pour exercer les fonctions du culte public des dieux, ils passent leur vie occupés d'études philosophiques et ont acquis une grande réputation par leurs connaissances en astronomie. Ils s'appliquent surtout à la divination, publient des prédictions sur les événements futurs et emploient les purifications, les sacrifices, les paroles magiques pour essayer de détourner le mal ou de procurer le bien. Ils ont une grande expérience des augures pris du vol des oiseaux et savent interpréter les songes et les prodiges. Suffisamment instruits dans la science d'observer les entrailles des victimes, ils ont la réputation d'y saisir exactement la vérité.[…] Les Chaldéens se transmettent la philosophie par tradition de famille, et le fils, affranchi de toute autre charge publique, en reçoit les leçons de son père.[...] Comme ils ont fait depuis les temps les plus reculés des observations sur le cours des astres, comme ils en connaissent plus exactement que qui que ce soit les mouvements et l'action, ils sont en état de prédire aux hommes la plupart des événements futurs.[…] C'est ainsi que les Chaldéens ont fait diverses prédictions remarquables, entre autres à plusieurs rois et particulièrement au vainqueur de Darius, Alexandre, et après lui aux rois ses successeurs, Antigone et Séleucos Nicator, prédictions qui se sont vérifiées dans tous les points.[…] Ils prédisent également aux particuliers même des événements futurs avec une telle précision que ceux qui en ont fait l'expérience ne peuvent se lasser d'admirer leur savoir et les regardent comme au-dessus de l'humanité(7) . " A propos de l'empereur Tibère, Tacite écrit : " Je ne saurais omettre une prédiction de Tibère sur Servius Galba alors consul ; il l'avait mandé et, après un entretien où il l'avait sondé de toutes les façons, il finit par lui dire en Grec ; " Toi aussi, Galba, tu goûteras quelque jour à l'empire ", allusion à son pouvoir tardif et éphémère, révélé à Tibère par sa science dans l'art des Chaldéens. Cet art, il avait eu le loisir de l'acquérir à Rhodes, et son maître y avait été Thrasylle(8).. . " Contemporain du Christ, Philon d'Alexandrie, dit Philon le Juif, écrit : " Ce sont les Chaldéens qui ont élaboré l'astronomie et l'astrologie généthliaque plus parfaitement que les autres peuples ; ils ont rattaché ainsi les événements de la terre à ceux des airs et les phénomènes célestes à ce qui se passe ici-bas. Ils ont fait sentir comme une musique de la pensée, la symphonie absolument parfaite de l'ensemble, grâce à la cohésion et à la sympathie de l'ensemble, grâce à la cohésion et à la sympathie des parties qui malgré la distance intervenant entre elles demeurent inséparables par leur commune origine.(9) " Au IIIe siècle de l'ère chrétienne, Diogenes Laertius rapporte que selon Aristote, un Chaldéen avait prédit la mort de Socrate avec son thème de naissance et que le père d'Euripide avait appris sa brillante carrière future de l'interprétation du thème de son fils.
Notes
1. Voici quelques exemples de présages : " Si les étoiles du Corbeau sont très brillantes, Adad apportera des pluies abondantes ", " Si Vénus apparaît à l'est au mois d'Airu et si les Grands et les Petits Jumeaux l'entourent tous les quatre, et si elle est sombre, alors le roi d'Elam tombera malade et mourra. " Retour au texte 2. Selon l'usage d'alors qui survit dans les encycliques pontificales, les œuvres n'étaient pas pourvues d'un titre, mais on s'y référait par leurs premiers mots. Retour au texte 3. En Mésopotamie, Ishtar, Astarté en grec, assimilée à l'Aphrodite grec et la Vénus romaine, fut une divinité majeure. Retour au texte 4. Cité par Cécile Michel dans la revue Les dossiers d'archéologie, n° 191 (Mars 1994) consacré à l' " Astrologie en Mésopotamie ". Retour au texte 5. La profection est une technique prévisionnelle qui consiste à faire avancer chaque facteur du thème d'un signe par an. Retour au texte 6. Du grec genethlê, naissance. L'astrologie généthliaque s'appuie sur le thème dressé pour le commencement, celui de la naissance, à défaut de pouvoir connaître celui de la conception. Jusqu'à cette troisième étape de l'astrologie mésopotamienne, la doctrine du commencement et l'utilisation des coordonnées de naissance étaient inconnues. L'astrologue ne recherche pas la date de naissance parce qu'elle marquerait le commencement de l'existence ; il observe les présages qui accompagnent un événement parmi d'autres, la naissance d'un enfant. Des présages concernant un autre événement, la conception, ont par exemple été compilés : " Si un enfant est conçu (alors que) le Soleil se trouve à 5° du Lion, la Lune à 5° du Bélier, Jupiter et Mars à 5° du Sagittaire, cet enfant sera roi ". Retour au texte 7. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, II, 29-31. Cité par la revue Les dossiers d'archéologie, n° 191 op. cit. Retour au texte 8. Tacite, Annales, VI, 20. Cité par la revue Les dossiers d'archéologie, n° 191, op. cit. Retour au texte 9. Philon d'Alexandrie, De migratione Abrahamo, Le Cerf, Paris, 1965. Cité par Marie Delclos, Astrologie, racines secrètes et sacrées, Dervy, Paris, 1994. Retour au texte |
|  Les origines égyptiennes | L'astronomie égyptienne
Les documents astronomiques égyptiens font presque complètement défaut. Il nous reste quelques inscriptions dans des temples ou des tombeaux, mais rien qui ressemble aux tablettes mésopotamiennes. L'astronomie pharaonique était très liée à la mesure du temps. Le jour commence au lever du Soleil et s'achève à son coucher. La nuit commence au coucher du Soleil et s'achève à son lever. L'ensemble est composé de vingt-quatre heures, douze heures de jour et douze heures de nuit, des heures dont la longueur varie selon la saison. Si les cadrans solaires permettaient de mesurer les heures du jour, les heures de nuit étaient mesurées par des horloges stellaires. Celles-ci indiquaient l'heure en fonction de la position des étoiles. Réciproquement, ces " horloges " pouvaient être interprétées comme des cartes donnant la position des étoiles en fonction de la date et de l'heure. Le principal apport de l'Egypte pharaonique fut un calendrier civil de douze mois de trente jours, trois fois dix jours, auxquels s'ajoutaient cinq jours épagomènes. Le zodiaque s'y inséra avec aisance. L'une des techniques de mesure du temps consistait à diviser le ciel en trente-six constellations, points de repère plus que des divisions régulières. Le lever héliaque de chaque constellation, juste avant le lever du Soleil, était considéré comme la dernière heure de la nuit de chaque " semaine " de dix jours. Ce système est attesté par les sarcophages de la dixième dynastie, vers ~2100. Elaboré pour mesurer les " heures ", il conduisit plus tard à diviser l'année en trente-six périodes de dix jours, les décans. Dans l'astronomie égyptienne, les étoiles jouaient un plus grand rôle que les planètes. Les outils mathématiques connus paraissent plus rudimentaires que ceux dont les Mésopotamiens disposaient. L'astronomie de l'Egypte pharaonique ne comporte pas de composantes astrologiques, mais les architectes étaient maîtres dans l'art de reproduire les figures célestes dans les temples, afin d'assurer la corrélation entre ciel et terre(1) .
Note1. " Ignores-tu donc, Asclépius, que l'Egypte est la copie du ciel ou, pour mieux dire, le lieu où se transfèrent et se projettent ici-bas toutes les opérations que gouvernent et mettent en œuvre les forces célestes ? " Hermès Trismégiste, Asclépius, Les Belles Lettres, Paris, 1983.
L'astrologie égyptienne
Les Grecs considéraient l'Egypte comme le sanctuaire de la sagesse antique. Les textes l'affirmaient ; l'astrologie est née en Egypte. Depuis le IIIe siècle avant l'ère chrétienne, des traités magiques, alchimiques et astrologiques attribués au dieu Hermès circulaient. Hermès avait révélé l'Art au grand-prêtre Pétosiris, dont la tombe antérieure à ~341 était l'objet d'un culte, et à son pharaon Nechepso, de la XXXVIe dynastie (~663-522). Longtemps, les historiens considérèrent ces références à l'Égypte comme une coquetterie grecque sans fondement. Rappelant qu'aucun terme technique de l'astrologie horoscopique n'a pour origine une langue autre que le grec, les archéologues ne cessaient de le répéter : l'astrologie est née en Grèce, des outils hérités de Mésopotamie. Seul contre les historiens, avec les textes grecs, l'astrologue Cyril Fagan (1896-1970) a soutenu l'origine égyptienne. Il avait raison. Son erreur, également commise par les auteurs grecs, fut l'attribution d'une trop grande antiquité à cette astrologie. Car l'astrologie horoscopique naquit à Alexandrie, en Egypte, mais à l'époque de la domination grecque (Alexandrie fut fondée en ~332 par Alexandre le Grand). La référence à l'Egypte était exacte, la datation ne l'était pas. Dans la doctrine astrologique, les exaltations sont clairement d'origine mésopotamienne, alors que les domiciles, les aspects, les maisons, les décans et les parts sont d'origine égypto-grecque. Il n'existe aucune trace du zodiaque en Egypte avant les conquêtes d'Alexandre. Le zodiaque le plus ancien retrouvé à ce jour était celui d'Esna, peint vers ~200. Au Ier siècle de l'ère chrétienne, l'astrologie horoscopique était en place, peut-être deux ou trois siècles auparavant, car les auteurs grecs font allusion aux " Anciens ". Parfois, ils avaient eux mêmes mal compris certains enseignements qui les avaient précédés. Déjà, au IIe siècle de l'ère chrétienne, Vettius Valens voyageait en Egypte pour rechercher les maîtres des " anciennes " traditions astrologiques !
Des astrologues qui parlent Grec
Deux événements purent favoriser la rencontre de l'astrologie mésopotamienne et des concepts égyptiens : la conquête de l'Egypte par la Perse, la conquête de la Perse (Babylone fut conquise en ~332) et de l'Egypte par Alexandre le Grand. A ces deux occasions, l'Egypte fut soumise au même régime que les Babyloniens. Au Ier siècle, la langue de l'astrologie était le grec, ce qui assura son succès. Bien que l'empire Perse ait été cosmopolite, aucune langue n'y prédominait. Le Perse était utilisé pour les textes officiels, mais le babylonien et l'égyptien prévalaient dans leurs contrées respectives. Quand Alexandre le Grand conquit la Perse et l'Égypte, progressant jusqu'au nord-ouest de l'Inde (la Perse s'étendait elle-même jusque-là), le grec devint la langue dominante, tant pour les communiqués officiels que pour les échanges inter-ethniques. Les langues d'origine continuèrent d'être utilisées localement, comme l'araméen - qui supplanta le babylonien - et le copte. Mais un voyageur connaissant le grec pouvait aller de la Grèce à l'Inde, de l'Égypte à l'Afghanistan, en étant compris. |
|  Les origines indiennes | Les civilisations de l'Indus
Dans la vallée de l'Indus (du nom de la rivière Indus, qui elle-même a donné l'appellation " hindous "), le long de la rivière Saraswati, une civilisation avait fleuri entre 5000 et 3500 avant notre ère. Si certaines hypothèses récentes se vérifient(1) , cette civilisation aurait élaboré la première écriture connue au monde, car elle remonte au moins à ~5000. Le berceau de notre monde occidental ne se trouverait pas en Mésopotamie avec les Sumériens, mais il aurait pris naissance dans l'Inde védique ancienne ; et de l'autre, les Sumériens, qui sont supposés être une race d'origine iranienne, pourraient être une tribu aryenne de l'Inde descendue à l'ouest. L'assèchement de la rivière Saraswati provoqua le fin de la civilisation de l'Indus. Elle fut suivie par la civilisation dravidienne. Les Dravidiens construisirent les cités de Mohenjo Daro et Harappa dont on a retrouvé des vestiges considérables. Les Dravidiens étaient un peuple de marins. De grands ports ont été retrouvés sur la péninsule du Kathiavar et dans le golfe de Cambay, au nord de l'actuelle Bombay. Les langues dravidiennes, langues agglutinantes comme le sumérien, parlées autrefois dans l'Inde entière, subsistent aujourd'hui essentiellement dans le Sud. Tout naturellement, les Dravidiens observaient le ciel et principalement la Lune. Contrairement au Soleil, on peut sans peine la situer sur la voûte étoilée et l'étudier à loisir, puisque sa lumière n'éblouit pas et n'est pas assez intense pour faire disparaître les étoiles servant de repères. La connaissance des Dravidiens fut occultée lors des invasions aryennes (vers 1800 avant notre ère), mais la littérature védique de cette époque en fixa des éléments partiellement assimilés par les conquérants. Nous savons donc peu de choses des connaissances astronomiques de ce peuple qui fut probablement en contact avec l'Arabie, l'Egypte et commerça avec la Mésopotamie. Nous pouvons diviser les millénaires suivants (temps dits " historiques " car nous ayant laissé des documents déchiffrés) en trois périodes que nous examinerons tour à tour.
Note1. L'écriture serait née au bord d'un fleuve indien, François Gautier, in Le Figaro, 3 juin 1999.
Première période : l'astronomie des temps védiques
Si l'astrologie, au sens d'horoscopie individuelle, n'existe pas à l'époque védique, l'on ne saurait sous-estimer l'étendue des connaissances astronomiques dont témoignent les Hymnes védiques. Nous restons confondus devant la précision des connaissances qu'ils manifestent relativement à la position de la Voie lactée et des étoiles sur la sphère céleste, aux rythmes respectifs des luminaires et planètes, et aux relations réciproques de leurs mouvements. L'astronomie de position se développa à l'âge védique de pair avec la " géométrie rituelle ", c'est-à-dire associée au rituel.Dans les Brahmanas(1) (textes remontant aux X-VIIIe siècles avant l'ère chrétienne) et les Samhitas, la Lune et le Soleil sont les seuls corps célestes clairement mentionnés. On s'occupait essentiellement de déterminer leurs positions par rapport à de petits groupes d'étoiles proches du trajet de la Lune, nommés astérismes. Au départ, leurs dimensions n'étaient pas régulières et ils n'avaient pas de limites reconnues. La progression de la Lune au milieu du champ des étoiles détermina leur formation : chaque jour, les anciens sages notaient sa position par rapport à une étoile choisie parmi les plus brillantes. Comme la Lune revient à sa position de départ en 27 jours et 8 heures environ, leur nombre s'élevait à 28. Plus tard, certaines étoiles-repères (yogataras) furent choisies, qui marquaient le point de départ, exact ou approximatif, de chacune de ces constellations. Puis les constellations devinrent des zones dont les limites étaient déterminées par le parcours moyen de la Lune en un jour, d'où leur nom français de demeures lunaires (nakshatras). Les 28 demeures lunaires furent réduites à 27 quand qu'Abhijit disparut des textes en étant comptée avec sa voisine. Véga, une étoile se situant bien au-delà de la ceinture zodiacale, était l'étoile-repère d'Abhijit. Cette éviction n'ayant eu lieu qu'à l'époque classique, de nombreux textes astrologiques la mentionnent encore, surtout ceux traitant des plus anciens aspects de l'art, comme les interrogations (Prasna) et les élections (Muhurta).La première mention des astérismes en tant qu'ensemble cohérent se trouve dans l'Atharva veda dont les historiens situent la rédaction entre 1500 et 900 avant notre ère. La partie proprement astrologique de ce texte consiste en 165 vers portant sur l'observation du mouvement du Soleil, de la Lune et de leur passage dans les demeures lunaires. Elle mentionne des prescriptions rituelles à accomplir lors de ces passages, ainsi que leur usage pour le choix des jours de bon augure pour diverses activités. Il s'agissait là d'une astronomie-astrologie calendaire et rituélique. C'est en observant la position de la Lune qu'on mesurait ordinairement le temps, compté en périodes de jours entiers. Par exemple, on lit dans le Mahabharata (Salya, 34, 3) : " Je partis lorsque la Lune était dans Pushya et revins lorsqu'elle avait atteint Sravana. " Pushya et Sravana sont deux noms de demeures lunaires. L'absence dont il est ici question dépassait à peine un demi-mois sidéral. En raison de la vitesse variable de la Lune, il pouvait s'agir tout aussi bien de douze jours et demi que de quatorze jours et demi. Cette citation nous apprend que le temps se mesurait sidéralement, par la situation de la Lune parmi les étoiles, et non synodiquement, par la lumière qu'elle dispensait en fonction de sa position par rapport au Soleil (ses phases). Les Babyloniens procédaient inversement, ce qui révèle la présence d'une forme d'astronomie spécifique à l'Inde.Les planètes, qui n'étaient peut-être pas encore toutes reconnues, ne jouaient qu'une part réduite ou nulle dans la divination. Celle-ci s'appuyait sur des présages. Toutefois, avec les étoiles filantes, les feux follets et autres phénomènes célestes ponctuels, les comètes étaient peut-être déjà investies du rôle important qu'on leur attribua dans la période suivante.
Note1. Ce texte n'a aucune prétention savante en matière de langues orientales. J'ai limité au minimum l'usage des termes sanscrits, ne les employant que lorsqu'il n'existait pas d'équivalent dans le vocabulaire français. Pour faciliter la lecture, ces mots sont écrits sans accentuation.
Seconde période : l'influence perse
Sous Darius Ier (521-426 avant notre ère), l'empire Perse atteignait l'Afghanistan et le Pakistan actuels. Là, de nombreux astrologues indiens furent mis en contact avec le savoir dont les Perses avaient hérité des Assyriens et des Chaldéens.Au IVe siècle avant notre ère, les armées d'Alexandre envahirent l'Egypte, la Perse et une partie de l'Inde. Par la suite, de fructueux échanges se développèrent entre l'Inde et la Grèce.Entre le IIIe siècle avant et le Ier siècle après le début de l'ère chrétienne, quelques procédés de l'astronomie babylonienne sont introduits. Cette période est caractérisée par l'apparition du tithi (distances particulières séparant la Lune du Soleil), unité de temps en usage dans les tablettes babyloniennes. Cette unité correspondait au trentième de la révolution synodique de la Lune, durée approchant celle du jour ou nychtémère. Rappelons que les Babyloniens considéraient comme début du mois l'apparition du premier croissant lunaire suivant la nouvelle Lune. Ce système de mesure présentait l'intérêt de générer un calendrier adapté à la célébration des sacrifices religieux.La divination astrologique porte sur le destin collectif : parfois à travers le prince, les prédictions concernent des groupes humains, des régions, des métiers, des castes. Les samhitas ou collections astrologiques que Varaha Mihira compile dans son Brihatsamhita en fin de VIe siècle appartiennent à cette époque.Les planètes, dont on observe les levers et couchers héliaques, entrent dans le jeu astrologique.
Troisième période : l'influence égypto-grecque
Après le renouveau Perse qui commença avec les Parthes, puis les Sassanides, les peuples bactriens des contrées que recouvrent aujourd'hui l'Afghanistan et le Pakistan continuèrent d'être dirigés par des gouvernants de langue grecque jusqu'aux premiers siècles de notre ère. Les méthodes babyloniennes incorporées dans l'astrologie égyptienne et les méthodes égyptiennes elles-mêmes voyagèrent en Inde sans difficulté. Cela explique que, dans l'astrologie indienne, tous les termes techniques d'origine étrangère sont grecs, jamais égyptiens, coptes ou babyloniens. Le premier manuel organisé d'astrologie généthliaque connu en Inde est daté du IIe siècle (vers 149-150) de notre ère, quand Yavanesvara (" Le seigneur des Grecs ") traduit en prose sanskrite un traité astrologique écrit à Alexandrie à la fin du Ier siècle. Cette traduction est perdue, mais en 269-270, Yavanaraja Sphujidjava en prépare une adaptation en vers, le Yavanajataka (L'Horoscopie des Grecs). L'original grec était orné d'illustrations que l'on reconnaît à travers les détails déformés du texte de Sphujidjava.Après 126 avant l'ère chrétienne, un peuple perse, les Parthes, s'éleva contre les Séleucides qui succédèrent à Alexandre le Grand. Ils reconquirent la plus grande partie de l'ancien empire Perse, à l'exception de la partie proche de la Méditerranée et de celle située au nord-ouest de l'Inde. Les Parthes furent très hostiles aux Grecs, puis aux Romains. Ils réduisirent à peu de choses la communication entre les peuples helléniques de l'ouest et les Grecs bactriens en Afghanistan et au Pakistan qui conservèrent le pouvoir jusqu'aux premiers siècles de notre ère. Les Grecs bactriens se convertirent à l'hindouisme et leur langue disparut. Vers 200 de notre ère, ils formaient encore un groupe identifiable. Ils sont les Yavanas du Yavanajataka. La dette de l'Inde envers l'astrologie alexandrine est importante. Comme l'a établi l'œuvre monumentale de D. Pingree, l'astrologie hindoue surgit toute constituée avec la traduction de Yavanesvara. Par cette voie, l'Inde empruntait à l'astrologie occidentale les douze signes du zodiaque, la semaine de sept jours, l'heure et plusieurs autres notions décisives. De nombreux astrologues indiens le nient, mais leurs plus anciens textes font référence aux Yavanas, mot qui désigne des personnes de langue grecque(1) . Certains astrologues occidentaux entretiennent le mythe en parlant d'" astrologie védique " alors que les temps védiques n'ont pas connu leurs pratiques astrologiques(2). Les comètes, si importantes dans le monde ancien, n'ont pratiquement aucun rôle dans cette nouvelle astrologie. Les demeures lunaires et les tithis sont conservés. Le zodiaque mésopotamien de douze signes, jusque-là inconnu de l'Inde, apparaît. L'astrologie généthliaque s'impose, mais l'astrologie des interrogations et des élections est demeurée très importante jusqu'à nos jours.
Notes 1. Yavana est également le mot sémitique pour " grec ". Il dérive de la même racine que le français " ionien ". Retour au texte 2. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait aucune différence entre l'astrologie grecque et l'astrologie indienne. Mais ces différences s'expliquent par une période d'isolement entre deux branches d'une même tradition après une période d'unité. Les deux branches ont divergé, la branche orientale s'étant modifiée, altérée, améliorée et mêlée aux traditions natives déjà en place. Un traité ultérieur comme le Pauliçasiddhânta a pour origine probable une œuvre grecque de Paul d'Alexandrie ; le Romakasiddhânta révèle par son nom une provenance méditerranéenne, romaka signifiant " romain ". Retour au texte |
|  Quand les astrologues étaient en avance sur la science | Nicolas Copernic
Jusqu'au XVIe siècle, la théorie en vigueur dans les milieux scientifiques considérait la terre comme le centre de l'univers. Depuis l'antiquité, de nombreuses voix s'étaient élevées pour affirmer que c'était faux, mais elles n'ont pas pu s'imposer. Il fallut attendre Nicolas Copernic (1473-1543). En s'appuyant sur des considérations philosophiques, Copernic affirma que la terre tournait autour du Soleil et non l'inverse. Un siècle plus tard, Galilée (1564-1642) put le prouver par l'observation.
Ainsi racontée, l'histoire n'est pas complète. Voilà ce qu'on oublie de vous dire à l'école et dans certains livres.
Si un astrologue n'avait pas poussé Copernic…
A cette époque, l'astrologue Johannes Schoener (1477-1547) était connu sur le plan international. Ce fut lui qui poussa Copernic à publier ses travaux sur « la nouvelle astronomie ». Sans lui, nous n'aurions peut-être jamais eu le livre de Copernic. Quand un certain Rheticus écrivit l'introduction du livre de Copernic en 1540, il le fit sous la forme d'une longue lettre destinée à l'astrologue Shoener !
La vérification des astronomes vient après la découverte philosophique
Copernic reprend ses idées à d'anciens mythes Grecs. Il explique que, pour des raisons philosophiques, le feu « doit » être au centre du monde. C'est pour cela qu'il y place le soleil. La lunette astronomique n'étant pas encore inventée, il n'a aucune preuve « astronomique » de ce qu'il avance. Il faut cent ans de plus pour que Galilée démontre qu'il avait raison.
En conclusion…
Il existe de plusieurs façons de connaître les choses. Les découvertes « scientifiques » ont souvent vu le jour pour des raisons qui n'avaient rien de scientifique. L'astronome Kepler a découvert les distances entre planètes en jouant avec les nombres et les formes géométriques. Savez-vous comment Newton découvrit la gravitation (la pesanteur) ? Non pas en recevant une pomme sur la tête. Mais en travaillant sur de vieux traités d'alchimie. Je reviendrai un jour sur cette histoire secrète des grands hommes. |
|  Comment Kepler a-t-il effectué ses découvertes ? | Kepler et l'astronomie
S'appuyant sur des thèses pythagoriciennes antiques, Copernic avait émis l'hypothèse que la Terre tournait du Soleil. Pour lui, le feu devait être au centre… Galilée avait promu cette hypothèse, parfois avec une mauvaise foi évidente qui lui valut quelques ennuis avec les autorités de l'époque. Kepler établit sur des bases solides le système de Copernic.
Mais Johannes Kepler (1571-1630) ne s'arrêta pas là. Il s'assura une gloire immortelle en énonçant les trois lois du mouvement des planètes autour du Soleil (1609-1618), lois qui portent son nom : 1. les orbites planétaires sont des ellipses dont le Soleil occupe un des foyers. 2. les aires décrites par les rayons vecteurs sont proportionnelles au temps. 3. les carrés des temps des révolutions planétaires sont proportionnels aux cubes des grands axes des orbites.
Théoricien génial, Kepler devint ainsi le père de l'astronomie actuelle.
Kepler et le mouvement des planètes
Habituellement, dans les livres consacrés à l'histoire de l'astronomie, on ne vous en dit pas plus. Et pour cause… En effet, Kepler n'a pas du tout effectué ces découvertes par les voies habituelles de la science.
Il considérait que les planètes décrivaient des orbites qu'il était possible de comprendre en utilisant des symboles. Il emboîta les uns dans les autres des volumes issus de la tradition platonicienne. Ce qui le renseigna sur les rapports que possèdent entre elles les orbites planétaires. Il en déduisit ses lois. L'observation prouva ensuite qu'il avait raison.
Kepler, hérétique pour le scientisme
Kepler voyait dans la sphère le symbole de la Trinité. Il faisait l'expérience d'une âme du Monde, qu'il considérait comme un être vivant. Il rédigeait des études astrologiques pour ses clients. Il avait engagé une réforme de l'astrologie de grande envergure. En un mot, il refusait qu'un univers-machine remplace un univers vivant. Il prouva que les tenants d'un univers vivant pouvaient effectuer des découvertes fructueuses en s'appuyant sur des outils qui leur sont propres. |
|  L'observatoire de Greenwich | Greenwich et les changements d'heure
Lorsque nous changeons d'heure, les gens disent « nous avons une heure (ou deux heures) d'avance sur le Soleil ». Ce n'est pas exactement vrai. Nous avons une heure ou deux heures d'avance par rapport à l'heure de Greenwich. Là, dans la banlieue de Londres, un vieil observatoire indique l'heure « 0 ». Une ligne est tracée par terre. D'un côté, c'est l'est de la terre, de l'autre côté, c'est l'ouest.
L'astrologie et l'observatoire de Greenwich
Au début du siècle, c'est Paris qui donnait l'heure pour la France. Mais le méridien de Greenwich a supplanté tous les autres. Les astrologues ne s'étonnent pas du succès international de cet observatoire. Son fondateur fut l'astronome royal John Flamstead (1646-1719). Par l'astrologie, il a choisi la date et l'heure de la pose de la première pierre. Nous possédons encore le thème astral de l'observatoire, tracé de sa main pour le 16 mai 1675, à 15h14.
Conclusion
Si vous voulez que quelque chose dure, mettez le ciel de votre côté ! |
|  Où est Mussolini ? | L'enlèvement de Mussolini
La seconde guerre mondiale recèle encore de nombreux secrets, tant dans les rangs des alliés que dans ceux des nazis. En 1943, Mussolini fut capturé et emprisonné dans un lieu tenu secret. On ne savait même pas s'il était toujours vivant.
L'astrologue cherche Mussolini
Sur demande de Himmler, l'astrologue th. h. Wulff étudia la question le 14 août 1943. Il était emprisonné et fut interrogé au siège de la police criminelle à Berlin. Avec l'astrologie horaire, il détermina que Mussolini n'était pas entre les mains des alliés. Il était tombé dans un get-apens à la suite d'une trahison. Il localisa le lieu de détention entre 47 et 50 km au sud-est du lieu où il avait disparu. Dans une île ou sur un plan d'eau.
Mussolini est libéré
Avec quelques autres, ces informations furent utiles aux allemands qui parachutèrent un commando. Ils localisèrent et libérèrent Mussolini. |
|  Alexandre Volguine et l'ésotérisme de l'astrologie | Les trois sciences hermétiques
Ecrit au IXe siècle par les « Frères de la Pureté », un groupe de théologiens musulmans orthodoxes, le Rasa'il - nommé en langue française Epîtres des Frères de la Pureté - le rappelle : sous l'influence néoplatonicienne des Isma'ilis, toutes les sciences découlent de l'astrologie, de l'alchimie et de la magie. Ces trois savoirs sont autant de chemins pour aller vers Allah. Pour une telle vision : · De l'astrologie découlent la mantique, les mathématiques, la géométrie, la musique, eux-mêmes source d'autres arts tels que l‘architecture et la navigation. · L'alchimie, art qui se consacre à la transformation de la matière, génère le travail des métaux, la pharmacie, la médecine, l'orfèvrerie, la cuisine, la préparation de teintures, la fabrication du verre ou de la porcelaine. Cette science hermétique s'étend de la simple fabrication de pierres artificielles aux mystères de la pierre philosophale et des alchimies internes. · La magie, art d'utiliser les énergies du monde, étudie les effets du son, des parfums, des couleurs, des schémas ; de la simple physique aux techniques de communication avec les dieux ou les hiérarchies célestes. La production d'outils mécaniques comme les automates, les avions, les automobiles, les ordinateurs, relève de l'antique magie.
Alexandre Volguine avait écrit « si l'on me demandait quelle est ma religion, je répondrais : l'Astrologie ». Il avait saisi la sacralité de l'astrologie. Il avait renoué avec le rôle - quasi sacerdotal - de l'astrologue antique.
Il considérait l'homme dans sa globalité, dans ses trois dimensions : physique, psychique et spirituelle. Dans le thème, Alexandre Volguine voyait toutes ces dimensions. Vers la fin des années 60, il assista aux ruptures provoquées par des astrologues qui réduisaient l'homme à ce qui se passe entre ses deux oreilles. Il percevait que, à l'instar du freudisme qui influençait ces livres, ce qu'on nommait le haut n'était que la sublimation - ou la projection - du bas. L'Art était décapité, sa sacralité objective était détruite.
La liste des livres publiés par ses Editions des Cahiers Astrologiques est éloquente. De son édition des rituels de Cagliostro à celle de manuels de magie salomonienne, une bonne moitié échappe à l'astrologie, au sens technique du terme. Ses propres ouvrages vont de l'ésotérisme pur à la compréhension hermétique des règles astrologiques.
Enfin, une étude serait à préparer sur les rapports de Volguine avec le monde de l'occultisme et des ordres initiatiques. Ses Cahiers Astrologiques regorgent de notes et de remarques sur ces sujets.
L'ésotérisme de l'astrologie
En 1953, Volguine publie L'ésotérisme de l'astrologie. Cet ouvrage contient des réflexions sur l'ésotérisme de notre art. L'ouvrage étant introuvable, voici quelques extraits. Ils proposent des pistes aussi utiles aujourd'hui qu'elles l'étaient il y a un demi-siècle. Le titre précédant chaque extrait est issu de ma plume.
De la solidarité entre le Tout et les parties
En revenant à l'Astrologie, on peut dire que pour nous les astres apparaissent comme des corps qui nous sont étrangers et lointains, émettant des vibrations que nous subissons contre notre volonté ; pour les Anciens, les planètes étaient des forces vivantes qui faisaient partie de l'homme, des forces qui bourdonnaient dans leur subconscient et dont ils ressentaient les pulsations dans leur corps, dans leur être intérieur, comme nous sentons, par exemple, les pulsations de notre coeur et les mouvements de notre sang. Ce sentiment de l'Astrologie a dépassé le monde antique. On le trouve encore chez quelques mystiques des siècles derniers. Gichtel, par exemple, voit dans les planètes les démons qui nous font succomber à tous les péchés mortels, et qui agissent sur notre caractère intérieur. Catherine Emmerich voit les planètes comme des formes extérieures et intérieures à la fois. Quand il s'agit d'une compréhension pareille de l'influence astrale, l'Astrologie n'est plus une science abstraite de vibrations cosmiques comme elle le paraît aux modernes, mais une science de l'âme, une science de tout ce qui existe, la première science humaine et la plus haute. En étudiant l'Astrologie antique, ce sentiment de la solidarité universelle, de la solidarité d'une partie et du Tout, ce sentiment de l'harmonie cosmique ne devrait jamais être perdu de vue. Ce sentiment fournissait les principes mêmes de la science astrologique des Anciens, et comme ce sentiment n'existe plus chez nous, ces principes sont évidemment perdus, du moins en partie. (pages 11 et 12).
De l'interprétation des phénomènes atmosphériques
Dans tous les pays anciens, certains phénomènes atmosphériques faisaient partie de l'Astrologie. La couleur du ciel, la visibilité des étoiles, même le climat du pays étaient pris en considération dans les études astrologiques. Même de nos jours, les astrologues chinois disent qu'un enfant né sur l'eau ne peut pas recevoir la même ambiance cosmique et, par conséquent, avoir le même destin qu'un enfant né au même moment sur la terre… Les astrologues orientaux qui conservent encore quelques données de l'Astrologie ancienne, prennent en considération les conditions atmosphériques de la naissance. (page 15)
Méditation pour astrologues
Pour comprendre les représentations anciennes des forces planétaires, il nous faut rejeter l'intellectualisme, notre mode de connaissance mentale et descendre en nous-mêmes. Fermez les yeux, videz votre cerveau d'une mentalité presque totalement faite d'amalgame de lectures, de phrases entendues, de préjugés et plongez-vous dans ce monde inconnu et obscur qui contient les mouvements intérieurs de votre nature émotive. Méditez ou plutôt « sentez » l'Astrologie. Au bout de quelque temps, vous commencerez à sentir les formes intérieures planétaires, les formes basées sur les corrélations plutôt émotives que logiques et qui peuvent être comparées aux associations d'idées et d'images en état de rêve, relevées par la psychanalyse. Ce travail intérieur de descente en soi n'est pas une invention personnelle ; il se rencontre sous des formes différentes dans presque toutes les écoles ésotériques, ce qui explique pourquoi on y trouve encore des adeptes dont le sentiment intérieur du monde se rapproche de celui des Anciens...C'est justement la connaissance par le cœur qui nous permet de saisir les formes planétaires vues par les Anciens… Fixons notre volonté sur le soleil, rejetons tout ce que nous avons appris de l'astre du jour. Dans notre esprit, il n'est pas question de distance, de masse, de rotation ; il n'y a pas de taches qui occupent tant les cosmobiologistes, ni de plages faculaires, ni de spectri-hélioscope. Nous sommes dans le « magma » psychique d'où nous sommes sortis, qui est nous-mêmes et que nous connaissons beaucoup moins bien que l'analyse spectrale d'une étoile quelconque. Notre première impression intérieure sur le soleil sera d'une boule chaude et claire qui contraste avec nos ténèbres intérieures, d'un nuage plutôt que d'un globe net, ses limites n'étant pas tracées et donnant le pressentiment d'être mouvantes, ce qui ne diminue nullement la netteté du contraste de clarté blanchâtre du soleil et du monde psychique, contraste qui nous donne l'image de l'Yn-Yang qui réalise à lui seul l'Unité universelle (Pau-Hou) de la lumière et des ténèbres. Ce contraste ne fait pourtant pas la dualité : les ténèbres sont senties comme la contrepartie de cette boule qui fume, de ce nuage clair… Cette boule chaude est en mouvement. Vous la sentez vous chauffer, faire corps avec vous, être votre cœur. Ses limites n'étant pas nettes, elle vous paraît à la fois ainsi qu'une roue qui fume et pareille au dragon blanc, le dragon céleste « qui est l'esprit de changement ». La forme solaire (comme d'ailleurs toutes les formes planétaires) est mouvante ; une couleur blanchâtre la domine, sorte de fumée pareille à celle qui sort des narines du dragon ou qui ferait songer aux chevaux blancs d'Apollon. Dans le « magma » de votre conscience, Dragon, Cheval et Licorne ne sont qu'un seul être. De même, d'ailleurs, que dans le symbolisme où la même force solaire lie ces trois animaux sacrés. Chaque planète est « sentie » de façon différente. Saturne pèse, alourdit, refroidit, donne l'impression d'être un morceau de charbon qui a pris des milliards d'années pour se former et qu'il est plus difficile d'allumer que du bois attribué par les Chinois à Jupiter. Mars fait penser à la lueur rouge qu'on perçoit à travers les paupières fermées, quand on regarde le jour ; il fait sentir le mouvement du sang simultanément dans tout le corps. La lune donne l'impression de sortir de l'eau, encore tout humide, d'avoir la peau lisse et légèrement froide, de sentir à la fois une impression de repos et de fatigue analogue à celle qu'on peut éprouver après un bain prolongé. Ces formes planétaires, comme tout ce qui appartient au monde invisible, ne peuvent être transmises par des mots. Elles devraient être vécues et senties par chacun de ceux qui veulent suivre la voie astrologique, en pénétrant, comme les Anciens, la vie de l'Univers. (pages 18 à 21)
Qu'en est-il du zodiaque ?
… le procédé décrit dans le chapitre précédent, a été employé en ce qui concerne les divisions du Zodiaque, avec toutefois cette différence que les signes zodiacaux ne donnent pas la même impression intuitive que les planètes : ils appartiennent exclusivement au plan intellectuel. Alors que le soleil et Mars chauffent et la lune donne la sensation générale de l'humidité, la perception intérieure des signes zodiacaux laisse l'individu indifférent, tel qu'il était avant son « plongeon » en soi. On « sent » qu'ils appartiennent à un autre « monde », à un autre plan que les planètes : l'intuition du signe du Lion, comme une sorte de champignon brillant et rond, comme une explosion atomique, est purement intellectuelle, tandis qu'Uranus, par exemple, est souvent « senti » comme une espèce de « spasme » plutôt douloureux suivi de dilatation amenant un bien-être. Les images zodiacales comme la perception de cette « explosion » léonine, laissent l'âme toujours indifférente. (pages 25 et 26)
Les deux courants de l'astrologie sacrée
En effet, l'Astrologie sacrée, inséparable de la religion extérieure et de l'Esotérisme, apparaît dans le recul de l'histoire comme provenant de deux courants d'idées aussi distincts que les formes planétaires et zodiacales : 1. courant calme, intellectuel, presque rationnel dont la principale place est occupée par le Zodiaque et les étoiles fixes ; 2. et courant ardent, sentimental, mystique, provenant du souvenir d'une catastrophe soudaine et donnant, de ce fait, la première place au Soleil. Sa disparition brusque…repousse au second plan tous les autres facteurs célestes et aboutit à son adoration. Les compagnons du soleil, c'est-à-dire les planètes, occupent à sa suite la place prépondérante. (page 30)
Les dieux et les diables
Si Dieu (ou la divinité) régit le monde par l'intermédiaire de sept forces créatrices, ces forces ont leurs correspondances dans les planètes, et les planètes dans les sept lettres doubles de l'alphabet hébraïque. Cette nomination double est tout à fait remarquable, car elle porte en elle-même la qualité et le défaut, le plus et le moins, Dieu et le diable. Donc, pour nous, les humains, les planètes paraissent tantôt comme la Providence divine, tantôt comme la force diabolique, et il est intéressant de noter qu'aux yeux du voyant et du mystique, les puissances planétaires supérieures apparaissent sous deux aspects : sous l'aspect subjectif - comme influence -, et sous l'aspect objectif - comme des formes divines ou diaboliques. Souvent une même puissance planétaire est représentée par plusieurs formes, parfois opposées l'une à l'autre et contradictoires…La dépendance du diable (ou des diables) des sept planètes est affirmée avant tout par l'Apocalypse par l'image d'un monstre à sept têtes. Ensuite, elle est précisée par plusieurs mystiques et théosophes. « Le diable émeut la colère », dit J.-G Gichtel : « selon les sept formes de la nature dans l'homme : tantôt en Vénus, par des pensées impures, tantôt en la Lune en nous insinuant que la perfection n'est pas de ce monde, soit en faisant se dresser l'âme dans la propriété de Mars, par le feu du Moi, soit par Jupiter, de sorte que l'âme s'empoisonne elle-même ; avec le Soleil, il l'occupe d'imaginations et de fantaisies étrangères ; avec Saturne, elle doute de Dieu et par Mercure il lui donne une fausse confiance en lui… »… On sait que les Sept Archanges du Christianisme correspondent aux sept planètes des Anciens. Maintenant, il nous faut préciser que les archanges n'incarnent que le côté « bénéfique » de l'influence astrale, et le côté « maléfique » est représenté par les diables. Il ne faut pas s'étonner de cette représentation : l'influence de chaque planète peut être considérée comme une échelle, dont le degré inférieur est occupé par le diable, et les degrés supérieurs par les esprits lumineux (archanges, anges, génies, etc.). Le nombre sept paraît comme un nombre d'extrême importance dans toute l'Antiquité, mais il ne faut pas penser que tous les symboles se rapportant à une planète quelconque sont identiques ; souvent ils reflètent les degrés différents de l'échelle astrale.. Ces sept diables s'associent avec les sept archanges dont ils sont les complémentaires. Les uns, comme les autres, sont les polarités d'une seule chose : les planètes. Les vertus capitales dirigées par les archanges s'opposent aux péchés capitaux - influences diaboliques - ; mais les vertus et les vices sont les modalités différentes d'une même sssence sidérale. Les diables et les péchés sont la suite logique des archanges et des vertus, leur prolongation ténébreuse, pour ainsi dire, comme on le voit dans ce tableau… |  |
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