Sciences hermétiques Les astres et les plantes | Dans la médecine ancienne
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, médecins et pharmaciens connaissaient les plantes. Chaque plante était gouvernée par une des sept planètes. Ce qui les aidait à choisir le traitement adéquat. Certaines plantes ont conservé le nom de la planète : la mercuriale, le souci (du latin sol sequium, qui suit le Soleil), le tournesol (du latin sol, Soleil), l'héliotrope (du grec helios, Soleil).
De nombreux praticiens des médecines naturelles n'ont aujourd'hui jamais entendu parler de ces correspondances. Je vous propose donc ces critères qui permettent, instantanément, de connaître la planète dont relève chaque plante.
A quelle planète correspond cette plante ?
Saturne : les plantes de Saturne ont des feuilles sèches, chevelues et des fleurs vert sombre, blanc sale ou rouge pâle. Leur goût est aigre, acide et leur odeur désagréable. Elles sont constipantes, calmantes, et agissent sur la peau et les os. La jusquiame a des feuilles vert grisâtre cotonneuses, les fleurs sont jaune terne aux veines pourpres. Son odeur est lourde et offensive. En emploi externe, elle traite la goutte et les rhumatismes, mais son emploi interne est toxique. Les arbres de Saturne ont l'écorce grosse, âpre et rude.
Jupiter : les plantes de Jupiter sont douces et astringentes, avec des goûts et des odeurs agréables. Les feuilles pointues et douces sont grises ou bleu-vert. Beaucoup, comme le pissenlit ou l'aigremoine, sont bénéfiques pour le foie. Le nom latin de la sauge, salvia (de salvus, sauf), évoque son pouvoir curatif.
Mars : les plantes martiennes sont épineuses, toxiques et suscitent les larmes, comme l'oignon, ou des gonflements, comme l'ortie. Les feuilles à longues pointes emportent la bouche. Les racines sont fibreuses et rampantes. Elles poussent dans des lieux secs et ont une odeur âcre et oppressante. Les plantes de Mars sont chaudes, sèches et stimulantes. On les utilise souvent pour les troubles musculaires. Le poivre de Cayenne stimule la circulation, aide à vaincre les rhumatismes et les engelures. L'ail relève de Mars.
Soleil : les plantes solaires ont un goût vif mêlé de douceur. Leurs fleurs dorées évoquent le Soleil. Leurs feuilles sont grasses et leurs racines profondes. Leur odeur est âcre et agréable. Elles renforcent la vitalité et la vue. Selon l'herboriste Culpeper (1610-1654), le souci, en correspondance avec le Soleil en Lion, « renforce et conforte le cœur ». Les plantes solaires ont le pouvoir de repousser le poison, les démons et la foudre. La grande chélidoine a des fleurs d'or. Si vous cassez la tige, un jus doré éclatant s'en écoule.
Vénus : les plantes de Vénus sont nourrissantes et émollientes. Elles agissent sur les reins, les veines, la gorge et les organes génitaux. Leur goût est doux, onctueux et délicieux. Les épices doux et les fruits en relèvent. Culpeper attribue la mûre à Vénus en Bélier et écrit « si quelqu'un demande pourquoi Vénus est si épineuse, dites-lui qu'elle est dans le domicile de Mars ». Les plantes de Vénus ont de grandes feuilles et des fleurs blanches ou bleues agréables. Leurs racines sont superficielles et leur odeur est subtile. Le tussilage répond à ces critères. Les feuilles sont grandes, les racines petites, mais les fleurs sont jaunes. L'odeur est douce et subtile et cette plante est apaisante pour les poumons. La verveine est attribuée à Vénus. Culpeper décrit ses pouvoirs pour renforcer et épurer la matrice. Son usage dans le traitement des reins renforce la correspondance avec Vénus.
Mercure : les plantes de Mercure ont des feuilles et des fleurs très diverses, des racines qui s'étendent loin, une odeur rafraîchissante et pénétrante. Leur goût est variable et curieux. Leur utilisation ôte les obstructions. Elles agissent sur le système nerveux. Le persil, la réglisse et la lavande sont bien connus. Tous ont des odeurs et des goûts distincts. Le persil ouvre les obstructions du foie et de la rate, dégage le passage pour l'urine et brise les calculs. La réglisse est laxative. La lavande débarrasse des maux de tête occasionnés par les tensions nerveuses.
Lune : les plantes lunaires sont rafraîchissantes et calmantes. Elles régularisent les fluides du corps et favorisent la digestion. Elles ont un goût humide, insipide et une odeur terreuse. Leurs fleurs, pâles, sont jaunes ou vertes. Leurs feuilles sont arrondies, pâles et grasses, comme pour la laitue ou le mouron blanc, ou foncées aux veines fortement marquées, comme pour le chou. Fréquemment, les plantes lunaires poussent près de l'eau et elles pourrissent facilement. Le groseillier à maquereau est une plante lunaire excellente pour épurer le système lymphatique, régi par la Lune. Comme plantes lunaires, citons la courge, le concombre, le melon, la pastèque, la laitue, l'endive. |
|  Les chakras d'Occident | Dans un livre bien de chez nous
Regardez cette image de près. Elle ne vient pas de livre ancien consacré à l'Inde. Elle ne vient pas d'un manuel traduit de l'américain et qui vante l'ouverture des « chakras ». Cette image vient d'un livre publié en allemand en 1736. Inutile d'aller chercher bien loin ce que nous avons à portée de mains. Le titre de ce livre est Theosophia Practica. L'auteur se nommait Johan Georg Gichtel.
Nous sommes faits de matière
Que nous enseigne cette image ? A l'origine, nous avions un corps de lumière, mais il s'est durci, cristallisé. Dorénavant, l'homme est ténébreux. Il est fait de terre. Nous devons nous régénérer, nous transmuter. Du ténébreux, nous devons repasser au lumineux. Du biologique, nous devons repasser au spirituel.
Les étapes de la régénération
Examinons d'un peu plus près l'image. Du sommet du crâne à la zone génitale, on voit sept centres. Ils sont tous gouvernés par une planète. Ces planètes suivrent l'ordre astrologique normal. Cet ordre classe les planètes en partant de la plus lente (Saturne) et en allant jusqu'à la plus rapide (la Lune). L'ordre est donc le suivant : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Dans chaque centre, vous distinguez le sigle de la planète.
En partant du Soleil
Regardez bien le centre qui se trouve sur le cœur. Il est régi par le Soleil. On voit bien le Soleil avec des yeux, un nez, une bouche et des rayons. Mais ce Soleil est emprisonné par un serpent qui l'enserre. Le premier travail de l'initié consiste à faire voler ce serpent en éclat. A partir de là, la lumière qui provient du cœur – et du Soleil - va jaillir. En suivant la spirale, elle va se diffuser en nous jusqu'à Saturne. Du Soleil à Vénus, puis de Vénus à Mars, puis de Mars à Mercure, puis de Mercure à Jupiter, puis de Jupiter à la Lune, puis de la Lune à Saturne. Ces étapes sont les grands moments de notre transformation intérieure.
Si vous voulez en savoir plus, nous entreprendrons dans quelques mois une étude plus fouillée de cette image et des techniques de transformation dans la rubrique « La magie astrologique ». |
|  Le pouvoir de la musique |  Pour les anciens, la musique n'avait pas pour mission de plaire. Elle n'était pas objet de relaxation. Ils distinguaient sept sons fondamentaux, sept voyelles, correspondant à la « vibration » de chaque planète.
Chaque son possède une puissance qui lui est propre. Aussi le musicien les agençait pour qu'ils produisent un effet déterminé. En agençant ces sons d'une certaine manière, il était possible d'invoquer les dieux.
Lisons ce qu'écrit le musicographe pythagoricien Nicolas de Gérose (IIe siècle de notre ère) : « Les sons de chacune des sept sphères produisent un certain bruit : à ces sons l'on a donné les noms des voyelles. Ce sont là des choses inexprimables par elles-mêmes chez les savants. Le son a ici la même valeur que l'unité en arithmétique, le point en géométrie, la lettre alphabétique en grammaire. Si ces choses sont combinées avec des substances matérielles, telles que sont les consonnes, de même que l'âme est unie au corps et l'harmonie aux cordes, elles réalisent des choses animées, celles-ci des tons et des chants, celles-là des facultés actives productives des choses divines. Voilà pourquoi les théurges, lorsqu'ils honorent la divinité, l'invoquent symboliquement avec des poppsymes (claquement des lèvres) et des sifflements, avec des sont inarticulés et sans consonnes. »
Dans le traité sur l'élocution, Démétrius de Pholia dit qu'en Egypte les prêtres célèbrent les dieux au moyen de sept voyelles en les chantant de suite, et à la place d'une flûte ou d'une cithare. Les voyelles prennent la place de notes musicales correspondant à la lyre à sept cordes d'Orphée.
Selon les initiés, plus l'orbite était vaste, plus la course de la planète était rapide, plus le son correspondant était aigu. Ainsi Saturne (Chronos) eut « omega », le son le plus aigu, et la Lune (Selené) le son le plus grave « alpha ». Mercure (Hermès) ayant « epsilonn », Vénus (Aphrodite) « êta », Soleil (Helios) « iota », Mars (Arès) « omicronn » et Jupiter (Zeus) « upsilonn ».
Cherchez dans un dictionnaire comment se prononce chacune des voyelles de l'alphabet grec. Puis n'hésitez pas à tenter quelques expériences pratiques ! |
|  Le chandelier à sept branches | D'où vient le chandelier à sept branches ?
Le chandelier à sept branches est porteur d'une longue histoire. Dieu en dicta le modèle à Moïse sur le Mont Sinaï. Lorsque le peuple d'Israël errait dans le désert, le chandelier trônait dans la tente qui servait de Temple. Puis le chandelier fut déposé dans le Temple de Jérusalem lorsqu'il fut bâti.
Le chandelier à sept branches est toujours à l'honneur dans les foyers juifs et dans les emblèmes de l'état d'Israël. Lors de certaines fêtes juives, on en allume les bougies rituellement.
Les anciens autels catholiques comportaient six candélabres répartis de part et d'autre d'une grande croix. C'était là un héritage de ce chandelier.
Les sept lampes et les sept planètes
On sait moins que les sept lampes du chandelier correspondent aux sept planètes. C'est-à-dire qu'aux lumières terrestres correspondent les lumières du ciel. De la planète la plus lente, Saturne, à la plus rapide, la Lune. Au centre, sur l'axe vertical, se trouve le Soleil.
Les textes sur l'art sacré juif indiquent clairement cette correspondance entre les lumières et les planètes. Le judaïsme l'a transmise au christianisme. Clément d'Alexandrie (140-220 env.) fut un des Pères du christianisme. Il nous rappelle que, dans le Temple de Jérusalem, le chandelier était placé au sud de l'autel des parfums (c'est-à-dire « des encens »). De même, pour observer les planètes, nous regardons vers le sud. Là, au fil des jours, nous voyons les sept planètes accomplir leur révolution : « D'autre part, le chandelier était placé au sud de l'autel des parfums : il montre les mouvements des sept luminaires qui accomplissent leurs révolutions dans le sud. Car de chaque côté du chandelier sont fixées trois branches, et sur elles des lampes : or le soleil, placé lui aussi comme le chandelier au milieu des autres planètes, donne de sa lumière à la fois à celles qui sont au-dessus de lui et à celles qui sont au-dessous, selon une divine harmonie. »
Les sept jours de la création
Avant de ranger votre Bible familiale, jetez un coup d'œil le premier chapitre. Il nous explique que la création s'est effectuée en sept « jours » (en sept étapes). Les commentateurs ultérieurs ont comparé ces sept jours à l'allumage des sept lampes. Et il ne leur a pas échappé que le Soleil fut créé le quatrième jour. Or, la quatrième lampe est justement celle attribuée au Soleil ! |
|  Les astres et les élixirs floraux | Dans ASTRES n°691 (novembre 2005), pages 6 et 7, vous trouverez une rubrique consacrée aux rapports entre les plantes et les planètes. En effet, les plantes peuvent être classées en sept grandes catégories, chacune étant régie par une planète. Ainsi, les plantes sucrées (verveine, rose) relèvent de Vénus. Les plantes piquantes (ail, poivre) relèvent de Mars. Etc. La médecine ancienne se servait de cette information pour élaborer ses élixirs floraux.
Des élixirs « faits-maison » seront toujours plus efficaces que des élixirs produits industriellement. Ne serait-ce que par l'amour dont vous aurez investi la préparation. Lorsque vous préparez un plat pour votre petit-fils, vous y mettez un « petit quelque chose » qui fait toute la différence. Vos grands-parents préparaient d'ailleurs eux-mêmes leur arnica à usage familial.
Il m'a été demandé comment préparer soi-même son élixir floral. Il y a des méthodes simples et des méthodes plus compliquées. Voilà la méthode – simple ! - utilisée par le docteur Edward Bach, médecin britannique du début du siècle dernier. Après sa mort, la principale collaboratrice s'était d'ailleurs élevée contre la fabrication industrielle de ces « fleurs de Bach ».
1. Choisissez la plante avec laquelle vous allez travailler. Vous pouvez utiliser les correspondances planétaires pour renforcer une planète faible de votre thème. Choisissez des fleurs saines et manipulez-les le moins possible. Plus les fleurs sont fraîchement cueillies, plus elles sont actives.
2. Prenez le temps de vous asseoir à côté de vos fleurs, de demander à la plante de collaborer avec vous, de lui expliquer ce que vous allez faire. Le Dr Bach passait des heures à parler avec ses plantes. Cela peut paraître un peu farfelu, mais lorsque vous dites de votre voisine « elle a la main verte », « tout ce qu'elle plante pousse mieux que chez moi », elle n'a rien fait d'autre que ça.
3. Versez un litre d'eau dans un grand bol en verre. L'eau vivante (eau de rivière, eau de pluie, rosée) est meilleure que l'eau du robinet.
4. Déposez délicatement à la surface les pétales des fleurs de votre choix. Selon la plante, il peut aussi s'agir de feuilles plutôt que de fleurs.
5. Laissez reposer aux rayons et à la chaleur du Soleil – et à l'abri du vent - pendant au moins trois heures. Il faut un contact direct entre les rayons du soleil et le contenu du bol. Rien ne doit interférer (pas de couvercle, même transparent).
6. Versez 50ml de cette eau dans un flacon de verre en ayant soin de ne pas y mettre de fleurs.
7. Ajoutez 50ml de Brandy, ce qui permet la conservation du produit. Mélangez le tout.
8. C'est prêt ! |
|  Cagliostro gagne à la loterie | La dernière victime de l'Inquisition séjourne à Lyon
20 octobre 1784. Le mage Cagliostro arrive à Lyon et descend à l'hôtel de la Reine. Il avait parcouru l'Europe entière, multipliant les guérisons miraculeuses, soignant les pauvres, effectuant des opérations de haute-magie. Mozart l'immortaliserait bientôt dans sa Flûte Enchantée, sous le nom de Sarastro.
Le mage et les bourgeois
Si certains soyeux craignaient de s'ennuyer, ils se trompaient ! Les disciples lyonnais se cotisent et bâtissent un temple magnifique aux Brotteaux. Le 24 décembre 1784, Cagliostro inaugure le « Rite de la Haute Maçonnerie égyptienne ». Dans sa loge, des évocations sont organisées en présence du duc de Richelieu. Elles culminent dans des visions accessibles à tous. Prost du Royer, chef d'une loge lyonnaise, était mort le 21 septembre de la même année. Qu'à cela ne tienne ! Son fantôme apparut et fut reconnu par les membres de cette loge qui étaient présents. J. B. Delorme, premier d'une longue série, fut guéri d'une maladie incurable. Des enfants devenaient, sous son commandement, capables de la clairvoyance la plus spectaculaire.
Cagliostro et la politique
Mais Cagliostro a la bougeotte. C'est un nomade. Le 27 janvier 1785, il quitte Lyon pour Paris. L'aventure continue. Le 22 août 1785, Cagliostro est arrêté et accusé d'avoir trempé dans l'affaire du collier de la Reine. Il est enfermé à la Bastille. Le 31 mai 1786, il est blanchi et acquitté par le Parlement de Paris. Le roi, désavoué par sa justice, le bannit de France. C'est alors que Cagliostro annonce, trois ans à l'avance, la destruction de la Bastille, la convocation des Etats Généraux et la destruction des lettres de cachet.
L'astrologue et la loterie royale
Londres, 1776. Cagliostro prétend posséder un vieux manuscrit enseignant comment trouver le numéro gagnant d'une loterie. Par calculs astrologiques et non par voyance ! Le prochain tirage de la « Loterie royale d'Angleterre » est fixé au 14 novembre. Cagliostro indique le premier numéro à sortir et les choses se passent selon ses prévisions. Pour le 16 novembre, il recommande le numéro 20. Exact. Pour le 17 novembre, il annonce le numéro 25. Exact. Pour le 18, il désigne les numéros 55 et 57, en quoi il a doublement raison. Puis Cagliostro suspend ses prévisions, au désarroi des proches qui misaient des fortunes de plus en plus grandes. Enfin, cédant à leur insistance, il indique le numéro 8 pour le 7 décembre, ce qui permet à deux proches d'engager toute sa fortune pour l'un (Mary Fry) et de miser une forte somme pour l'autre (Scott). Exact. Par la suite, il se refusa à produire d'autres pronostics. Cinq pronostics (en fait, six numéros) exacts, et aucun échec !
L'aventure finit mal
Tout cela devait mal finir. Le 27 décembre 1789, alors qu'il séjournait à Rome, le pape Pie VI ordonna son arrestation. Le 7 avril 1791, Cagliostro fut condamné à l'emprisonnement perpétuel. Enfermé le 21 avril au fort de San Leo (près de Rimini), il y passa le reste de sa vie dans des conditions ignobles, au fond d'un cachot nommé Il Pozzetto, nom qui signifie quelque chose comme « oubliette », « puits » ou « égout ». Il y mourut le 26 août 1795, deux ans et demi avant l'arrivée des troupes françaises qui firent sauter la forteresse de San Leo. Cagliostro fut peut-être la dernière victime de l'Inquisition. Dans son cachot, qui se visite aujourd'hui, les visiteurs déposent des roses rouges. |
|  Quand couper son bois ? | Si vous voulez que votre charpente dure
A la campagne, nous avons fait refaire la charpente de la maison. Une partie a été réalisée par un artisan local, qui tient compte de la Lune. Une autre partie a été réalisée par des ingénieurs citadins. Conséquence : au fil du temps, la partie réalisée par l'artisan a résisté à tout. La partie réalisée par les ingénieurs a du jeu, a mal résisté à la vermine. Le premier tenait compte de la Lune, pas les seconds.
On ne coupe pas son bois n'importe quand si on souhaite qu'il se conserve. Tous les hommes qui vivent au contact de la nature le savent. Mais nous ne connaissons souvent plus les règles précises. Nous avons perdu leur source. Recherchons-les ensemble.
La configuration astrale qui empêche la corruption
Paracelse (1493-1541) fut un médecin allemand. Pour tout ce qui concerne la transformation de la matière (alchimie), il est le maître incontesté. Il est à l'origine de nos élixirs floraux. L'homéopathie repose sur des principes que nous retrouvons déjà dans ses écrits.
Vous souhaitez conserver longtemps les fleurs et les fruits que vous cueillez ? Vous souhaitez du bois qui dure et qui ne se putréfie pas ? Il existe une configuration idéale pour cela. Il la nomme « temps balsamique ». Le mot « balsamique » signifie ici « qui embaume la chose », qui l'empêche de se corrompre.
Dans son traité DE LA DIFFERENCE DES TEMPS, Paracelse nous révèle cette configuration idéale. C'est-à-dire la meilleure configuration pour que les choses se conservent, pour qu'elles évitent la putréfaction. Si les fruits sont cueillis et coupés pendant la configuration idéale, « ils se conservent beaucoup plus longtemps et pourrissent moins que d'ordinaire ». Pour votre charpente et les travaux du bois : « tout bois qui sera coupé ou abattu dans les signes balsamiques… et sera utilisé pour bâtir ou pour tout autre usage – et non seulement pour être brûlé ou pour faire du feu – on n'y trouvera point de vermine et il ne sera pas habité par les vers ; il ne pourrira point rapidement et durera plus longtemps. » Ce qui est vrai pour le bois l'est enfin pour la terre, lorsqu'il s'agit de poterie ou d'agriculture : « Ainsi aussi faut-il l'entendre avec la glaise, l'argile et pour bêcher la terre. Car une glaise ou une terre qui a été bêchée pendant un temps balsamique est la meilleure qu'on puisse employer au feu, et tous els instruments – creusets et fours – qui sont faits avec elle sont plus valeureux dans le feu. »
Dans l'année, dans le mois, dans la journée
Voilà le secret de cette configuration. Si vous avez le choix de la saison, préférez l'automne : « C'est d'abord, parmi les quatre temps de l'année, l'automne qui est le meilleur ; et, parmi les mois, septembre et octobre. »
Quel moment de la lunaison permet-il la meilleure conservation ? C'est en lune décroissante, pendant les trois jours qui précèdent la nouvelle lune. De préférence au petit matin, avant le lever du soleil. « Si l'on considère la lune, le mieux est le déclin, immédiatement dans les derniers trois jours et au petit matin dans le commencement du jour… Et chaque fruit qui a été cueilli après minuit ou avant le lever du soleil se maintient le plus longtemps. »
Sans rien connaître à l'astrologie, vous pouvez respecter les règles qui précèdent. Pour le choix de la saison, c'est simple. Pour la lune, il suffit de se rappeler que la nouvelle lune, c'est le rond noir sur les agendas.
La règle qui suit demande une petite connaissance de la science des astres. Si vous avez le choix du signe du zodiaque, la lune décroissante est encore plus efficace quand elle traverse un signe de Terre (Taureau, Vierge, Capricorne). « Car en ces temps, il n'y a pas de luxuriance ou trop d'humidité dans tous les fruits et toutes les plantes de la terre, luxuriance et humidité qui sont cause de pourriture et de déperdition de force. »
Récapitulons sous la forme d‘un petit tableau. |
| | Des histoires de bonne femme ?
Vous n'y croyez pas ? Paracelse vous lance un défi : « Mais pour que tu voies que cela est vrai, apprends-le par un exemple : coupe un morceau de bois d'un arbre, quand celui-ci est encore en terre, en un temps balsamique, comme susdit ; puis dans un autre temps qui est contraire (dans un signe d'air ou d'eau, comme les Gémeaux, la Balance, le Verseau, le Cancer, le Scorpion ou les Poissons ; ou bien dans la lune ascendante, ou dans la nouvelle lune ; ou bien encore pendant la journée, après midi, ou quand le soleil se couche) coupe aussi une branche du même arbre, de taille identique… Autrement dit, si vous estimez que ces règles n'ont aucune valeur et si vous êtes en train de construire (ou restaurer votre maison), prenez-les à contrepied pour votre charpente. Chiche ! |
|  Sédir : AXIOMES HERMÉTIQUES | Extraits de La Véritable alchimie des Rose-Croix de Mathadamus.
1. - Tout ce qu'on peut accomplir par une méthode simple ne doit pas être essayé par une méthode compliquée.
Il n'y a qu'une seule Vérité dont l'existence n'a pas besoin de preuve, parce qu'elle est elle-même sa propre preuve pour ceux qui sont à même de la percevoir. Pourquoi se servir de la complexité pour chercher ce qui est simple ? Les sages disent : « Ignis et Azoth tibi sufficiunt ». Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu'il vous faut, c'est le feu et l'air.
2. - Nulle substance ne peut être rendue parfaite sans une longue souffrance.
Grande est l'erreur de ceux qui s'imaginent que la pierre des philosophes peut être durcie sans avoir été préalablement dissoute ; leur temps et leur travail sont perdus.
3. - La nature doit être aidée par l'art toutes les fois qu'elle manque de force.
L'art peut servir la nature, mais non la supplanter. L'art sans la nature est toujours anti-naturel. La nature sans l'art nest pas toujours parfaite.
4. - La nature ne peut être améliorée qu'en elle-même.
La nature d'un arbre ne peut pas être changée par l'arrangement des branches, ni par l'addition d'ornements ; il ne peut être amélioré qu'en perfectionnant le sol sur lequel il croît, ou par la greffe.
5. - La nature use de la nature, la comprend et la vainc.
Il n'y a point d'autre connaissance que la connaissance de soi-même. Tout être ne peut réaliser vraiment que sa propre existence, mais non celle d'un élément qui lui est totalement étranger.
6. - Celui qui ne connaît pas le mouvement ne connaît pas la nature.
La nature est le produit du mouvement. Au moment où le mouvement éternel cesserait, la nature entière cesserait d'exister. Celui qui ne connaît pas les mouvements qui se produisent dans son corps est un étranger dans sa propre maison.
7. - Tout ce qui produit un effet pareil à celui produit par un élément composé est également un composé.
L'Un est plus grand que tous les autres nombres, car il a produit l'infinie variété des grandeurs mathématiques ; mais nul changement n'est possible sans la présence de l'Un qui pénètre toutes choses, et dont les facultés sont présentes dans ses manifestations.
8. - Rien ne peut passer d'un extrême à l'autre sauf à l'aide d'un moyen.
Un animal ne peut pas arriver au céleste avant d'avoir passé par l'homme. Ce qui est antinaturel doit devenir naturel avant que sa nature puisse devenir spirituelle.
9. - Les métaux ne peuvent pas se changer en d'autres métaux avant d'avoir été réduits à la prima materia.
La volonté propre, opposée à la volonté divine, doit cesser d'être pour que la volonté divine puisse envahir le coeur. Nous devons nous dépouiller de toute sophistication, devenir semblables à des enfants, pour que la parole de sagesse puisse retentir dans notre esprit.
10. - Ce qui n'est pas mûr doit être aidé par ce qui est parvenu à maturité.
Ainsi commencera la fermentation. La loi de l'induction régit toutes les régions de la nature.
11. - Dans la calcination, le corps ne se réduit pas, mais il augmente de quantité.
Le véritable ascétisme consiste à abandonner ce dont on n'a pas besoin, lorsqu'on a reçu quelque chose de meilleur.
12. - Dans l'alchimie, rien ne porte de fruit sans avoir été préalablement mortifié.
La lumière ne peut pas luire à travers la matière, si la matière n'est pas devenue assez subtile pour laisser passer les rayons.
13. - Ce qui tue produit la vie ; ce qui cause la mort amène la résurrection ; ce qui détruit crée.
Rien ne sort de rien. La création d'une forme nouvelle à pour condition la transformation de l'ancienne.
14. - Tout ce qui renferme une semence peut être augmenté, mais point sans l'aide de la nature.
Ce n'est qu'au moyen de la graine que le fruit portant des graines plus nombreuses vient à la vie.
15. Toute chose se multiplie et s'augmente au moyen d'un principe masculin et d'un principe féminin.
La matière ne produit rien si elle n'est pénétrée par la force. La nature ne crée rien si elle n'est imprégnée par l'esprit. La pensée reste improductive si elle n'est rendue active par la volonté.
16. - La faculté de tout germe est de s'unir à tout ce qui fait partie de son royaume.
Tout être dans la nature est attiré par sa propre nature représentée dans d'autres êtres. Les couleurs et les sons de nature semblable forment des accords harmonieux ; les substances qui ont des rapports les unes avec les autres peuvent se combiner ; les animaux de la même espèce s'associent entre eux, et les puissances spirituelles s'unissent aux germes avec lesquels elles ont de l'affinité.
17. - Une matrice pure donne naissance à un fruit pur.
Ce n'est que dans le sanctuaire le plus intime de l'âme que se révèlera le mystère de l'esprit.
18. - Le feu et la chaleur ne peuvent être produits que par le mouvement.
La stagnation, c'est la mort. La pierre jetée dans l'eau forme des cercles excentriques progressifs, qui sont produits par le mouvement. L'âme qui ne s'émeut pas ne peut point s'élever et se pétrifie.
19. - Toute la méthode commence et finit par une seule méthode : la cuisson.
Voici le grand arcane : c'est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, et qui est rendu parfait dans l'objet saturnin par une cuisson continuelle, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'état de sublimation et la puissance nécessaires pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s'accomplit par le feu hermétique. La séparation du subtil d'avec l'épais doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l'eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués et rendus mobiles. Continue cette méthode jusqu'à ce que l'âme séparée soit réunie au corps.
20. - L'oeuvre entière s'accomplit en employant uniquement de l'eau.
C'est la même eau que celle sur laquelle se mouvait l'Esprit de Dieu dans le principe, lorsque les ténèbres étaient sur la face de l'abîme.
21. - Toute chose doit retourner à ce qui l'a produite.
Ce qui est terrestre vient de la terre ; ce qui appartient aux astres provient des astres ; ce qui est spirituel procède de l'Esprit et retourne à Dieu.
22. - Où les vrais principes manquent, les résultats sont imparfaits.
Les imitations ne sauraient donner des résultats purs. L'amour purement imaginaire, la sagesse comme la force purement imaginaires ne peuvent avoir d'effet que dans le royaume des illusions.
23. - L'art commence où la nature cesse d'agir.
L'art accomplit au moyen de la nature ce que la nature est incapable d'accomplir sans l'aide de l'art.
24. - L'art hermétique ne s'atteint pas par une grande variété de méthodes. La Pierre est une.
II n'y a qu'une seule vérité éternelle, immuable. Elle peut apparaître sous maints différents aspects : mais, dans ce cas, ce n'est pas la vérité qui change, c'est nous qui changeons notre mode de conception.
25. - La substance qui sert à préparer l'Arcanum doit être pure, indestructible et incombustible.
Elle doit être pure d'éléments matériels grossiers, inattaquable au doute et à l'épreuve du feu des passions.
26. - Ne cherche pas le germe de la pierre des philosophes dans les éléments.
C'est seulement au centre du fruit qu'on peut trouver le germe.
27. - La substance de la pierre des philosophes est mercurielle.
Le sage la cherche dans le mercure ; le fou cherche à la créer dans la vacuité de son propre cerveau.
28. - Le germe des métaux se trouve dans les métaux, et les métaux naissent d'eux-mêmes.
La croissance des métaux est très lente ; mais on peut la hâter en y ajoutant la patience.
29. - N'emploie que des métaux parfaits.
Le mercure imparfait, tel qu'on le trouve ordinairement dans certaines contrées de l'Europe, est tout à fait inutile pour cette oeuvre. La sagesse du monde est folie aux yeux du Seigneur.
30. - Ce qui est grossier et épais doit être rendu subtil et fin par calcination.
Ceci est une opération très pénible et très lente, parce qu'elle est nécessaire pour arracher la racine même du mal ; elle fait saigner le coeur et gémir la nature torturée.
31. - Le fondement de cet art consiste à réduire les Corpora en Argentum Vivum.
C'est la Solutio Sulphuris Sapientium in Mercurio. Une science dépourvue de vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n'est qu'une lumière fausse et empruntée.
32. - Dans la solution, le dissolvant et la dissolution doivent rester ensemble.
Le feu et l'eau doivent être rendus aptes à se combiner. L'intelligence et l'amour doivent rester à jamais unis.
33. - Si la semence n'est pas traitée par la chaleur et l'humidité, elle devient inutile.
La froidure contracte le coeur et la sécheresse l'endurcit, mais le feu de l'amour divin le dilate, et l'eau de l'intelligence dissout le résidu.
34. - La terre ne produit nul fruit sans une humidité continue.
Nulle révélation n'a lieu dans les ténèbres si ce n'est au moyen de la lumière.
35. - L'humectation a lieu par l'eau, avec laquelle elle a beaucoup d'affinité.
Le corps lui-même est un produit de la pensée, et a pour cette raison la plus grande affinité avec l'intelligence
36. - Toute chose sèche tend naturellement à attirer l'humidité dont elle a besoin pour devenir complète en sa constitution.
L'Un, de qui sont sorties toutes choses, est parfait ; et c'est pourquoi celles-ci renferment en elles-mêmes la tendance à la perfection et la possibilité d'y atteindre.
37. - Une semence est inutile et impuissante, si elle n'est mise dans une matrice appropriée.
Une âme ne peut pas se développer et progresser sans un corps approprié, parce que c'est le corps physique qui fournit la matière nécessaire à son développement.
38. - La chaleur active produit la couleur noire dans ce qui est humide ; dans tout ce qui est sec, la couleur blanche ; et, dans tout ce qui est blanc, la couleur jaune.
D'abord vient la mortification, puis la calcination, et ensuite l'éclat doré produit par la lumière du feu sacré qui illumine l'âme purifiée.
39. - Le feu doit être modéré, ininterrompu, lent, égal, humide, chaud, blanc, léger, embrassant toutes choses, renfermé, pénétrant, vivant, intarissable, et le seul employé par la nature.
C'est le feu qui descend des cieux pour bénir toute l'humanité.
40. - Toutes les opérations doivent être faites dans un seul vaisseau et sans le retirer du feu.
La substance employée pour la préparation de la pierre des philosophes doit être rassemblée en un seul lieu et ne doit pas être dispersée en plusieurs lieux. Quand une fois l'or a perdu son éclat, il est difficile de le lui rendre
41. - Le vaisseau doit être bien clos, en sorte que l'eau ne s'en échappe pas ; il doit être scellé hermétiquement, parce que, si l'esprit trouvait une fissure pour s'échapper, la force serait perdue : et en outre il doit être bien clos, afin que rien d'étranger et d'impur ne puisse s'introduire et s'y mélanger.
II doit toujours y avoir à la porte du laboratoire une sentinelle armée d'un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs, et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d'être admis.
42. - N'ouvrez pas le vaisseau avant que l'humectation soit achevée.
Si le vaisseau est ouvert prématurément, la plus grande partie du travail est perdue.
43. - Plus la pierre est alimentée et nourrie, plus la volonté s'accroîtra.
La sagesse divine est inépuisable ; seule est limitée la faculté de réceptivité de la forme. |
|  Lumen de lumine | Thomas Vaughan (1622-1666)
« En une époque plus savante du monde, lorsque la magie était mieux et plus généralement comprise, les professeurs de cet art la divisaient en trois parties : élémentale, céleste et spirituelle. La partie élémentale contenait tous les secrets de la physique, la céleste ceux de l'astrologie, et la spirituelle ceux du divin. Chacune de ces parties en elle-même n'était qu'une branche, ou membre, mais une fois toutes trois réunies, elles étaient les Pandectes de la science. Or aujourd'hui, en celles-ci, personne ne peut te montrer aucune physique ou astrologie réelle; de plus, ils n'ont même pas une langue ni un livre concernant le divin.
La raison en est celle-ci : au cours du temps, ces trois sciences – qui n'opèrent pas de miracles sans union mutuelle et essentielle – furent, par mauvaise interprétation, démembrées et séparées, si bien que chacune d'elles fut considérée comme une faculté en soi. Or Dieu a uni ces trois choses en un sujet naturel, alors que l'homme les a séparées et placées en aucun sujet, sinon dans son propre cerveau, où elles sont demeurées sous forme de mots et d'imagination, et non en éléments substantiels et en vérité. Dans cet état, les sciences devinrent mortes et vaines, elles ne produisirent rien que du bruit puisqu'elles étaient séparées – comme si tu démembrais un homme et que tu t'attendais à ce qu'une partie effectue ces actions que faisait la totalité quand il était en vie. » |
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