Secrets des grands astrologues

Varaha Mihira

fondateur de l'astrologie indienne


Chaque type d'astrologie a connu ses grands fondateurs. L'un des deux plus grands noms de l'astrologie de l'Inde est Varaha Mihira. Il vécut au début du VIe siècle de notre ère. Le nom « Varaha Mihira » signifie « sanglier sauvage ». La manière dont l'empereur du moment lui attribua ce nom nous vaut une grande leçon d'astrologie.

L'empire avait le sanglier pour emblème. Sur la couronne royale, un sanglier de pierres précieuses étincelait. La reine mit au monde un enfant. Interrogé par le roi, l'astrologue annonça que le prince serait tué par un sanglier dans sa dix-huitième année. Il indiqua le jour et l'heure exacts. Les années passèrent…

L'empereur fit tout pour empêcher la réalisation du pronostic. Un grand palais fut bâti, gardé par les meilleurs guerriers. Il était interdit au prince de se déplacer ; même un chat n'aurait pu entrer ou sortir. Le prince résidait au 7e étage du palais.

Le jour venu, les messagers apportèrent des nouvelles de façon ininterrompue. A l'heure où le pronostic devait s'accomplir, un messager confirma que tout était paisible. L'astrologue affirma que l'heure étant passée, le prince était mort. L'empereur et sa garde allèrent au palais du prince. Chaque étage était paisible. Au septième étage, les compagnons du prince jouaient aux cartes. Le prince était allé sur la terrasse prendre l'air. Il avait donné ses cartes à un compagnon qui jouait pour lui. Le roi se précipita sur la terrasse. Là, il découvrit le corps du prince, gisant dans un bain de sang. Il avait été tué et défiguré par les mâchoires d'un sanglier de métal. L'architecte avait fixé sur le mat central cet emblème royal qu'on trouvait un peu partout. Personne n'y avait prêté attention. Près du mas, une couche permettait de s'étendre. Le prince s'y était reposé. A l'heure fatale, un grand vent s'était levé, mettant à bas le sanglier métallique, tuant le prince. La présence des coussins avait étouffé le bruit.

L'empereur prit le sanglier de pierres précieuses qui ornait sa couronne et le fixa sur le front de l'astrologue.

La première leçon de l'histoire nous est donnée par Varaha Mihira ; il était assuré de son pronostic car sa pratique de la prière et de la méditation avaient développé en lui le lien avec de puissantes capacités spirituelles.

La seconde leçon de l'histoire permet de comprendre qu'un astre n'exerce pas d'influence physique. C'est un symbole. Il dicte la forme de l'événement, pas sa matière. Lorsque le temps est venu, ce symbole se manifeste selon les formes disponibles. Nous pouvons modifier complètement la forme que prendra un événement. Mais le symbole s'exprimera sous une forme différente, conforme aux conditions du moment.

Bonatti :

L'astrologue en enfer

L'astrologie arabe

Les signes du zodiaque se retrouvent dans les rosaces des cathédrales. Mais le Moyen-Age chrétien s'est peu occupé d'astrologie pratique. On n'y trouvait guère d'astrologues interprétant des thèmes.

Il en allait tout autrement du monde arabe. Dès les IXe et Xe siècle, cette civilisation traduisit les textes grecs en arabe. Ce qui conduisit à une nouvelle floraison de notre art. Dans la civilisation arabe, nombre d'astrologues n'étaient pas musulmans (beaucoup étaient chrétiens ou juifs).

L'astrologie passe dans la chrétienté

La civilisation arabe a occupé une partie de l'Europe pendant plusieurs siècles. Dont le sud de l'Espagne pendant sept ou huit siècles. Les érudits chrétiens sont allés s'instruire dans ces universités du sud de l'Europe (Cordoue, Tolède) ou de l'Afrique du nord (Fez).

C'est ainsi qu'au XIIIe siècle, Guido Bonatti rédigea une grande synthèse de l'astrologie arabe de cette époque. Son traité avait pour titre Liber astronomiae. Rédigé en latin, il fut une référence pour tous les astrologues qui suivirent. Aujourd'hui encore, surtout quand ils pratiquent l'astrologie horaire, les astrologues utilisent les règles transmises par Bonatti.

Quand Bonatti sonnait la cloche

La carrière de Bonatti fut longue et pleine de succès. Le plus grand fut la défense de Forli en 1282. A cette époque, Bonatti s'était attaché au commandant militaire de la ville, Guido de Montefeltro.

Bonatti déterminait avec précision l'heure à laquelle Montefeltro devait lancer ses attaques. Le jour venu, il montait à la tour de San Mercuriale et sonnait trois fois la cloche. Le premier coup annonçait le moment de mettre les armes. Le second coup annonçait le moment de monter en selle. Le dernier coup annonçait le départ. Ces expéditions étaient couronnées d'un tel succès qu'au bout d'un certain temps le pape Martin IV dut envoyer une armée entière soumettre Forli.

Bonatti va en enfer

Tout le monde connaît La Divine Comédie de Dante. Dans ce poème, Dante décrit sa visite aux enfers. Il en profite pour y placer divers personnages (dont quelques papes et prélats). Mais il y rencontre aussi Bonatti. Bonatti y avait un corps normal, mais sa tête était tournée à 180° et regardait vers l'arrière. Tel était le châtiment que lui infligea le diable pour le punir d'avoir trop étudié l'avenir !

François de Bonatis : Des Directions

Je ne veux point discuter des mouvements des corps célestes, de leurs inégalités apparentes, de la forme de leurs orbites et du mouvement du Premier Mobile. Je ne veux point savoir si nous sommes ou non le centre du Monde, ni ajouter aux inimaginables discussions qui ont lieu à ce sujet. Seule l'apparence que nous avons des astres mérite notre observation et notre étude, leurs aspects n'ayant d'efficacité qu'en raison de celle-ci. C'est à partir de ces apparentes que les directions sont calculées. Les déplacements de chacun des astres, partant des données naturelles de l'instant de la naissance, doivent avoir lieu selon leurs mouvements naturels et non par des moyens imaginaires comme beaucoup d'imposteurs ont voulu le faire.
Parmi ces fictions, un bel exemple est celui des Directions Primaires où le significateur, restant immobile dans le Monde, se déplace d'Occident en Orient par rapport au Premier Mobile et où le prometteur se déplace par rapport au Monde d'Orient en Occident, tout en restant immobile sur le Premier Mobile; le contraire ayant lieu en directions converses. Tout ceci est absurde car il est contre la raison de renverser l'ordre du Ciel. La démonstration en est facile : Tous les astres sans nul doute continuent à se déplacer après la naissance, chacun avec son mouvement particulier tant dans le Zodiaque que dans le Monde. Il est donc illogique de décider au hasard que certaines planètes seront immobiles dans le Zodiaque tandis que d'autres le seront dans le Monde. Par suite, tout ce que l'on enseigne au sujet des Directions est faux. Tous les calculs inventés pour prédire les événements sont faux. Diriger une cuspide vers un astre ou une planète vers une cuspide est illogique puisque ces lignes, introduites pour opérer les divisions, sont imaginaires. Elles ne doivent être prises en considération que si une planète s'y trouve ou si, dans le .cas de l'AS ou du MC, un corps céleste est symétrique d'un autre par rapport à ces lignes. Ainsi les Directions de maisons n'ont aucune existence réelle. Et pourtant elles semblent apparaître dans nos Directions; mais leurs déplacements dans celles-ci n'ont pas lieu arbitrairement, mais par suite du mouvement diurne réel du Soleil.
La direction Lunaire suivant laquelle on déplace la Lune journellement d'un degré comme on le fait pour le Soleil est également contraire à la nature et aux faits, car c'est un fait que la Lune parcourt environ 14° pendant que le Soleil en parcourt un seul. Comment donc se fier à cette direction? Toutes ces sornettes ont été inventées pour concorder avec certains événements. Mais comme de nombreuses prédictions ne s'accomplirent point, on multiplia à l' infini le nombre des facteurs, ce qui est vraiment ridicule: ainsi on raccourcit la vie du fait d'un carré ou d'une opposition à l'Ascendant ou au MC provenant d'un maléfique et même d'un non maléfique, comme le Soleil, alors que celui-ci a été constitué en donneur de vie. Ils ont fait anérètes la Maison IV et la Maison VIII quand les luminaires s'y trouvent. Quoi encore? Ils ont fait Jupiter donneur de mort. C'est ce qu'a fait Argole dans le thème de Jean Columna, Patriarche de Jérusalem. Il dirigea Jupiter au carré de l'Ascendant et en déduisit la mort de celui-ci. Quoi de plus inconsistant, de plus absurde? Placide de Titis, qui pourtant ne rejette rien des théories antérieures à lui, note cette idiotie dans son « Primum mobile ». Je ne nierai pas cependant que parfois un bénéfique puisse devenir maléfique, mais s'il ne blesse pas un Luminaire il ne peut être anérète, ni annoncer du mal par un seul mauvais aspect. « Le Bon donne toujours le bon, à moins d'être corrompu par le Mal. »
Si je voulais récuser une à une toutes ces sottises, je devrais revoir toute l'œuvre astrologique. Ceci n'est point mon affaire et je passe. Mais je dois certifier cependant que pour les thèmes transmis par Argole et autres professeurs, ceux-ci dans leur examen des directions mortelles, utilisent des facteurs le plus souvent contraires à la raison et aux fondements de l'Astrologie. Mon maître, le très éminent Gonfalonerius, si le temps le lui permettait, ferait l'examen de tous ces thèmes et montrerait comment ces Anciens se sont écartés des véritables causes. Au moment de la mort, on doit se rapporter à l'affliction des Luminaires et non à 600 inventions dont les règles ont été forgées pour les besoins de la cause.

Les Directions que Placide appelle secondaires (et qu'il aurait dû nommer primaires, car ce sont les seules réelles) furent en partie élucidées par son esprit si pénétrant. Toutefois il n'en fut pas l'inventeur, car pour moi, el1es remontent à la plus haute antiquité. Julius Firmicus Maternus en examinant dans son ouvrage le thème de Lolianus, y fait en effet allusion. Il écrit:
« Mais ensuite l'influence bénéfique de Jupiter commença à diminuer parce que la Lune constituée en Lion envoya une opposition à Mars le 3me jour après la naissance. » Origanus effleure le sujet mais confusément et indirectement dans son « Astrologie Naturelle », livre IV, chap. 2 . Il n'est pas étonnant d'ailleurs qu'il nous reste si peu de choses car le temps consume tout comme le chante Frascatorius :

parce que la longue vétusté
s'abattant quelque part, efface et les choses et les noms;
les descendants ne pouvant connaître les tombeaux des ancêtres.

Gonfalonerius les a exhumées, après une compilation très sérieuse, les a rédigées selon l'ordre naturel qui présida à l'érection de cette machine d'Archimède où tous les mouvements célestes étaient représentés. Ce qui. fut quelquefois revit; rien de nouveau sous le Soleil.

Un temps viendra où dans la nuit noire, gisante, elle dormira
Livrée à la mort; puis de nouveau après de longs siècles
Pareille à elle-même elle resurgira: elle reverra le ciel et les vents
Et de nouveau l'époque l'admirera.
FRASCATORIUS

De même dans nos directions, on retrouve tous les mouvements qui se succèdent naturellement après la naissance. On y découvre même toutes les inventions que nous avons passées en revue mais avec cette différence que ni les prometteurs, ni les significateurs ne sont constitués immobiles. Ici aucune fiction, tout est conforme à la nature et à la raison.

En les examinant bien, nous voyons en quoi elles se différencient. Alors que les anciennes reposent sur diverses méthodes différentes, les nôtres constituent un seul ensemble où même les directions que l'on nomme primaires sont comprises... Je vais indiquer comment on doit les calculer, sans toutefois entrer par trop dans les détails, car pour cela il faudrait tout un volume.
Supposons le thème radical exactement calculé à l'aide de tables récentes et précises. Supposons également que la véritable rectification ait été faite (nous. en parlerons dans un autre chapitre ainsi que de l'heure estimée). TOUTES LES CONFIGURATIONS PLANETAIRES QUI SUIVENT L'HEURE ET LE JOUR DE LA NAISSANCE CONSTITUENT LES DIRECTIONS EN QUESTION. LES JOURS SUCCESSIFS CORRESPONDENT AUX ANNEES SUCCESSIVES ET LES FRACTIONS DE JOURS AUX PORTIONS D'ANNEES. C'est ce qu'affirme Galenus lorsqu'il dit: « Les parties du jour naturel correspondent aux parties de l'année. » Toutes les configurations qui ont lieu un .jour donné pour les Luminaires ou les Angles agissent au cours de l'année correspondante; en remarquant bien que les planètes calculées pour le jour suivant à l'heure de la naissance correspondent à 1' année suivante et que puisque 24 heures sont attribuées à l'année, deux heures correspondent à un mois. Ainsi donc chaque fois que de bons aspects se produisent sur les luminaires ou entre les planètes, ils annoncent de bons événements, ou s'ils sont mauvais, de fâcheux. C'est cette analogie des années au jour qui a dû conduire à la notion d'année climatérique car la Lune, lorsqu'elle parvient à ses carrés et à son opposition avec sa position de naissance, marque les années climatériques et ce qui en dépend. Et si à ce moment-là elle tombe en mauvais aspect avec les maléfiques, et que le Soleil soit en même temps maléficié, l'on doit craindre très sérieusement pour la vie du natif puisque la Lune est la cause déterminante.
LES ASPECTS QUI SUIVENT LA NAISSANCE DU NÉ ANNONCENT ET REGLENT A L'AVANCE TOUS LES BONS ET MAUVAIS EVENEMENTS DE SA VIE. MAIS ILS NE PRODUISENT AUCUN EFFET TANT QUE LE MOMENT N'EST PAS ARRIVÉ. Les aspects ne jouant qu'au temps fixé, l'enfant ne subit donc pas ceux qui se produisent durant les jours suivant sa naissance, mais il en reçoit l'empreinte de telle sorte qu'en leur temps ils produiront l'effet déterminé. Plus les aspects s'éloignent de la naissance, plus ils sont imparfaits et plus de temps sera nécessaire pour qu'ils viennent à échéance. Nous savons en effet que les semences peuvent germer subitement mais qu'elles ne mûrissent que peu à peu au temps prédéterminé par le Soleil et par les planètes. Et pourtant ici dès le début toute la substance était présente mais pas encore arrivée à maturité et ce n'est que lentement qu'elle est conduite vers la perfection au jour indiqué. Comme le dit Jean Nardin: « Où se trouve, au nom du Ciel, la joie cachée? Les fruits verts, si tu les mords ne te livreront que de l'amertume. J'ai vu l'action persévérante et émolliente du Feu adoucir souvent les « sucs amers et les transformer en nectar. » Les Astres n'opèrent pas différemment chez le Natif. Nous subirons en temps donné les événements conformes à notre âge et à notre tempérament qui, s'ils sont défavorables, détruiront notre vie; s'ils sont favorables, la fortifieront. Toutes ces directions sont soit en accord soit en désaccord avec le Radix, d'où la qualité des effets.
Toutes les impressions et toutes les mesures des Astres, principalement celles du Soleil que nous avons pris comme loi, nous les ramenons à son mouvement, car l'influx solaire est très puissant sur le tempérament du natif. Son empreinte est la plus forte et par elles ses tendances générales peuvent être connues car C'EST D'APRES LA POSITION DU SOLEIL EN MAISON QUE L'ON DOIT CONSIDERER TOUS LES ASPECTS TANT SUR LE PREMIER MOBILE QUE DANS LE MONDE.
LE LIEU DU MONDE OU LE SOLEIL SE TROUVE AU MOMENT DE LA NAISSANCE A UNE GROSSE INFLUENCE, ET CHAQUE FOIS QUE AU SECOND JOUR OU AUX JOURS SUIVANTS, IL REPASSERA SUR CE POINT (LES ARCS ETANT PROPORTIONNELS) , IL REVEILLERA LA QUALITÉ DONNÉE PAR LA PREMIERE POSITION ET LA POUSSERA A SE MANIFESTER EN RAPPORT A SES ASPECTS ET A CEUX DES AUTRES PLANETES. C'EST POURQUOI IL DOIT ETRE TOUJOURS GARDÉ DANS LES DIRECTIONS A LA MEME POSITION MONDIALE POURVU. QU'IL Y PARVIENNE D'UN MOUVEMENT NATUREL ET RÉEL A L'HEURE DE LA NAISSANCE ET APRES UNE OU PLUSIEURS REVOLUTIONS DIURNES.
SI LORS DE CE RETOUR DU SOLEIL A SA POSITION MONDIALE RADICALE, IL SE PRODUIT DANS LE ZODIAQUE OU DANS LE MONDE DES ASPECTS PLANETAIRES, CEUX- CI S'ETANT PRODUITS A L'HEURE DE LA NAISSANCE AURONT UNE IMPORTANCE CONSIDERABLE AUX ANNEES CORRESPONDANTES DE LA V.IE DU NATIF. Les exemples qui suivent mettront cela en évidence et montreront en outre, à quiconque le désire, la façon d'opérer.
Si à quelques-uns ce que je viens de dire paraît obscur, cela n'est point ma faute, mais celle du lecteur. Mon rôle n'est point de rentrer dans des explications détaillées. Il suffit d'avoir exposé les règles principales des choses cachées. La doctrine est latente au cours de ce chapitre, mais il serait choquant que tout ce qui a été acquis par mon maître au cours d'un énorme travail soit livré à n'importe qui. D'ailleurs le fait regrettable de philosopher en public entraîne le mépris des choses divines. Nicêphore Grégoire le montre bien en nous contant que, lorsqu'il apprit l'Astronomie auprès de Théodore Métochite, celui-ci ne lui livra pas au début toute sa science, car le professeur n'avait pas encore reconnu les dispositions de son élève. Les maîtres ont toujours usé de la plus grande réserve en communiquant les arcanes de leur science. Strabon, au sujet des prêtres égyptiens, écrit:
« Ces prêtres très savants dans les choses célestes, conservaient ces arcanes et ne voulaient les communiquer à personne; cependant, vaincus par le temps et les demandes réitérées, ils révélèrent quelques sentences, mais en occultèrent de nombreuses. »
Ce que je viens de rédiger brièvement, je n'en suis ni le découvreur, ni l'auteur. Si je n'en dis pas davantage, ce n'est pas pour cacher mes connaissances, mais par révérence pour mon maître.

François de Bonatis : De la rectification des thèmes ...

CHAPITRE VIII
DE LA RECTIFICATION DES THEMES ET DE L'INCERTITUDE DES HEURES ENREGISTREES


Dans les génitures, deux choses sont essentielles aux yeux des astrologues, d'abord le moment de la fécondation, ensuite celui où l'enfant sort du sein maternel. Nous ne possédons qu'une certitude très relative à l'égard du second, et, quoiqu'en aient pu écrire Hermès et les autres, nous ne voulons tenir aucun compte du premier, du fait de son incertitude que nous considérons comme absolue, car nous ignorons comment se forme l'embryon. C'est aux médecins et à ceux qui étudient le corps humain d'en découvrir le processus; et en attendant les règles données pour en déterminer l'instant sont des plus discutables.

Ce serait déjà une base rare et inestimable que de connaître exactement l'instant de la naissance Malheureusement sa connaissance dépend de la médiocrité des horloges. Comme le dit Ptolémée : «Personne ne peut être assuré de l'heure exacte, à moins de s'être servi d'un astrolabe, et, même dans ce cas, des erreurs sont possibles du fait de l'imperfection de l' instrument.» Les cadrans solaires, par suite de leur inclinaison plus ou moins exacte et de leurs déformations, indiquent des heures erronées. Les horloges publiques, qui sonnent dans les villes, sont. encore plus fausses car leurs gardiens très négligents remontent les poids n'importe quand; et il y a bien d'autres causes dont il faudrait tenir compte. Il est donc très difficile de noter non seulement le moment mais même l'heure approximative de la naissance.

D'ailleurs, quels sont ceux qui notent avec soin l'heure d'arrivée de leurs enfants, soit avec l'astrolabe, soit autrement ? Ils sont bien peu en dehors des princes ou des mathématiciens. C'est cependant une coutume, même dans le peuple, d'y porter attention; mais c'est d'une manière si fruste et si absurde! Tantôt il s'agit de l'heure entendue avant l'accouchement, tantôt de celle entendue après; et soit l'une soit l'autre est portée au registre de baptême.

Pour ma propre naissance, ma mère m'a dit que j'étais né à la troisième heure de la nuit; mais c'était l'heure qu'elle avait entendu sonner quand elle reposait dans son lit après les épreuves de l'accouchement. J'ai calculé mon thème pour cette troisième heure et n'y ai rien trouvé qui ait pu, donner l'impulsion à ma venue au monde. C'est pourquoi, les planètes étant bien examinées, le soleil étant bien aspecté par les bénéfiques et la Lune dans l'angle occidental,. j'ai pensé que, de toute nécessité et selon les Lois naturelles, ce dernier luminaire avait donné l'impulsion à ma naissance quand il se trouvait à la même distance que le Soleil, l'un du MC, l'autre du fond du ciel; ce qui donnait 6 h. 37 m. 36 s. après midi, soit 2 h. 16 minutes de l'horloge. Cette rectification s'est prouvée par la suite des plus exactes.

Ma mère avait entendu sonner 3 h. reposant sur son lit; si nous supputons le temps écoulé entre ma naissance et son transfert, il n'est pas étonnant qu'il se soit passé 44 minutes. On voit par mon proprè exemple comment les autres nativités doivent être examinées.
Beaucoup de choses ont .été proposées ou inventées pour retrouver l'heure exacte de naissance; la seule qui importe, répétons-le, étant donné l'incertitude de celle de conception. Mais, sans aucun doute, quand le temps est Venu où, après parfaite maturation, nous devions venir au monde, cela doit se produire grâce à une impulsion céleste douée d'une très grande vitesse; et il ne faut pas la rechercher ailleurs que dans le mouvement diurne des corps célestes.
La rectificafion proposée par Ptolémée, n'est conforme, ni à la raison, ni à l'expérience. Il veut que l'on se réfère à la conjonction ou à l'.opposition des luminaires qui précédaient la naissance et, dans celle-ci, à la planète qui aurait eu le plus de dignités, soit au lieu de la conjonction, soit au lieu, du luminaire se trouvant au-dessus de la terre dans le cas d'une opposition. On devrait alors placer à l'Ascendant ou au Milieu du Ciel un même degré que celui où se trouve cette planète, ce degré étant pris le plus proche possible de l'axe considéré.
Primo: Ce mode de rectification est absolument imaginaire, car il tient compte de configurations passées; et ce qui eut lieu avant la naissance de l'enfant n'a pu l'influencer que très faiblement.
Secundo: La planète en question peut être une maléfique et par suite ne peut être employée à la détermination et à la protection de la vie. Ce serait contraire à l'ordre de la nature, car lorsque les maléfiques sont à la base d'une naissance, l'enfant meurt immédiatement ou très rapidement.
Tertio: C'est tout à fait accidentellement que ces degrés se trouvent près du MC ou de l'AS.
Quarto: Il est impossible qu'un enfant naisse sans une cause spontanée et rapide que l'on ne peut déduire des mouvements dans le Zodiaque étant donné leur lenteur. C'est donc de toute nécessité que le déclenchement de la naissance soit dû à des rapports créés par des mouvements diurnes.
A notre avis, la naissance doit avoir lieu quand une des planètes se trouve en position symétrique du Soleil par rapport à l'un des angles et forme ainsi la croix égale du temps. Si cette symétrie n'est pas possible, nous devons placer à distance égale de deux quelconques des Angles un luminaire et une planète, ou les deux luminaires.
Cette rectification donne des résultats très sûrs et conformes au bon sens. Elle est naturelle et très simple; toute nativité où on ne pourrait la rencontrer ne pourrait avoir lieu et le fœtus ne viendrait à la lumière que mort. On constate d'ailleurs qu'une fois cette rectification effectuée, les directions concordent avec les événements.
Nous préférons ce système à celui basé sur les faits de l'existence, car ceux-ci sont rarement notés avec exactitude et que, n'ayant pas seulement à étudier des thèmes de vieillards ou d'adultes, nous ne disposons pas toujours de faits notables.
En conclusion, nous rejetons donc la méthode de Ptolémée comme fausse (c'est d'ailleurs également l'avis d'Argole et de Firmianus) et celle des accidents comme inapplicable dans de nombreux cas. Par suite, après avoir érigé la figure pour l' heure approximative, nous faisons notre rectification sans nous occuper de rien d'autre.
Remarquons en passant que beaucoup de Maîtres, en rectifiant d'après les événements, dépassent souvent les écarts de temps admissibles et qu'il est fréquent qu'une correction faite d'après un événement ne concorde pas avec un second. Les Anciens (Ptolémée et les autres) n'ont donc pu trouver une bonne méthode de rectification; toutefois Junctin a employé parfois une méthode analogue à la nôtre en plaçant luminaires ou planètes à distance égale des angles horizontaux. Mais mon Maître, sans avoir pris connaissance de Junctin, avec son génie presque divin, a créé sa méthode qu'il a pu contrôler sur plus de 300 thèmes.
Toutefois, il faut, pour avoir la pleine intelligence de cette méthode, avoir une parfaite connaissance des mouvements du Ciel, pouvoir, selon les nécessités, modifier le MC et l'AS, et savoir construire la figure aussi bien en ascension oblique qu'en ascension droite, car les distances peuvent s'établir aussi bien en degré de Maison qu'en degré du Zodiaque.
Quelqu'un s'insurgera peut-être et prétendra: «On ne peut donner à une naissance une cause céleste, puisqu'il s'agit d'une chose dépendant de la nature terrestre et de son bon fonctionnement qui est de produire l'accouchement.» Cette objection est absurde et contraire à la raison naturelle. Les Philosophes disent en effet que les causes de la génération, de la corruption et de tout ce qui se passe sur Terre ont les influx célestes comme origine. C'est l'opinion d'Aristote, d'Avenoes et des Saints Pères, et les raisons qu'ils donnent sont très solides.

François de Bonatis : De l'influence des révolutions

CHAPITRE IX
DE L'INFLUENCE DES REVOLUTIONS


Après les directions viennent les révolutions par leur importance. Elles se divisent en deux catégories: les révolutions générales et les révolutions particulières. L' on entend par générales celles où le Soleil traverse les points cardinaux, d'où quatre phases pour l'année par lesquelles il projette des influx différents sur les zones inférieures. L'on peut en déduire ce qui se produira pendant l'année, sur un plan très général. De même pour chaque région, chaque ville. L'on peut voir quels aspects forment les planètes avec les étoiles fixes dans les lieux supérieurs. Il en est de même pour la nativité du Prince sans négliger la diversité de disposition des parallèles . Sont dites générales toutes les révolutions qui peuvent entrer dans ces catégories, comme il arrive pour celles des rois et des princes car ils peuvent beaucoup sur les peuples qui leur sont soumis. En effet, le sort du roi est celui du peuple. Mais il n en sera pas question ici.
L'on appelle révolutions particulières celles qui correspondent à chaque individu. Ainsi, la révolution n'est rien d'autre que le retour du Soleil à la position zodiacale où il se trouvait lors de la naissance. Elle a une grande importance tant du point de vue théorique que du point de vue pratique. La raison en est que le Soleil a une grande influence dans la zone terrestre et donne une très grande force au dit lieu de la nativité. C'est pourquoi lorsqu'il y revient, il réveille la première impression si bien que l'on peut dire de la révolution qu'elle est une nouvelle nativité, en dépendance pourtant de la première. Elle influe par les aspects qu'elle contracte au moment où elle se produit, et si ces aspects sont par quelque manière en rapport avec ceux de la nativité,; ils ont une très grande influence sur le natif. Cependant, si les aspects ne sont pas en accord avec ceux de la nativité, ils peuvent néanmoins produire un certain effet. Lorsque les directions expriment successivement le premier aspect radix, les révolutions solaires ne peuvent les détruire. D'où il découle que si une direction annonce quelque chose de favorable et si l'effet produit n'est pas aussi fort qu'on le pensait, ceci provient des effets contraires produits dans la révolution par les aspects et les positions des planètes tant dans le Zodiaque que dans le monde comme l'atteste Origanus. Il est donc évident que les révolutions peuvent augmenter ou diminuer la force des directions.
Aussi, bien que François Bacon, homme très illustre; ait dit qu'il n'est pas nécessaire de calculer très exactement la position du Soleil pour ériger les révolutions solaires, nous pensons cependant selon l'avis commun des maîtres, qu'il faut au contraire la calculer avec beaucoup d'exactitude. De plus, comment obtenir la vraie position d'une planète si l'on s'appuie sur une connaissance approchée du temps? Bien plus, ce qui est encore plus important, comment calculerons-nous une position dans le monde puisque pour un petit intervalle de temps nous pouvons avoir de très grandes erreurs à cause du mouvement diurne ? Si nous ne serrions pas de près la question du temps, nous pourrions estimer que le Soleil ou les autres planètes se trouvent en IVe aussi bien qu'en Ve, or la position en maison a une très grande importance.

C'est ce que chante Fracastas:

C'est d'abord le brillant soleil et tous les astres qui agitent et transforment la terre, les vents liquides et les eaux de la mer. Mais bientôt les astres du ciel échangent leurs places et abandonnent leurs premiers séjours. De même les vastes éléments revêtent des modes différents.

Puisque la variété des configurations provoque des variations très sensibles, il est donc nécessaire de calculer le temps avec autant de précision qu'il nous est possible pour dresser la révolution du Soleil à sa position de naissance, à la manière dont les maîtres l'enseignent. Puis de s'en servir pour faire des pronostics modérés, sans passion et sans témérité.
Tout ce que l'on enseigne au sujet des profections mensuelles et annuelles est absolument imaginaire. On veut en effet que si le soleil se trouve la première année par exemple dans la seconde partie du signe, il se trouve la seconde année dans la seconde partie du signe suivant: ce qui fait un intervalle de 30°. Comment fait-on pour faire correspondre cette quantité à une année? Argole s'étonne que des anciens éminents se soient servi de ces profections, comme il n'a trouvé aucune part qui ait pu les vérifier. Voici ce qu'il dit:
«Nous nous étonnons toujours beaucoup que les grands maîtres de l'astrologie, autrefois, aient tant estimé ces profections, principalement dans les révolutions solaires mondiales», puis il ajoute un peu plus loin: «d'autant plus que Ptolémée les a très minimisé comme mode de division du temps, les résultats si magnifiques qu' on leur assigne n'ont pu être vérifiés».
C'est ce que confirme Placide de Titis. Il est, peut-être, une autre raison à ces perfections de l'avis de l'auteur cité, celle qui se trouve dans les lunaisons intercalaires qui suivent le jour de naissance, comme il l'enseigne dans son « Primum mobile » c. 40. Cependant nous devons nous en tenir aux directions et aux révolutions comme plus certaines et plus importantes. De même les révolutions lunaires qui permettent de déterminer le moment des accidents, ainsi que dit Argole dans son «Primum mobile» c. 19. Mon avis est de donner le pas aux révolutions lunaires, je veux dire celles dressées pour le moment où elle revient à sa place de naissance parce que de l'avis de l'auteur, elle accèderait davantage à la direction ou lui correspondrait par ses quadratures et ses aspects pour mettre l'effet en lumière; les aspects cosmiques doivent être considérés avec soin car ils permettent de prédire des événements qui se produisent rapidement et qui principalement apparaissent dans nos journaux.

François de BONATIS.
(Traduction de Mlle CHANTALOU et J. HIÉROZ.)

Kepler astrologue

Un des pères de l'astronomie moderne

L'astronome allemand Johannes Kepler (1571-1630) s'assura une gloire immortelle en énonçant les trois lois du mouvement des planètes autour du Soleil. Ces lois portent encore son nom et ont permis à Newton de dégager le principe de l'attraction universelle.

Quand l'astronome prend la défense de l'astrologie

Kepler pratiquait l'astrologie et nous disposons de plusieurs thèmes astraux qu'il traça et interpréta pour ses clients. Loin de la considérer comme une superstition, il entreprit des milliers d'observations pour réformer l'astrologie et l'asseoir sur des fondements solides. Plusieurs techniques qu'il laissa sont encore utilisées par les astrologues (aspects mineurs, directions par l'arc solaire, etc.).

Un de ses confrères se plaignait des interdits du roi d'Angleterre Jacques 1er. Voici ce que Kepler écrit à son collègue en lui envoyant son ouvrage Des fondements certains de l'astrologie (1601) : « A propos de l'astrologie, vous exprimez vos pensées de façon telle que je pense vous rendre un grand service en vous adressant l'opuscule suivant. Si je vois juste, le roi très sage portera un jugement plus équitable après avoir lu cet opuscule ».

Morin de Villefranche :Le dernier astrologue officiel

L'astrologue du roi

Morin de Villefranche (1583-1656) fut le dernier astrologue royal vraiment officiel. En 1630, alors que Louis XIII se mourait à Lyon, Morin pronostiqua sa survie. Louis XIII confia à Morin une chaire de mathématiques au Collège Royal.

En 1632, Richelieu demanda à Morin d'étudier l'horoscope de Gustave Adolphe de Suède, son allié contre l'Espagne. Morin retourna l'horoscope au cardinal en prévenant le ministre que son allié mourrait dans l'année. Ce qui advint en novembre.

Quand Anne d'Autriche fut sur le point d'accoucher, Morin s'installa sur la terrasse du château et commença à observer le ciel avec sa lunette. Jusqu'à ce qu'un serviteur vînt le prévenir que l'enfant royal avait poussé son premier cri. Morin fut ensuite pensionné par Mazarin.

L'œuvre scientifique

Morin innova en matière d'observations astronomiques et dans le calcul des longitudes géographiques. Descartes lui demanda d'avoir accès à ses instruments de mesure.

L'héritage astrologique

Morin engagea une brillante réforme de l'astrologie. Il chercha les règles qui se tiennent derrière les multiples aphorismes des astrologues anciens. Il tenta d'élaborer une méthode d'interprétation.

Il chercha à établir une astrologie qui puisse être acceptée par tant par les milieux scientifiques que par les théologiens.

Le résultat de son travail fut publié sous la forme d'un gros volume titré Astrologia Gallica (Astrologie Française). Il eut la mauvaise idée de le publier en latin, langue utilisée par les lettrés de l'époque. Si bien que ce travail tomba peu à peu dans l'oubli. De ce gros volume, deux chapitres ont été traduits en français ; l'un est consacré à l'astrologie mondiale et météorologique, l'autre à la méthode d'interprétation. Les autres sont enfin en cours de traduction.

Paracelse et l'astrologie

Qui était Paracelse ?

De son vrai nom Theophrastus Bombast von Hohenheim, Paracelse fut le père de la médecine hermétique. Il naquit à Einsiedeln (près Zurich) en 1493. Il mourut à Salzbourg en 1541. D'abord élève de son père, il fut un grand liseur des textes alchimiques. Il courut les principales contrées de l'Europe et de l'Orient. A l'âge de trente-trois ans (1526), il fut appelé à l'université de Bâle. Son entrée en chaire fut un vrai manifeste d'une nouvelle médecine. Il s'exprima en allemand (au lieu du latin qui était de rigueur), se lança dans une diatribe violente contre les références classiques de la médecine (Galien, Avicenne, Rhazès) et les brûla en plein amphithéâtre.

Mal vu bientôt de ses confrères, incriminé dans une contestation d'honoraires par un chanoine de la cathédrale, il quitte Bâle en 1528. Reprenant alors sa vie de médecin nomade, il va de cité en cité, enseignant, observant, souvent persécuté. C'est en cette période, entre 1537 et 1540, qu'il publia les principaux de ses ouvrages. Il finit ses jours à Salzbourg, traîtreusement empoisonné, alors qu'il était « ivre et endormi », nous rapportent les textes !

Les médecines alternatives, de l'homéopathie aux élixirs floraux, doivent beaucoup à Paracelse. Cela est du à sa parfaite maîtrise des sciences hermétiques (astrologie, alchimie, haute-magie). Dans ce petit article, concentrerons-nous sur l'astrologie. Je m'aiderai de l'introduction de Lucien Braun au livre de l'astrologie, Presses Universitaires de Strasbourg, qui reproduit des textes astrologiques de Paracelse.

Qu'est-ce que le Ciel ?

Dans l'œuvre de Paracelse, le Ciel ne désigne pas un lieu. Il nomme « Ciel » l'ensemble de la puissance invisible qui fait que le monde, que nous voyons, est ce qu'il est. Avec les yeux, nous ne pouvons pas voir ces forces elles-mêmes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas !

Car ces forces célestes, n'importe quel esprit sensé les voit à l'œuvre dans la nature. C'est grâce au Ciel et à ce qu'il en tire que le poirier fait pousser les feuilles, les fleurs et les fruits. Le Ciel fait surgir du grain de blé l'épi dont nous tirons le pain.

Partout, nous voyons la force en train de produire, de faire-être, de faire-paraître les formes et les choses. Nous voyons l'invisible puissance à l'œuvre dans tout ce qui paraît, dans le plus modeste des brins d'herbe, dans la force efficace du remède.

Le Ciel est une réserve spécifique de puissance. Il est à la fois les forces et le lieu où s'exercent ces forces. Ces forces s'entrecroisent, concordent, s'accordent, s'opposent. Le Ciel est le lieu d'une lutte incessante de puissances multiples. C'est une réserve illimitée de forces invisibles qui habitent et travaillent le monde visible. Le Ciel fait mûrir, comme il fait périr, comme il fait renaître, toujours de façon invisible. A la manière du Soleil, dit Paracelse, qui fait s'épanouir la fleur sans avoir de mains. Ou de l'aimant dont la force invisible attire le fer.

Astronomie et astrologie

Pour Paracelse, l'astronome est un savant observateur. Mais il ne cherche pas à atteindre la réalité. Il ne décrit pas ce qu'est le ciel, il décrit comment il fonctionne. Il « sauve les phénomènes ».

Le rôle de l'astrologie, par contre, est d'atteindre la réalité non visible des choses. L'astrologue laisse le Ciel agir en lui. Il lui donne libre cours. Il allume en lui la lumière qui permet de voir ce que les yeux de chair ne sauraient voir. Le véritable astrologue voit la force sidérale dans la plante, dans l'animal, dans l'homme. C'est cette puissance que le médecin, s'il est aussi astrologue, voit agir, se développer ou être inhibée dans le malade. L'astrologue doit se laisser instruire par l'astre. Il doit se laisser saisir par lui. Pour prolonger Paracelse, je pourrais dire que l'interprétation d'un thème est réussie quand l'astrologue lâche prise.

Le Conte Henry de Boulainviller (1658-1722)

Interprétation du thème de Boulainviller par lui-même

Ce texte reprend les passages du Traité d'astrologie (1917) dans lesquels Henry de Boulainviller prend pour exemple son propre thème de naissance.

... Etant donné une naissance dont l'Orient est rempli par le 24e du Verseau, la deuxième Maison par nul degré du Taureau, et conséquemment leurs opposées VIIe et VIIIe par le 24e du Lion et le 1er du Scorpion, il s'ensuivra que les signes de la Vierge et de la Balance seront interceptés dans la VIIe Maison avec le Soleil au 28e du même signe de la Balance, Mars et Saturne étant conjoints au 22e. Or, ayant à juger d'une semblable constitution, il est évident que le Soleil est seigneur de l'angle d'Occident, mais si l'on porte l'Orient au 29e degré du Verseau et si l'on estime que le 29e degré d'un signe est sous le domaine du suivant, il s'ensuivra que Mercure doit être estimé le Seigneur de l'angle d'Occident à cause du signe de la Vierge qui succède à celui du Lion, et partant il sera nécéssaire de dire, puisque Mercure est donné rétrograde au 10e du Scorpion, que, de façon ou d'autre, le seigneur de la VIIe Maison se trouvera en sa chute à la pointe de la VIIIe, ou dans le champ de cette Maison infortunée, étant lui-même infortuné par sa rétrogradation.

Il faut observer en plus qu'en cette naissance, de tous les planètes qui occupent la VIIe Maison, il n'y a que Saturne qui soit dignifié, et que tous les autres y sont dans leur chute, sans parler de l'état de Mercure, et de là il s'ensuit que le né sera infortuné dans le mariage, dans les procès, dans les contestations qu'il pourra avoir; qui'il aura des ennemis, mais que ces ennemis mourront avant lui, aussi bien que sa femme; le tout sans que le né puisse se flatter d'en être plus heureux, quoiqu'il soit de règle de juger que, dans une telle disposition, Saturne donne sa force au Soleil et qu'il relève par conséquent le tempérament et donne la patience pour soutenir les grandes adversités auxquelles une semblable naissance le destine. C'est donc en cette manière qu'il faut juger dans une telle constitution: 1° par le Seigneur de la Maison; 2° par celui qui s'y trouve le plus dignifié; 3° par les circonstances de son état et de sa position. (Traité d'Astrologie p. 34, 35)

Lorsque plusieurs planètes se trouvent en même Maison et que leur dispositeur est en une autre, la règle générale veut que l'on juge des premiers par le second, principalement s'il est puissant ou s'il jette quelque regard sur la conjonction dont il s'agit, ou du moins dans la proximité de l'angle, puisqu'alors les premiers effets doivent suivre sa détermination. Ainsi dans l'exemple dernier, où le Soleil est proposé au 28e degré de la Balance, en la VIIe Maison, avec Mars et Saturne conjoint au 22e degré du même signe, il a déjà été observé que Saturne donne sa force au Soleil, mais qu'il n'en donne que ce qu'il en a; de sorte que l'on est contraint de recourir au Seigneur du signe, qui est Vénus, laquelle se trouvant proche du Mileur du Ciel sous l'aspect favorable de son Seigneur qui est Jupiter, donne de l'éclat au mariage sans en augmenter la satisfaction, d'autant qu'elle est placée en la IXe Maison. (Idem p. 36, 37)

On peut encore tirer une autre règle du même principe, savoir que si le Soleil ne se rencontre sur la ligne d'aucun des angles, ses rayons puissants à l'Orient ou au Milieu du Ciel peuvent servir de rectificateur. Mais, dans ce cas, comme cette espèce de rectification est beaucoup plus faible, et qu'elle ne peut, pour ainsi dire, avoir d'effet qu'à la suite d'une autre plus forte; on peut toujours prononcer que l'accouchement a été difficile, et que l'enfant ayant eu peine à soutenir l'effet de cette cause n'a commentcer à prendre l'air que sous le favorable aspect du Soleil qui lui a succédé. C'est ce qui est arrivé à ma propre naissance, étant né sous un aspect trine du Soleil à l'Occident, à la suite du passage de Vénus par le Méridien, et de la Lune sur l'Occident, et au bout d'un travail extraordinaire de ma mère. (Idem p. 106)

... Supposant qu'un Mercure placé géocentriquement dans la VIIIe au Scorpion, avec la Balance australe, et un carré de Jupiter transporté dans la première avec l'aile de Pégase, sous le trine de Jupiter héliocentrique, il faudra dire que le caractère de l'esprit, déterminé en apparence par la VIIIe Maison sera réellement tel que que la Ire le désigne, et qu'à raison des fixes auxquels Mercure est joint, il y aura quelque fond d'esprit et de connaissances, avec un grand talent de mémoire. (Idem p. 175)

J'ai moi-même éprouvé que la direction du Soleil au trine de la VIIe Maison radicale de ma naissance m'a fait passer à un second mariage après quinze années de viduité. Et je répète à cette occasion que je n'entend pas que ce soit la VIIe qui ait été en état de fournir quelque force au Soleil, mais qu'au contraire je l'entends de ce que le Soleil étant parvenu au degré d'où il pouvait frapper de trine ma VIIe radicale, et mon Ascendant de Sextile, il a fourni à l'un et l'autre assez de force pour produire un mariage. (Idem p. 235)Il y a un grand nombre d'aphorismes spéciaux sur cette matière, pour la connaissance desquels je ne ferai point de difficulté de renvoyer les lecteurs aux auteurs qui en ont traité, me contentant de rapporter celui dont j'ai moi-même été la victime, ayant perdu mes enfants dans l'age de leur adolescence, et lorsque je me croyais le plus assuré de les voir marcher dans le chemin de l'honneur et de la vertu. Ce cruel aphorisme consiste dans la position des maléfiques, du Soleil et de Mercure dans l'Occident, à quoi ma naissance joint de plus la position de Jupiter et de la Lune dans la VIe Maison, disposition que je n'avais jamais considérée sans trembler de la crainte de l'évènement dont elle me menaçait. (Idem p. 244)

Robert Fludd (1574-1637)

Biographie


Né en 1574 à Milgate House, Bearstead, Kent, mort en 1637 à Londres, Fludd est le fils cadet de sir Thomas Fludd, soldat et courtisan d'Elisabeth 1re. En 1592 Robert Fludd entre à St John's College à Oxford (il est reçu maître ès arts en 1598). Il passe ensuite six ans sur le continent (France, Espagne, Italie, Allemagne), à étudier la médecine (surtout celle de Paracelse) et comme précepteur de jeunes aristocrates français. C'est pour ses élèves qu'il prépare les traités sur l'arithmétique, la géométrie, la perspective, la science militaire, lamusique, l'art de la mémoire, l'astrologie et le génie, rassemblés plus tard dans son chef-d'œuvre, Utriusque Cosmi Historia. A son retour en Angleterre, Fludd entre à Christ Church (Oxford), devient médecin agrégé (1605), mais sa défense acharnée du paracelsisme contre le galénisme établi l'empêche d'entrer en tant que " Fellow " au Collège de médecine avant 1609.

Utriusque Cosmi Historia (Histoire du macrocosme et du microcosme) est éditée à Francfort de 1617 à 1626 par Johann Theodor de Bry, et richement illustrée par celui-ci et par son gendre Matthias Merian. L'ouvrage commence par un récit de la création, présenté dans des termes qui tentent de réconcilier les premiers versets de la Genèse avec le Poimandres d'Hermès Trismégiste. Le volume consacré au macrocosme traite aussi des sciences dans lesquelles l'homme se comporte comme " singe de la Nature ". Le second volume comprend les arts " intérieurs " de l'homme-microcosme, tels que la prophétie, la chiromancie, l'horoscopie, l'art de mémoire. Pendant que paraît cet ouvrage, Fludd se mêle aux courants rosicruciens et écrit deux traités en défense de la Fraternité de la Rose-Croix, à laquelle, soulignons-le, il ne déclare jamais appartenir.

Fludd passe sa vie paisiblement à Londres où il devient un médecin célèbre et riche. Esprit tant pratique que mystique, il est propriétaire de plusieurs bâtiments et d'une fabrique d'acier. Ses connaissances et opinions médicales sont données au monde dans Medicina Catholica (1629-1631), autre ouvrage en plusieurs volumes qui traitent des causes des maladies (vents, démons) et du diagnostic par le pouls, l'astrologie, et l'urinoscopie, selon une métaphysique dualiste se réflétant dans le monde physique (notamment, dualité contraction-raréfaction). La pensée dualiste de Fludd est fondée sur la conception d'un Dieu qui reste inactif en soi-même, tout en créant activement l'univers. Son premier aspect (non-être) se présente à nous sous la forme de l'obscurité, la destruction, la mort, la souffrance et le mal. Le deuxième aspect (être) se manifeste à nous comme la lumière, la création, la vie et le bien. Fludd symbolise à plusieurs reprises cette dualité comme l'intersection de deux pyramides, noire et blanche ; comme la corde d'un monocorde avec ses tons hauts et bas (harmonie de l'univers) ; et comme un thermomètre répondant à la chaleur (expansion, lumière) et au froid (contraction, obscurité). Une grande partie des écrits fluddiens concerne l'élaboration de ces trois symboles. Outre ses connaissances spécialisées, l'inspiration de Fludd vient de la philosophia perennis des Florentins, et d'une unique expérience alchimique, au cours de laquelle il réussit à séparer le blé en ses cinq éléments : il crut voir là une reproduction de la création primordiale.

Fludd entre en vive controverse avec J. Kepler, M. Mersenne, P. Gassendi et un certain W. Foster, ce dernier à propos du weapon-salve (onguent appliqué non pas à une blessure, mais à l'objet qui la causa). Kepler critique son harmonie du monde, qui aurait manqué de toute précision mathématique. Mersenne et Gassendi attaquent sa magie, son Hermétisme, et son idée de la Nature ou de l'Ame du Monde, qui paraît au Minime se substituer, dans la philosophie fluddienne, à la fonction médiatrice du Christ.

Jérôme Cardan (1501-1576)

Biographie

Sa vie

Personnage complexe, médecin, mathématicien, astronome, astrologue, ésotériste, philosophe, physicien et inventeur, Gerolamo Cardano naquit le 24 septembre 1501 à Pavie. Docteur en médecine en 1526, il obtient une chaire à Pavie (1543), à Bologne (1562) et à Rome (1575).Sa réputation le porte à soigner des grands de ce monde (entre autre, l'Archevêque de St Andrews en Ecosse), mais il préfère se consacrer à l'enseignement (il refuse de rentrer au service du Pape Paul III, du lieutenant général de François Ier, de Charles de Cossé et du roi de Danemark). Un éloge à Néron et un horoscope du Christ dans lequel il explique la Passion par la conjonction des planètes, le font arrêter par l'Inquisition en 1570. Il doit se rétracter et est interdit de publication à partir du 28 février 1571.

Il est surtout connu pour sa formule de résolution des équations du troisième degré (formule de Cardan) et du quatrième degré ; pour l'invention du mécanisme rendant les boussoles indépendantes des mouvements du navire (suspension à la Cardan) ; et pour l'ajout d'une lentille à la chambre noire, lui permettant la reproduction exacte des perspectives.

Il termine la rédaction de son autobiographie Liber de Propria Vita peu avant sa mort à Rome le 20 septembre 1576.

La rumeur veut que Cardan se soit suicidé à cause d'une fausse prédiction astrologique sur sa mort.

Sa pensée

Parmi la multitude de ses idées, on retiendra des considérations importantes sur la diversité des oeuvres de la Nature, la magie naturelle, les monstres et les prodiges, et le mouvement. Il réduit les quatre éléments à trois, faisant du feu un mode d'existence de la matière, et les quatre qualités à deux (chaud et humide). Grâce à la loi d'analogie, il relie le tout à un principe "unique, indivisible et absolument simple". Il prend comme fondement de sa conception de l'univers, la théorie du microcosme et du macrocosme, faisant de l'homme le témoin et l'agent de cohésion par excellence. Il se référera constamment aux astres qui jouent pour lui un rôle capital dans le cohérence du Tout.

Son oeuvre

Il écrivit plus de deux cents traités outre les cent vingt qu'il détruisit.
Son oeuvre touche les domaines de :

* La philosophie : De la sagesse (1544), La science du monde où la sagesse civile (1566), De la subtilité (De subtilitate, 1550), La variété des choses (De rerum varietate, 1557).
* L'algèbre : Ars magna sive de regulis algebraicis (1545).
* L'arithmétique : Practica aritmeticè et mensurandi singularis (1538).
* Les probabilités : Liber de ludo aleae (qui constitue le premier traité systématique de probabilités).
* L'anthropologie : De utilitate ex adversis capienda (1561), qu'il rédigea à la suite du meurtre de sa belle fille par son propre fils.
* L'astrologie : De l'algèbre à l'astrologie (laissé sous forme de manuscrit).
* Et d'autres ouvrages sur la cosmologie (il commente Ptolémée en 1554), la religion, l'occultisme, la construction des machines, la mécanique, la cryptologie et la musique. 

Abel Haatan (Fin XIXe - début XXe)

Biographie


Abel Haatan (de son vrai nom Abel Thomas), était pharmacien et chimiste. il fût l'un des grands occultistes de la fin du XIXe/début XXe. Il cotoya les plus grands comme Marc Haven et Sédir, et dirigea la dernière loge maçonnique du rite de Misraïm dans laquelle il refusa par deux fois la candidature de Papus (qui essayera à la Grande Loge de France sans plus de succés...).

Il appris l'astrologie avec Barlet.

Il rédigea son fameux Traité d'Astrologie Judiciaire qu'il publia avant 1895. Ce traité, fort complet, comporte une introduction remarquable dans laquelle il place l'astrologie dans une vision totalement spirituelle et religieuse.

Il publia aussi Contribution à l'Etude de l'Alchimie en 1905.

Louis Ferrand (1977 - mi XXe)

Biographie


Né le 2 avril 1877 à 14h00 près de Carcassonne, Ferrand s'est intéressé à l'Astrologie vers 1900. Il l'étudia dans les livres des principaux auteurs connus à cette époque ; il s'occupa spécialement des nativités.

Il a édité L'unité de la vie, revue qui parut de 1927 à 1931.

En 1926, il fit paraître : Traité Pratique d'Astrologie. Une deuxième édition parut en 1935, chez l'auteur. Une troisième édition sera publiée après la guerre chez Leymarie.
Voici une appréciation d'Astrosophie de juillet 1935, à propos de la deuxième édition :
"C'est un des rares livres français sur l'Astrologie ayant une tourneure ésotérique.
Une très grande partie du livre consiste en des traductions des parties les plus pratiques des oeuvres d'Alan Léo, introuvables ailleurs en français."

Alexandre Volguine et l'ésotérisme de l'astrologie

Les trois sciences hermétiques

Ecrit au IXe siècle par les « Frères de la Pureté », un groupe de théologiens musulmans orthodoxes, le Rasa'il - nommé en langue française Epîtres des Frères de la Pureté - le rappelle : sous l'influence néoplatonicienne des Isma'ilis, toutes les sciences découlent de l'astrologie, de l'alchimie et de la magie. Ces trois savoirs sont autant de chemins pour aller vers Allah. Pour une telle vision :
· De l'astrologie découlent la mantique, les mathématiques, la géométrie, la musique, eux-mêmes source d'autres arts tels que l‘architecture et la navigation.
· L'alchimie, art qui se consacre à la transformation de la matière, génère le travail des métaux, la pharmacie, la médecine, l'orfèvrerie, la cuisine, la préparation de teintures, la fabrication du verre ou de la porcelaine. Cette science hermétique s'étend de la simple fabrication de pierres artificielles aux mystères de la pierre philosophale et des alchimies internes.
· La magie, art d'utiliser les énergies du monde, étudie les effets du son, des parfums, des couleurs, des schémas ; de la simple physique aux techniques de communication avec les dieux ou les hiérarchies célestes. La production d'outils mécaniques comme les automates, les avions, les automobiles, les ordinateurs, relève de l'antique magie.

Alexandre Volguine avait écrit « si l'on me demandait quelle est ma religion, je répondrais : l'Astrologie ». Il avait saisi la sacralité de l'astrologie. Il avait renoué avec le rôle - quasi sacerdotal - de l'astrologue antique.

Il considérait l'homme dans sa globalité, dans ses trois dimensions : physique, psychique et spirituelle. Dans le thème, Alexandre Volguine voyait toutes ces dimensions. Vers la fin des années 60, il assista aux ruptures provoquées par des astrologues qui réduisaient l'homme à ce qui se passe entre ses deux oreilles. Il percevait que, à l'instar du freudisme qui influençait ces livres, ce qu'on nommait le haut n'était que la sublimation - ou la projection - du bas. L'Art était décapité, sa sacralité objective était détruite.

La liste des livres publiés par ses Editions des Cahiers Astrologiques est éloquente. De son édition des rituels de Cagliostro à celle de manuels de magie salomonienne, une bonne moitié échappe à l'astrologie, au sens technique du terme. Ses propres ouvrages vont de l'ésotérisme pur à la compréhension hermétique des règles astrologiques.

Enfin, une étude serait à préparer sur les rapports de Volguine avec le monde de l'occultisme et des ordres initiatiques. Ses Cahiers Astrologiques regorgent de notes et de remarques sur ces sujets.

L'ésotérisme de l'astrologie

En 1953, Volguine publie L'ésotérisme de l'astrologie. Cet ouvrage contient des réflexions sur l'ésotérisme de notre art. L'ouvrage étant introuvable, voici quelques extraits. Ils proposent des pistes aussi utiles aujourd'hui qu'elles l'étaient il y a un demi-siècle. Le titre précédant chaque extrait est issu de ma plume.

De la solidarité entre le Tout et les parties

En revenant à l'Astrologie, on peut dire que pour nous les astres apparaissent comme des corps qui nous sont étrangers et lointains, émettant des vibrations que nous subissons contre notre volonté ; pour les Anciens, les planètes étaient des forces vivantes qui faisaient partie de l'homme, des forces qui bourdonnaient dans leur subconscient et dont ils ressentaient les pulsations dans leur corps, dans leur être intérieur, comme nous sentons, par exemple, les pulsations de notre coeur et les mouvements de notre sang. Ce sentiment de l'Astrologie a dépassé le monde antique. On le trouve encore chez quelques mystiques des siècles derniers. Gichtel, par exemple, voit dans les planètes les démons qui nous font succomber à tous les péchés mortels, et qui agissent sur notre caractère intérieur. Catherine Emmerich voit les planètes comme des formes extérieures et intérieures à la fois. Quand il s'agit d'une compréhension pareille de l'influence astrale, l'Astrologie n'est plus une science abstraite de vibrations cosmiques comme elle le paraît aux modernes, mais une science de l'âme, une science de tout ce qui existe, la première science humaine et la plus haute. En étudiant l'Astrologie antique, ce sentiment de la solidarité universelle, de la solidarité d'une partie et du Tout, ce sentiment de l'harmonie cosmique ne devrait jamais être perdu de vue. Ce sentiment fournissait les principes mêmes de la science astrologique des Anciens, et comme ce sentiment n'existe plus chez nous, ces principes sont évidemment perdus, du moins en partie. (pages 11 et 12).

De l'interprétation des phénomènes atmosphériques

Dans tous les pays anciens, certains phénomènes atmosphériques faisaient partie de l'Astrologie. La couleur du ciel, la visibilité des étoiles, même le climat du pays étaient pris en considération dans les études astrologiques. Même de nos jours, les astrologues chinois disent qu'un enfant né sur l'eau ne peut pas recevoir la même ambiance cosmique et, par conséquent, avoir le même destin qu'un enfant né au même moment sur la terre… Les astrologues orientaux qui conservent encore quelques données de l'Astrologie ancienne, prennent en considération les conditions atmosphériques de la naissance. (page 15)

Méditation pour astrologues

Pour comprendre les représentations anciennes des forces planétaires, il nous faut rejeter l'intellectualisme, notre mode de connaissance mentale et descendre en nous-mêmes. Fermez les yeux, videz votre cerveau d'une mentalité presque totalement faite d'amalgame de lectures, de phrases entendues, de préjugés et plongez-vous dans ce monde inconnu et obscur qui contient les mouvements intérieurs de votre nature émotive. Méditez ou plutôt « sentez » l'Astrologie. Au bout de quelque temps, vous commencerez à sentir les formes intérieures planétaires, les formes basées sur les corrélations plutôt émotives que logiques et qui peuvent être comparées aux associations d'idées et d'images en état de rêve, relevées par la psychanalyse. Ce travail intérieur de descente en soi n'est pas une invention personnelle ; il se rencontre sous des formes différentes dans presque toutes les écoles ésotériques, ce qui explique pourquoi on y trouve encore des adeptes dont le sentiment intérieur du monde se rapproche de celui des Anciens...C'est justement la connaissance par le cœur qui nous permet de saisir les formes planétaires vues par les Anciens… Fixons notre volonté sur le soleil, rejetons tout ce que nous avons appris de l'astre du jour. Dans notre esprit, il n'est pas question de distance, de masse, de rotation ; il n'y a pas de taches qui occupent tant les cosmobiologistes, ni de plages faculaires, ni de spectri-hélioscope. Nous sommes dans le « magma » psychique d'où nous sommes sortis, qui est nous-mêmes et que nous connaissons beaucoup moins bien que l'analyse spectrale d'une étoile quelconque. Notre première impression intérieure sur le soleil sera d'une boule chaude et claire qui contraste avec nos ténèbres intérieures, d'un nuage plutôt que d'un globe net, ses limites n'étant pas tracées et donnant le pressentiment d'être mouvantes, ce qui ne diminue nullement la netteté du contraste de clarté blanchâtre du soleil et du monde psychique, contraste qui nous donne l'image de l'Yn-Yang qui réalise à lui seul l'Unité universelle (Pau-Hou) de la lumière et des ténèbres. Ce contraste ne fait pourtant pas la dualité : les ténèbres sont senties comme la contrepartie de cette boule qui fume, de ce nuage clair… Cette boule chaude est en mouvement. Vous la sentez vous chauffer, faire corps avec vous, être votre cœur. Ses limites n'étant pas nettes, elle vous paraît à la fois ainsi qu'une roue qui fume et pareille au dragon blanc, le dragon céleste « qui est l'esprit de changement ». La forme solaire (comme d'ailleurs toutes les formes planétaires) est mouvante ; une couleur blanchâtre la domine, sorte de fumée pareille à celle qui sort des narines du dragon ou qui ferait songer aux chevaux blancs d'Apollon. Dans le « magma » de votre conscience, Dragon, Cheval et Licorne ne sont qu'un seul être. De même, d'ailleurs, que dans le symbolisme où la même force solaire lie ces trois animaux sacrés. Chaque planète est « sentie » de façon différente. Saturne pèse, alourdit, refroidit, donne l'impression d'être un morceau de charbon qui a pris des milliards d'années pour se former et qu'il est plus difficile d'allumer que du bois attribué par les Chinois à Jupiter. Mars fait penser à la lueur rouge qu'on perçoit à travers les paupières fermées, quand on regarde le jour ; il fait sentir le mouvement du sang simultanément dans tout le corps. La lune donne l'impression de sortir de l'eau, encore tout humide, d'avoir la peau lisse et légèrement froide, de sentir à la fois une impression de repos et de fatigue analogue à celle qu'on peut éprouver après un bain prolongé. Ces formes planétaires, comme tout ce qui appartient au monde invisible, ne peuvent être transmises par des mots. Elles devraient être vécues et senties par chacun de ceux qui veulent suivre la voie astrologique, en pénétrant, comme les Anciens, la vie de l'Univers. (pages 18 à 21)

Qu'en est-il du zodiaque ?

… le procédé décrit dans le chapitre précédent, a été employé en ce qui concerne les divisions du Zodiaque, avec toutefois cette différence que les signes zodiacaux ne donnent pas la même impression intuitive que les planètes : ils appartiennent exclusivement au plan intellectuel. Alors que le soleil et Mars chauffent et la lune donne la sensation générale de l'humidité, la perception intérieure des signes zodiacaux laisse l'individu indifférent, tel qu'il était avant son « plongeon » en soi. On « sent » qu'ils appartiennent à un autre « monde », à un autre plan que les planètes : l'intuition du signe du Lion, comme une sorte de champignon brillant et rond, comme une explosion atomique, est purement intellectuelle, tandis qu'Uranus, par exemple, est souvent « senti » comme une espèce de « spasme » plutôt douloureux suivi de dilatation amenant un bien-être. Les images zodiacales comme la perception de cette « explosion » léonine, laissent l'âme toujours indifférente. (pages 25 et 26)

Les deux courants de l'astrologie sacrée

En effet, l'Astrologie sacrée, inséparable de la religion extérieure et de l'Esotérisme, apparaît dans le recul de l'histoire comme provenant de deux courants d'idées aussi distincts que les formes planétaires et zodiacales :
1. courant calme, intellectuel, presque rationnel dont la principale place est occupée par le Zodiaque et les étoiles fixes ;
2. et courant ardent, sentimental, mystique, provenant du souvenir d'une catastrophe soudaine et donnant, de ce fait, la première place au Soleil. Sa disparition brusque…repousse au second plan tous les autres facteurs célestes et aboutit à son adoration. Les compagnons du soleil, c'est-à-dire les planètes, occupent à sa suite la place prépondérante. (page 30)

Les dieux et les diables

Si Dieu (ou la divinité) régit le monde par l'intermédiaire de sept forces créatrices, ces forces ont leurs correspondances dans les planètes, et les planètes dans les sept lettres doubles de l'alphabet hébraïque. Cette nomination double est tout à fait remarquable, car elle porte en elle-même la qualité et le défaut, le plus et le moins, Dieu et le diable. Donc, pour nous, les humains, les planètes paraissent tantôt comme la Providence divine, tantôt comme la force diabolique, et il est intéressant de noter qu'aux yeux du voyant et du mystique, les puissances planétaires supérieures apparaissent sous deux aspects : sous l'aspect subjectif - comme influence -, et sous l'aspect objectif - comme des formes divines ou diaboliques. Souvent une même puissance planétaire est représentée par plusieurs formes, parfois opposées l'une à l'autre et contradictoires…La dépendance du diable (ou des diables) des sept planètes est affirmée avant tout par l'Apocalypse par l'image d'un monstre à sept têtes. Ensuite, elle est précisée par plusieurs mystiques et théosophes. « Le diable émeut la colère », dit J.-G Gichtel : « selon les sept formes de la nature dans l'homme : tantôt en Vénus, par des pensées impures, tantôt en la Lune en nous insinuant que la perfection n'est pas de ce monde, soit en faisant se dresser l'âme dans la propriété de Mars, par le feu du Moi, soit par Jupiter, de sorte que l'âme s'empoisonne elle-même ; avec le Soleil, il l'occupe d'imaginations et de fantaisies étrangères ; avec Saturne, elle doute de Dieu et par Mercure il lui donne une fausse confiance en lui… »… On sait que les Sept Archanges du Christianisme correspondent aux sept planètes des Anciens. Maintenant, il nous faut préciser que les archanges n'incarnent que le côté « bénéfique » de l'influence astrale, et le côté « maléfique » est représenté par les diables. Il ne faut pas s'étonner de cette représentation : l'influence de chaque planète peut être considérée comme une échelle, dont le degré inférieur est occupé par le diable, et les degrés supérieurs par les esprits lumineux (archanges, anges, génies, etc.). Le nombre sept paraît comme un nombre d'extrême importance dans toute l'Antiquité, mais il ne faut pas penser que tous les symboles se rapportant à une planète quelconque sont identiques ; souvent ils reflètent les degrés différents de l'échelle astrale.. Ces sept diables s'associent avec les sept archanges dont ils sont les complémentaires. Les uns, comme les autres, sont les polarités d'une seule chose : les planètes. Les vertus capitales dirigées par les archanges s'opposent aux péchés capitaux - influences diaboliques - ; mais les vertus et les vices sont les modalités différentes d'une même sssence sidérale. Les diables et les péchés sont la suite logique des archanges et des vertus, leur prolongation ténébreuse, pour ainsi dire, comme on le voit dans ce tableau…
Les diables, comme les dieux planétaires de toutes les religions, se rattachent à ces mystérieuses formes planétaires dont nous avons parlé plus haut. C'est de son psychisme, de l'intérieur de lui-même, que l'homme a tiré ces formes hideuses, terrifiantes qui personnifient les bas-fonds de l'influence astrale. La réalité des diables ne provient que de la réalité de ces influences planétaires ténébreuses, - ce qui n'exclut nullement l'existence des entités infra-humaines. (pages 40 à 71)

Les correspondances universelles

L'Hermétisme, devenu de nos jours l'Occultisme, est basé avant tout sur une série de correspondances qui lient les entités invisibles (les génies planétaires et zodiacaux), les astres, les métaux, les plantes, les animaux, les couleurs, les sons, les nombres, etc., transformant ainsi tout ce qui se trouve dans l'univers en compartiments allant du plus petit au plus grand à travers les espèces, phénomènes et divisions par genre naturel. Comme l'Astrologie est, par excellence, la science des correspondances et des analogies (conservées même dans l'Astrologie dite scientifique qui prétend cependant n'avoir rien de commun avec l'Occultisme), il me semble indispensable d'essayer d'approfondir le principe même de quelques-unes de ces correspondances que l'Astrologue manie le plus souvent sans réfléchir. Les Anciens avaient visiblement une sorte de « sixième sens » qui leur permettait la vision directe et, probablement, infaillible de ces « correspondances » et « affinités ». Ce sont eux qui nous ont légué ces listes parfois contradictoires des rapports entre les planètes et les signes du Zodiaque, d'un côté, et toutes les choses terrestres de l'autre côté… Plus on s'approche de notre époque ou, autrement dit, on s'éloigne du temps où la perception intérieure des planètes était courante, plus les erreurs deviennent faciles et les attributions sujettes à caution. Ainsi, nous sommes obligés aujourd'hui de réfléchir sur chaque correspondance, de l'examiner à l'aide de tout notre savoir, de passer des heures à vérifier les choses que les Anciens pressentaient spontanément comme des personnes fortement intuitives « sentent » leurs nouvelles connaissances. (pages 77 et 78)

Le langage et l'Astrologie

Les astrologues se complaisent souvent à énumérer les mots de provenance astrologique, comme : jovial (de Jupiter) martial (de Mars), désastre, mercanti (de Mercure, dieu et astre des commerçants et des fripons à la fois), héliotrope (plante d'Hélios, c'est-à-dire du soleil), sélénite : les expressions comme mal luné, caractère lunaire, et les noms propres reflétant le monde astral et ses influences, comme Montmartre (Mont de Mars), Venise (dérivé de Vénus), Marseille (dérivé de Mars), etc. Mais les rapports du langage et de l'Astrologie sont beaucoup plus intimes et profonds que tous ces mots et expressions dont la plupart ne font que refléter la croyance à l'influence des astres qui jadis était aussi universelle que la croyance au monde invisible et supérieur à notre sphère terrestre. Chaque langue, tout en formant un système cohérent et ordonné, doit avoir des correspondances astrologiques qui l'ordonnent en quelque sorte et la mettent en harmonie avec l'univers tout entier, mais si ces correspondances sont oubliées en Occident, elles sont encore vivaces en Orient. (pages 82 et 83)

L'Astrologie et l'histoire

Les historiens et les archéologues sont souvent troublés par les descriptions symbolistes des faits et par les narrations qui obéissent à d'autres soucis que celui de la « vérité historique ». Ils oublient que de Platon et Démocrite jusqu'à Roger Bacon et Raymond Lulle, on n'eut jamais imaginé qu'une physique, une métaphysique, une éthique et une histoire pussent se passer d'un fondement cosmologique. La réalité historique était à leurs yeux plus dans le déroulement cyclique, céleste, astrologique que dans les petits faits qui attirent nos historiens rationalistes d'aujourd'hui. Nous avons aujourd'hui plusieurs manières de présenter l'histoire, mais si les auteurs contemporains trouvent tout naturel que le point de vue économique, par ex., ne coïncide pas toujours avec l'histoire militaire ou des institutions, ils n'imaginent plus qu'on puisse présenter le développement de l'humanité ou d'une de ses parties par des raccourcis astrologiques. Pourtant, ce dernier point de vue, plus synthétique, était celui de toute l'Antiquité. (page 105)

Le temps

Pour les Anciens, le temps n'était pas une fiction physique, mais une réalité spirituelle, ou plutôt l'ensemble des entités vivantes. Les Gnostiques ont donné à ces entités le nom d'Eons, et il faut insister sur le fait que ce nom s'applique avant tout à des entités et non à des périodes de temps. Leur conception faisait des cycles, des esprits vivants et individuels passant sur la terre et le Cosmos comme les ombres chinoises sur un mur. Un premier Eon agit, et l'action qu'il exerce est reprise par un second qui, après avoir déployé sa force, est à son tour relevé par un troisième, etc… Ce n'est que très tard que le concept abstrait de temps s'est lié à l'idée d'un Eon qui, dans son sens primitif, veut dire quelque chose de vivant, d'existant. Le mot hébreu Yon désigne également la même entité spirituelle, réelle. Dans presque toutes les langues, il y a une parenté entre Deus (Dieu) et dies (jour). Les Archées, les esprits du temps, les jours bibliques, les jours et les nuits de Brahma, pour ne citer que les choses les plus connues, se rattachent à cette conception du temps vivant. D'ailleurs, dans la conception ancienne, l'univers, les Astres, tout est vivant, tout vibre d'une vie intérieure. Comment le temps pourrait-il échapper à cette vie spirituelle universelle ? (page 118)

Le processus de l'initiation

Il y aurait beaucoup de choses à dire, aussi bien au sujet du processus initiatique qu'à celui du symbolisme des points cardinaux qui se rattache à son tour à celui des éléments. Certaines traditions affirment que le but de l'initiation est « la rupture du Zodiaque », c'est-à-dire la sortie de l'individu du joug astral auquel nous sommes assujettis, et il est logique et normal que, pour parvenir à ce but, il faille suivre les étapes du symbolisme zodiacal… En attendant, ce qu'il faut signaler, c'est, d'un côté, l'universalisme des points cardinaux, et, de l'autre, leur « divinité », complètement oubliée de nos jours. Celle-ci n'est pas une « superstition », mais une réalité spirituelle et tangible, et cette réalité divine est un des fondements de l'Astrologie Esotérique. « Brahma est au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest », clame une Upanishad, tandis que le Christianisme, comme le Judaïsme et l'Islam, placent les anges aux points cardinaux, - ce qui semble par moment embarrasser nos prêtres « progressistes ». La reconnaissance de ces « anges » ou « forces supérieures » des points cardinaux est un des premiers pas sur le chemin de l'Esotérisme et de l'Astrologie. (pages 127 et 128)

De l'exotérisme à l'ésotérisme

L'Esotérisme de l'Astrologie se base sur les mêmes facteurs (planètes et signes) que les rudiments de cette science. Il résulte de l'étude approfondie de ces facteurs. Au bout d'un certain temps, chaque astrologue s'aperçoit soudain qu'il a quitté le domaine exotérique et se trouve au-delà de la triple enceinte de l'Esotérisme. On passe la porte étroite séparant ces deux régions sans s'en rendre compte, exactement comme les gens qui se glissent imperceptiblement sur le chemin du vice ou de la sainteté. La frontière entre l'Exotérisme et l'Esotérisme ne peut être tracée. Le moyen de venir à bout des arcanes de l'Astrologie, ce n'est pas de les déchiffrer, pour ainsi dire, du dehors. Le meilleur moyen de pénétrer un fruit, ce n'est pas de le peser ou l'étudier au microscope, mais de le manger. Pour l'Astrologie, c'est la même chose. Il faut la manger et la digérer. Il faut la vivre quotidiennement, la méditer jour et nuit, et celui qui s'adonne à elle de tout son être, saisit son Esotérisme comme un initié saisit le secret incommunicable. (pages 169 et 170)

Robert Ambelain astrologue

Une biographie astrologique


Robert Ambelain était né le 2 septembre 1907 à 10h20 à Paris. Il est mort le 27 mai 1997 vers 19h00. Il fit ses études à Paris. Ce fut vers 1921 qu'il commença à s'intéresser à l'astrologie. Il l'étudia principalement d'après les travaux de Junctin de Florence. Il connaissait la langue allemande. Il fut un collaborateur assidu de la revue CONSOLATION, 1935-1936. Il y publia divers articles sur l'astrologie et les arts divinatoires. En 1937, il prit l'initiative de fonder à Paris un groupe s'occupant de géomancie ; le G.E.O.M.
Robert ne fut pas à proprement parler un praticien assidu de l'astrologie. Cet art se situait pour lui dans un ensemble hermétique plus vaste sur lequel il jetait un regard très éclectique.

Recensons ses ouvrages consacrés à l'astrologie, en me permettant quelques commentaires personnels.
· 1936 : Eléments d'Astrologie scientifique : Etoiles Fixes, Comètes et Eclipses. Ce document fut tiré à 3000 exemplaires aux éditions J. Beetmale (Paris).
· 1937 : Ephémérides de Lillith, Deuxième satellite de la Terre, -870 à 1937, en collaboration avec J. Desmoulins, éditions Niclaus fut tiré à 2000 exemplaires. Je précise que la Lillith à laquelle ces tables font référence n'est pas la « Lune noire » inventée quelques années plus tard par Don Néroman, mais un deuxième satellite supposé de la Terre, fort prisé dans les pays anglo-saxons. Notons que cette lune noire anglo-saxonne était considérée comme une influence « occulte » et « sexuelle ». La Lune noire de Néroman, bien que située tout à fait ailleurs, reprendra ces attributs. Ce qui tend à confirmer la fâcheuse habitude qu'ont les astrologues d'attribuer leurs significations aux nouveaux facteurs célestes en s'appuyant sur de la pure spéculation, puis à croire que ces attributs proviennent ensuite d'une longue expérience empirique !
· 1937 et 1938 : Traité d'Astrologie Esotérique, tome 1 (Les Cycles) en 1937, suivi du tome 2 (l'Onomancie) en 1938, éditions Adyar. La technique enseignée par cet ouvrage se situe à mi-chemin entre l'astrologie judiciaire et l'astrologie onomantique.
· 1942 : Le tome 3 du Traité d'Astrologie Esotérique (l'Astrologie lunaire) est un riche recueil de 587 aphorismes issus de la tradition et consacrés au rôle de la Lune. Il contient également 47 thèmes.
· 1958 : Le Dragon d'Or, éditions Niclaus. L'ouvrage est consacré aux techniques magiques de découverte de trésors. Mais il contient de nombreux aphorismes d'astrologie horaire portant sur ce sujet. L'ouvrage sera réimprimé en 1997, après la mort de l'auteur. Dans une postface douteuse sans grand rapport avec le sujet, il nous est expliqué (page 228) que Robert Ambelain, ayant renié ses adhésions chrétiennes, était donc un apostat…
· 1964 : Le Traité des Interrogations Célestes est à mes yeux son chef-d'œuvre. Cet ouvrage, qui est pour l'essentiel une libre traduction d'un texte de Junctin de Florence, contribuera à maintenir le flambeau de l'astrologie horaire dans les sombres années 65 à 85. Au nom d'une « nouvelle astrologie », les tenants de la tradition étaient alors hués, interdits de parole ou de publication. Relisons la fin de la préface (page 13) : « A elle seule, l'Astrologie Horaire se dresse donc comme un sphinx, impératif et incorruptible, capable d'interdire toute explication, toute justification au principe même de la Mantique. Et pour cela, pour tout le merveilleux qu'elle implique, pour ce mystère et cet inconnu qui vont de pair avec ses règles et son ésotérisme, l'Astrologie Horaire est à nos yeux la plus haute forme de la vieille et toujours jeune Science des Astres… » L'ouvrage sera réédité par Robert Laffont en 1971.
· 1991 : Koré. La dixième planète tente d'expliquer que les astrologues iraniens évoquaient l'existence d'une planète inconnue. Robert en propose les éphémérides et quelques applications pratiques.
· 1993 : Retour à Samarkande rappelle d'importantes notions sur les étoiles fixes, le zodiaque, les parts, les demeures lunaires, les révolutions solaires et les directions.
· 1994 : Retour à Alexandrie est consacré à l'astrologie mondiale des anciens. Plus particulièrement orienté vers l'astrologie arabe et sa façon d'interpréter les éclipses, les maîtres de l'année, les conjonctions de Jupiter et Saturne et autres techniques de ce type.

Comme dans toute œuvre, le lecteur cultivé trouvera des joyaux et des scories. Comme Robert Ambelain avait horreur de se faire relire par d'autres, il n'a pas échappé à d'inévitables bourdes. Je me souviens de l'impétueux Max Duval rouge de colère quand il évoquait l'interprétation (très) libre que Robert avait faites des textes arabes à propos du zodiaque !

Quelques souvenirs personnels

Jeune astrologue inconnu, j'eus un jour l'outrecuidance d'écrire directement à Robert Ambelain. Je lui expliquais que j'allais à Paris et que je serais heureux de le rencontrer. A ma grande surprise, il me reçut. Il m'ouvrit, en tenue très décontractée, bien planté dans ses célèbres pantoufles et il m'invita à boire une bière. Je le revis plusieurs fois dans les années qui suivirent.

A quelques exceptions près, nos conversations sont restées centrées sur l'astrologie et les arts divinatoires. Bien que très impliqué dans ce monde, je n'abordais les questions initiatiques que rarement. En ce domaine, il était très amer quand il voyait agir les petits maîtres qui lui succédèrent, et qui ont depuis fini de ruiner son héritage.

Il savait faire preuve d'humour. Quand je l'interrogeais au sujet de sa profession, il me répondait : « astrologue préfectoral ». De quoi s'agissait-il ? « On m'avais mis dans un bureau avec une machine à écrire, mais je n'avais rien à faire de la journée. Aussi, j'en profitais pour écrire mes livres. »

Bien que très suspicieux à propos du zodiaque sidéral (il changera son point de vue dans son dernier livre), Robert acceptera de préfacer le Manuel d'astrologie divinatoire que j'avais écrit en collaboration avec Chantal Etienne. Avec Chantal, afin d'éviter les dérives de la part des lecteurs, nous n'avions pas reproduit dans ce manuel les règles décrivant les voleurs. Robert me l'avait gentiment reproché en me disant qu'il fallait abandonner ce type de scrupule. Il fallait transmettre l'astrologie sans complexe, sans céder aux censures du milieu astrologique ambiant. J'ai retenu la leçon. Dès les premières années, il avait accepté d'être membre du comité de patronage de ma revue La Recherche Astrologique dont la publication commença en 1984.

Robert veillait à ce que la tradition ne se perde pas. Il savait transmettre. Dans un courrier du 29 décembre 1989, il me demandera de reprendre le flambeau du G.E.O.M. en réunissant un petit groupe sous la forme de mon choix. Ce sera fait. En 1990, il me donna des baguettes de Y-King, avec l'étui qu'il avait lui-même bricolé, une transmission et un rituel d'interrogation de son cru.

Ne croyant pas du tout à la notion d'astrologie scientifique, il pensait que l'astrologie relevait de l'hermétisme et des arts divinatoires. Malgré ma jeunesse, nous étions en communion d'idées sur ce point. Aussi m'avait-il donné à titre confidentiel deux documents :
· en 1986, une invocation composée essentiellement d'extraits du Livre d'Enoch qu'il me recommandait d'utiliser lorsque j'interprétais une interrogation.
· en 1990, un rituel d'interrogation plus sophistiqué (et complexe !) qu'il avait lui-même rédigé à l'intention des praticiens de l'astrologie horaire.
Il m'avait demandé de ne publier ces documents qu'après sa mort. Pour lui, l'atmosphère du milieu astrologique de l'époque ne se prêtait guère à prôner publiquement cet aspect occulte de l'astrologie. Après sa mort, j'ai donc inclus ce texte dans mon cours L'aspect occulte de l'astrologie. Aujourd'hui, je le publie dans L'Esprit des choses pour qu'il ne se perde pas.

Quelques extraits de courriers

Voici quelques extraits de courriers reçus de Robert. J'ai uniquement retenu ce qui concernait l'astrologie et les arts divinatoires. Je suis évidemment impliqué dans certains passages, mais je les ai tout de même cités. Car tous comportent des pistes de recherche ou des détails qui peuvent être utiles aux chercheurs futurs.

Paris, le 13 novembre 1986 : « Merci de votre envoi. Je vais le faire traduire pour l'anglais, car pour le sanscrit, ce n'est peut-être pas très utile. Je crois que nous ne sommes pas faits pour entrer en ce courant, un peu particulier. Nous sommes, psychiquement, d'hérédité judéo-chrétienne, avec à l'arrière-plan, un peu de celte. Par conséquent c'est en cette tradition que nous devons rechercher nos procédés d'action. Même cette Kabale chrétienne, qui fait sursauter les kabalistes hébreux (ils ont raison !), est pratiquement valable. Vous trouverez ci-joint un essai, jeté à la hâte sur le papier il y a bientôt un an, justement en vue d'élaborer un rituel d'interrogation astrologique. Il est peut-être un peu compliqué, mais il y a toujours moyen de simplifier sans rien perdre… En tous cas, j'insiste sur la pratique nocturne, le Soleil étant en maisons IV ou III. Pour moi, cela ne me pose pas de problèmes, car je me couche généralement vers 21 heures, et me lève vers 1h30 ou 2h00, pour me recoucher vers 4 ou 5 heures du matin. Sauf si la télévision donne quelque chose de bien (. ?.). »

Paris, le 4 décembre 1986 : « Notez que si l'on prend le degré natal dans le Calendrier Thébaïque de Christian, avec les deux degrés précédents et les deux suivants, soit cinq en tout, on a déjà un petit horoscope, qui, uni aux présages du Signe natal du mois, donne un aspect très correct du sujet de l'horoscope. En ce qui concerne le thème hindou en carré, j'avoue avoir peu d'attrait pour ce procédé. Je préfère celui des astrologues médiévaux, en carré, avec ses douze triangles. Il exige le tracé préalable de seize lignes droites, nombre des Entités divinatoires de la Géomancie, cette Astrologie terrestre. Il évoque quatre autres triangles intérieurs, sous-entendant peut-être un Juge, deux Témoins et une Sentence, comme en Géomancie. Eléments issus sans doute de calculs analogues à ceux des parts. »

Paris, le 12 décembre 1986 : « En ce qui concerne la représentation du ciel astrologique, je reste résolument fidèle au "miroir du diable" comme le surnommait Choisnard ! Les divers types sont pour moi des fantaisies, loin d'être aussi pratiques que le bon vieux thème de l'Occident médiéval… Revenant à l'astrologie, je crois que tout ce que Junctin a rassemblé et que Volguine a publié en ses Révolutions solaires selon Junctin de Florence, est bien touffu. Il me semble que la divination possède des clés plus simples ! En effet, si vous avez les deux tomes de mon Astrologie Esotérique, prenez le tome II consacré à l'Onomancie. Il y a des tables aux pages 140, 141 et 142. Il me semble que si ce procédé est valable pour l'Onomancie et son ciel (très compliqué !), on doit pouvoir en établir l'équivalent en Astrologie judiciaire… Pour moi, le Maître de l'Année dont nous parle Junctin en ses révolutions, est à extraire d'une de ces tables. Ci-joint un essai reposant sur l'ordre supérieur des Jours, en vertu de l'adage « un jour égal un an, un an égal un siècle », tiré de l'Ecriture (Pierre, Ep. III,8). Il semble que cela donne de bons résultats. Le Maître du cycle de 7 années, son aspect avec celui de l'année, leurs positions en Signe, Maison, tout ceci se retrouve en notre vie. »

31 mars 1987 : Je suis de l'avis de Patrice Genty, on a matérialisé l'Astrologie. La véritable a une âme ésotérique, occulte, dont l'actuelle n'est qu'une caricature. C'est à ce retour que je vais m'attacher en un prochain livre. Que fait-on des maîtres des Jours, qu'il ne faut pas oublier si on admet les maîtres des Heures et les maîtres des Années ? Il y a là une chaîne extraordinaire… L'Univers est un vaste ordinateur, ou tout est programmé. Mais l'Ingénieur qui a calculé le programme n'est pas l'Ouvrier qui l'a réalisé… Et ne voir que l'Ordinateur, c'est oublier les auteurs de l'ensemble !

Paris, le 13 avril 1987 : « J'ai beaucoup aimé votre expression "calendrier divinatoire", car elle est parfaite ! Il faut bien dire que nous sommes en possession de multiples éléments catégorisant les fractions du Temps, et nous ne nous en servons pas…Je prépare un nouveau livre sur l'Astrologie des Arabes, telle qu'elle se pratiquait aux Xe/XIIIe siècles, vers Samarcande ! Il y a encore là-bas l'observatoire de Ouloug-Beg, petit-fils de Tamerlan, qui nous laissa des Tables, que s'appropria Alphonse X de Castille dans les universités maures de Cordoue, Séville, etc. C'est une astrologie reposant sur des astres réels, mais interprétée avec des influences planétaires cycliques et occultes, hiérarchisées. »

Nice, le 16 mai 1987 : « J'ai bien sur rencontré des amis de notre obédience, notamment un médecin, acupuncteur, fervent de tout ce qui est asiatique, et qui va quelquefois en Chine (Formose) et Hong Kong. Il a reçu d'un de ses amis revenant d'Iran, un petit astrolabe arabe, en cuivre, réceptionnant 4 plaques intérieures avec curseur, et permettant d'établir 4 domifications différentes. Le tout est grand comme une main ! Cela a du appartenir à un astrologue itinérant, cela est facile à dissimuler…Je vais lui demander une copie des pièces. Cela peut me servir pour mon « Astrologie des Arabes » en cours d'élaboration. En ce qui concerne l'importance de Saturne, j'ai noté celle de ses retours à sa position natale, sorte de « révolution saturnienne ». Cela donne une idée générale de la vie pour une période de 29/30 ans. Et quatre retours de Saturne à sa position natale = 120 ans ! Je vous donnerai un article sur cela à mon retour à Paris. »

Nice, le 13 mai 1988 : « Voici une conclusion importante, en tout cas, que ce résultat [l'élection de François Mitterrand], contredisant tout le monde ! Il a été élu, mais pas à « touche-touche »… J'ai donc repris le thème : 26 octobre 1916, Jarnac. Il est maintenant certain que "vers 4h15 du matin" est une heure fausse. D'où vient ce "vers" d'ailleurs ? De lui évidemment. J'ignore ce que dit l'état-civil. Mais prenez 6h30 ; vous avez l'AS en Scorpion, avec le Soleil en I en Scorpion, le Sgr de la Xe en I… Si ce n'est pas celui que ses amis du PS nomment, tantôt "le Florentin", tantôt Machiavel… Mais, même avec le banal thème solaire, le Signe de naissance en I, on le retrouve également. Du moins, on l'aurait ! »

Paris, le 29 décembre 1989 : « Vous viendrez si possible avant le printemps chez moi, je vous remettrai oralement toutes les données essentielles, un résumé du rituel, certains accessoires matériels, et vous montrerai des objets rarissimes… J'ai eu la chance de recevoir bien des éléments de la tradition véritable, de source vietnamienne, et aussi des objets qu'on ne trouve jamais chez les antiquaires. Vous recevrez également une filiation par un rituel que vous pourrez mettre en pratique avec des éléments valables de votre milieu. Notez qu'en cette tradition, ce sont les ancêtres qui sont interrogés… J'avais, avant la guerre, rassemblé quelques géomanciens au sein du GEOM (Groupe d'Etudes Occultes et Magiques)… Ce sera un peu cela, quoique la Géomancie arabo-européenne ne soit qu'un tronçon du grand Yi-King rituel, plus simple en ses interrogations. Une exigence absolue : ne prenez que des gens qui soient au courant de la géomancie banale. Pas de curieux ! »

Paris, le 23 janvier 1990 : « Vous trouverez ci-joint (enfin !) une Invocation destinée à ritualiser, comme vous me l'aviez demandé jadis, une interrogation astrologique. Ce sont des extraits de certain chapitre du Livre d'Hénoch. Ce texte pourra être intégré dans le Sacramentaire des Rose-Croix, au chapitre des dons occultes. J'avais établi un rituel un peu plus long, adapté à l'emploi d'un almadel astrologique, de quatre Flambeaux et d'un Cristal au centre. Comme très souvent, j'ai demandé ensuite à la Géomancie si cela se trouvait être conforme… La réponse a été non aux Flambeaux (Carcer), et non au Cristal (Tristissia) : je n'insiste donc pas… J'ai toujours été conduit dans la voie de la vérité lorsque j'ai interrogé pour un motif élevé : Oracle égyptien, ou Géomancie. Choisissez une date favorable selon votre ciel natal, pour venir à Paris recevoir une instruction et des objets quant au Y-King ; une seule restriction, tout ceci doit demeurer confidentiel tant que le livre n'est pas paru. Vous ne pourrez donc pas transmettre pour le moment… » Vous trouverez l'invocation citée dans ce courrier à la fin du présent document.

Paris, le 2 novembre 1992 : « Tu vas recevoir un nouveau livre…sur l'Astrologie des Arabes. C'est le retour à l'Antique ! Je te cite pour tes Etoiles Fixes, et je développe la théorie du thème en carré. »

En conclusion

Enfin, et comme les plus grands astrologues, Robert avait prédit sa propre mort. A plusieurs d'entre nous, il avait annoncé qu'il mourrait à 89 ans. Avec plusieurs amis, nous avions discuté de ce pronostic avant qu'il se réalise. Il s'est accompli. Il est ainsi sorti par la grande porte, avec les honneurs. Quelles que soient les inévitables carences du personnage et de ses livres, son message perdurera. L'astrologie fut, est et restera un art divinatoire. L'astrologie est l'art d'interroger le divin comme le Yi-King est l'art d'interroger les ancêtres.

Le septième chapitre de l'affaire des planètes dont il y en a trente, et les voici

Par Ibn Ezra

L'approchement, le conjoignement, le mêlement, le regard, le départ, l'aller seul, l'ataisement (le silence), le remuement, l'amassement (union) et le retournement de clarté, le don de force et le don de puissance et le don de deux natures. Et la droiture, et la voie torte et l'empêchement et le retournement à bien et le retournement à mal. Et le disturbement. Et l'accident. Et la perte et la coupure de clarté. Et la suavité et la récompense. Et le reçoivement. Et la volonté. Et la semblance et la médiation. Et le prinçoiement.

L'approche, c'est quand deux étoiles sont en un (même) signe et qu'elles sont droites en leur aller et que les grés de l'étoile légère soient moindres que les grés de l'étoile plus pesante qu'elle, et tant que ses degrés sont moindres elle est appelée approchante. Et quand elle est en un (même) gré avec lui, alors sont approchement est parfait. Et le commencement de l'approchement est quand il y a entre eux moins de 13 grés, et moins sont les grés, plus fort ce qu'elle enseigne sur lui et sur cette voie ; de cette voie est l'approchement dans les rayons de la clarté que sont les sept regards (aspects) ainsi que nous avons mentionné.

La conjonction est quand deux étoiles sont en un même signe et que chacune est en la force (orbe) du corps de l'autre ; alors elles sont appelées conjointes et quand ells sont en une même partie (minute ou degré ?), alors leur force est entière quant à ce qu'elles enseignent. Et si l'une est en la force de l'autre et que la seconde n'est pas en la force du corps de la première, alors elle n'est pas entière, car elle n'enseigne sur elle que près de la moitié. Et en semblance de quoi (par exemple) : soit l'éloignement entre la Lune et Saturne qui est de 8 grés devant ou derrière et donc chacun d'eux sera en la force du corps de l'autre. Et s'il y a entre eux 10 grés, alors Saturne sera en la force du corps de la Lune et non la Lune en la force du corps de Saturne. Et plus l'étoile légère va en conjonction de la pesante, plus sa force est grande que quand elle se sépare d'elle, même si elle est en la force de son corps.
Et si les deux planètes sont en deux signes et chacune d'elles en la force du corps de l'autre, il ne doit pas être dit sur elles qu'elles sont conjointes, parce qu'elles sont en signes divers : c'est le sens des Anciens. Et Abraham Even Azre qui a ajusté ce livre dispute cette idée, comme je l'expliquerai au Livre des Nativités. Et aussi les Anciens n'ont pas mentionné pour les étoiles souveraines qui sont en l'orbe des signes de combien est la mesure de leur force, sinon que Doronius (Dorothée) dit que c'est le quart du signe. Et le sens de ceux qui sont précis en cette science est qu'il est comme la mesure de la force du corps de la planète soit l'étoile souveraine de l'honneur (magnitude) premier ou second. Et la raison de la conjonction est quand deux étoiles ou plus se conjoignent, chacune d'elles ayant son orbe plus bas de l'orbe de son compagnon et quand il y a entre eux un gré et une partie (minute) vers l'orbe (cercle) des signes, alors l'étoile légère cachera la pesante à l'œil, car elle est rencontrée sous elle, s'il n'y a pas entre eux de largeur (latitude) au pourtour de l'imagination (écliptique) et je parlerai encore sur cela.

Le mêlement est quand une étoile se conjoint avec une autre et ce sont des planètes, alors il naîtra de la nature des deux étoiles une autre nature, ainsi pour Saturne et Mars, chacun d'eux est méchant (maléfique) ; quand ils se conjoignent, les Anciens on dit qu'ils enseignent sur le bien. Et le vrai est que chacun perturbe l'œuvre de son compagnon et par là le né sera garanti des dommages. Et donc ils enseignent sur le bien du fait qu'ils ne dommagent pas. Et Jupiter avec Saturne, c'est la grande conjonction, parce qu'ils sont deux souverains, et selon la force de chacun d'eux se montrera sa nature. Et Mars avec Vénus : leur conjonction est mêlée aussi, comme je l'expliquerai. Et la conjonction des planètes avec le Soleil est méchante pour eux, et la plus grave de toutes est pour Vénus et la Lune. Et Saturne et Mars sont aussi méchants pour le Soleil quand ils se conjoignent avec lui. Et Jupiter et Vénus bonigent et ne maligne pas. Et Mercure, par le nombre de ses mouvements et du fait qu'il est près du Soleil toujours, peu le dommagera quand il est dessous le Soleil ou dessus la termine de l'arson et quand l'étoile est empressée avec le Soleil, selon le sens des Anciens, elle a grande force, à tel point qu'ils ont dit, quand il en est ainsi avec Mercure, deux Mercures sont au ciel. Et Bertelmieu (Ptolémée) les tance et il a raison. Et la conjonction de la Lune avec Saturne et Mars est dommageante. Et si la conjonction est avec Saturne et que la Lune est au défaut de sa clarté (éclipse), alors c'est plus mal, et si s'accroît sa clarté, elle allégera le dommage, et le rebours de la chose si elle est conjointe à Mars. Et si la Lune est en force, ils rapetissent sa force et ne l'endommageront pas grandement.

Le regard, soit regard sixième ou tiers ou opposite comme je l'ai expliqué au tiers chapitre de ce livre et quand il est éloigné du regard de 12 grés. Et Bertelmieu dit 6, alors il est en la force (dans l'orbe) du regard. Et je te donnerais un exemple : s'il y a entre l'étoile et une autre 54 grés, il est en la force du regard sixième. Et quand l'éloignement entre eux est de 64 grés, alors il y a regard entier, et il enseigne parfaitement de toute chose qu'il enseigne pour lui et ainsi des autre regards.

Le départ est quand l'étoile légère dépasse l'étoile pesante d' 1 grés ou en conjonction ou en regard, et c'est sur deux voies car si c'est la légère qui se conjoint et se sépare d'une autre étoile, en conjonction ou en voie de l'un des regards, alors son mêlement sera avec l'autre étoile. Et si elle ne se conjoint pas à une autre étoile ni ne la regarde et s'il y a entre elle et la pesante en conjonction mois que la force de son corps, elle est encore en son mêlement, et en sus de cela le mêlement se sépare. Et tu dois regarder toujours les degrés qui sont droits (égaux) en ascensions. Et l'exemple est une étoile à 10 grés de l'Agneau (Bélier) et la seconde à 20 grés des Poissons, l'éloignement des deux de la ligne droite (équateur), et donc il doit en être ainsi comme s'ils étaient conjoints. Et une autre voie aussi quand ils sont en 1 gré que leurs heures tordues (obliques) sont égales comme 16 du Lion jusqu'à 14 du Bœuf (Taureau). Et cette raison est parce que l'éloignement du chef de l'Agneau ou des Balances est égal. Et il sont appelés conjonction droite. Et ceux dont l'éloignement est égal du point septentrion et de midi que sont le chef de l'Ecrevisse et le chef du Chevreau sont appelés conjonctions contraires (tropiques du Cancer et Capricorne).

L'aller seul est quand l'étoile se sépare de son compagnon de 15 grés en conjonction ou en regard sixième et elle ne se conjoint avec nulle autre étoile tant qu'elle est en ce signe ou que nulle étoile ne la regarde tant qu'il est après un regard entier, quelque regard que ce soit.

L'ataisement (position fèrale) : la planète se « tait ». C'est quand l'étoile est en un signe et qu'aucune étoile ne la regarde ni qu'elle se sépare d'aucune étoile, et à la Lune il arrivera ainsi par la hâte de son allure.

Le remuement est sur deux voies, l'une quand l'étoile légère se sépare de l'étoile pesante et se conjoint avec une autre étoile ou la regarde et donc elle translatera (transmettra) la force de la première étoile à la dernière étoile. Et la voie seconde, quand une étoile légère se conjoint avec une autre plus pesante qu'elle et une pesante avec une plus pesante qu'elle, et donc la planète moyenne translatera la clarté de la légère à la plus pesante qu'elle.

L'amassement (union) est quand deux étoiles ou plus se conjoignent avec une étoile, et donc l'étoile plus pesante prend tout.

Le retournement de la clarté est sur 2 voies : quand une étoile ne se conjoint pas avec une étoile ni que l'une ne regarde l'autre mais qu'elles se conjoignent toutes deux ou regardent une autre étoile et cette étoile regarde la maison dont elle est maîtresse ou l'étoile qui est requise, alors sa clarté retournera à celle qui est requise.
La voie seconde, que le sire (maître) du signe germinant ne se conjoint pas avec le sire de la chose requise ou qu'ils ne se regardent pas l'un l'autre ou qu'ils se séparent l'un de l'autre, et la lumière part de l'un à l'autre, ainsi est-ce compté comme si c'était une conjonction.

Et donner la force est que soit l'étoile est en sa maison ou en la maison de son honneur (exaltation) ou de sa triplicité ou en son termine (terme) ou en ses faces (décans) et se conjoint avec une autre étoile ou la regarde, elle donnera sa force même à l'autre.

Et donner la puissance, c'est qu'une étoile regarde un autre étoile d'un regard d'amour parfaite (trigone) ou de demi-amour (sextile), alors leur mêlement à toutes deux sera droit.

Et donner la nature, c'est quand l'étoile se conjoint avec le sire du signe qui est là ou le sire de la maison de son honneur ou le sire de son termine ou le sire de ses faces ou le sire de la triplicité, alors il donnera à l'étoile sa nature.

Et donner les deux natures est sur deux voies : l'une quand l'étoile est en un signe qui est à lui en prinçoiement (maîtrise ?) ou le regarde aussi comme Vénus avec Jupiter quand il est en Poissons. Et la voie seconde, quand l'étoile se conjoint avec l'étoile qui est de sa nature : les seigneurs du jour avec les seigneurs du jour, et les seigneurs de la nuit avec les seigneurs de la nuit.

Et la droiture, c'est-à-dire l'étoile qui est en la grandeur de son degré, et c'est une chevilles (angles) ou une des soupoies (maisons succédentes).

L'obliquité (la voie tordue) est quand l'étoile est en une des chéantes (cadentes). Le déviement (l'empêchement) est sur deux voies, l'une quand trois étoiles sont en un signe et que leurs degrés sont divers et que l'étoile pesante (lente) a plus de degrés, que la moyenne empêche la légère (rapide), que ses degrés sont moindres, de s'ajouter à la pesante jusqu'à ce qu'elle ait dépassé, et après cela Vénus se conjoindra avec lui. Et la voie seconde par le regard qu'on deux étoiles en un signe et la légère est conjointe avec la pesante et une autre étoile regarde cette étoile pesante de quelque regard que ce soit et donc l'étoile qui est avec elle obstruera (déviera) l'étoile regardante et détruira son affaire si l'on convient que leurs grés soient égaux, mais si les grés de l'étoile regardante (aspectante) soient plus prés du regard, le conjoignant ne pourra obstruer la regardante.

Et le retournement au bien. Sache que le retournement au bien est tel qu'une étoile se conjoint à une étoile qui est sous la clarté du Soleil, e donc le Soleil ne pourra recevoir la clarté par sa pauvreté et donc il retournera ; et encore une autre voie est qu'il se conjoint avec une autre étoile bonne par l'arrière et donc elle lui retournera ce qu'elle a reçu. Et le retournement au bien est à trois voies : l'une qui est celle qui est retournée en recevant le donneur. Et la seconde que la plus légère soit droite en son aller et la pesante ardente ou sous la clarté ou allant en arrière (rétrogradant). Et la tierce que ce soit l'étoile qui fait retourner en une des maisons chéantes et l'étoile dont la clarté lui est retournée en une des chevilles ou soupoies.

Et le retournement à mal est le rebours des trois voies susdites.

Et le perturbement est que soit une étoile est en la force du corps de l'autre et qu'elle ne soit avec lui en une partie (minute) elle retourne en arrière (rétrograde).

Et l'accident est que trois étoiles sont en un signe, l'une est légère et ses degrés nombreux, et la seconde est plus pesante ses degrés sont peu nombreux, et la tierce est plus légère que la première et se conjoint à la pesante et la légère se retourne la première, ses degrés sont nombreux en arrière et elle se conjoindra avec la pesante.

Et la déperdition est si l'étoile allant à se conjoindre est avec une autre étoile en un signe et avant que se conjoigne avec lui, la pesante se meut du signe, et se conjoint avec elle une autre étoile.

Et le taillement de la clarté est sur trois voies. L'une qui est l'étoile légère conjointe à une plus pesante qu'elle et les deux sont en un même signe, et l'étoile tierce en un second signe, et avant que l'étoile légère se conjoigne avec la pesante, l'étoile qui est au signe second retournera en arrière et entrera dans le signe où est la pesante et se conjoindra avec elle. Et donc elle taillera sa clarté de l'étoile première. Et la voie seconde qui est l'étoile légère conjointe à une étoile plus pesante qu'elle, et les deux sont en un même signe ; ainsi cette étoile pesante se conjoindra avec une autre étoile plus pesante qu'elle et, avant que la première n'atteigne la seconde, la seconde se conjoindra avec la tierce et la dépassera et tranchera la clarté de la première. Et la voie tierce que se conjoint une étoile qui n'est pas métier (nécessaire).

Et la suavité est que soit l'étoile est en puissance ou en bassesse et que avec une autre étoile se conjoint avec elle ou elle se conjoint avec l'autre et avec cette étoile est son ami ou sire de sa maison, ou il a pouvoir sur ce signe et lui transmettra sa puissance ou sa bassesse et le rendra suave.

Et la récompense (don de guerre) : cette étoile qui a transmis à la première son pouvoir ou sa bassesse, elle les retransmettra à l'autre étoile.

Et le reçoivement est quand l'étoile en conjonction ou en regard est avec une étoile qui est sire de sa maison ou sire de la maison de son honneur ou sire de la maison de sa triplicité ou de sa termine ou de ses faces, et elle reçoit cette étoile. Ou que se conjoint l'étoile avec une étoile et que la seconde étoile est en la maison qui donne la force ou en la maison de son honneur, c'est si le reçoivement ; mais si elle est en la maison de sa triplicité ou en sa termine ou en ses faces, elle ne recevra pas de reçoivement parfait. Mais si les deux pouvoirs se conjoignent, la triplicité avec le terme ou avec les faces et le regard tiers ou sixième, c'est aussi un reçoivement. Et aussi s'ils sont dans les degrés des signes qui son égaux en leur ascension.
L'étoile bonne reçoit la bonne, parce que leur nature est droite. Et Mars et Saturne se reçoivent l'un l'autre, si elles sont en regard sixième ou tiers et non dans les autrse regards. Et il y a un reçoivement fort, moyen et faible : le reçoivement fort est toujours la Lune avec le Soleil, car elle le reçoit dans tous les signes parce que sa clarté vient de lui, mais avec l'opposite (opposition) elle sera en travail et douleur et s'il est en un signe où elle n'a point de pouvoir, alors ce sont deux reçoivement ; et ainsi comme Mercure, quand il reçoit l'étoile du signe de la Pucelle, parce que c'est sa maison et la maison de son honneur ; donc ce reçoivement est entier. Et le reçoivement de maison, c'est le moyen. Et le reçoivement de triplicité ou de faces, c'est le faible.

La libéralité est quand il y a deux étoiles, chacune d'elles en la maison de son compagnon ou en la maison de son honneur ou en la maison de son pouvoir. Mais cependant l'une ne se conjoint avec l'autre ni ne la regarde, il y aura (cependant) entre eux reçoivement.

Et la ressemblance, c'est l'étoile mâle, de jour, sur la Terre, en signe mâle et en degrés mâles, et l'étoile femelle de nuit, sous la Terre et en signes femelles et en degrés femelles. Et si la chose est à rebours, ce qu'enseignera l'étoile n'est pas advenu.

Et la mitoyenneté est quand une étoile se sépare d'une étoile méchante en conjonction ou en regard, ou qu'il y ait une étoile bonne ou mauvaise en signe qui est devant elle et une autre étoile en signe qui est derrière elle et si le Soleil regarde l'étoile située entre les deux endommageants, il allégera beaucoup de dommage.

Et le prinçoiement (dignité), ce sont les trois étoiles souveraines qui sont orientales au Soleil depuis l'heure qu'il commence à être vu par l'œil ; alors elles sont en leur prinçoiement vaillant jusqu'à ce qu'il y ait entre elles et le Soleil un regard sixième et de là jusqu'au regard quart le degré de leur prinçoiement rapetissera, et de là jusqu'à l'étage (station) suivant, elles n'ont pas de prinçoiement. Et si ces étoiles sont orientales au Soleil et occidentales à la Lune, il n'existe pas de plus haut prinçoiement. Et pour les étoiles basses, leur prinçoiement commence dès qu'elles sont vues à l'Occident, après le coucher du Soleil, et la force du prinçoiement de Vénus et de Mercure dure jusqu'à ce qu'ils retournent en arrière, et s'il sont, quand ils sont orientaux au Soleil, occidentaux à la Lune, il n'est pas de plus haut prinçoiement. Et Bertelmieu dit que si la proportion du signe où est l'étoile au signe où sont le Soleil ou la Lune est comme la proportion de leurs maisons à


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