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Ce qu'en dit la presse Les origines de l'astrologie | Denis Labouré
Revue LA LETTRE DU CROCODILE (année 1997 N°4)
Denis Labouré nous propose, toujours aux éditions du Rocher, un livre indispensable pour comprendre les fondements philosophiques, métaphysiques, théosophiques et théologiques, en même temps que l'histoire de l'astrologie. Le livre Les origines de l'astrologie explore la construction des modèles astrologiques au fil du temps depuis la Mésopotamie, l'Egypte, la Grèce et l'Inde, met en évidence les éléments constitutifs des outils astrologiques, comment ils furent édifiés, souvent au carrefour de la science et du religieux. Le livre est passionnant, même pour celui qui n'est point féru d'astrologie, en raison de l'apport culturel indiscutable qu'il comporte.
En effet à travers l'histoire de l'astrologie, c'est aussi l'histoire de la relation de l'homme avec le divin et celle de l'homme avec l'univers qui sont traitées. Les croyances sur la place de l'homme dans l'univers, sa conception de l'univers et sa relation avec les dieux sont au cœur de l'astrologie. Les modèles astrologiques sont idissociables de modèles cosmogoniques et magico-religieux.
Denis Labouré identifie les sources d'une tradition qui voyage avant de répondre à certaines questions qu'il est indispensable d'aborder: pourquoi douze signes? Qu'est-ce donc en définitive que le zodiaque? D'où vient l'imagerie des signes? Qu'est-ce qu'un signe du zodiaque? Quelles sont les origines des maisons? De qel ciel parlons-nous? En effet l'astrologie s'inscrit dans une vision du monde, une théologie astrale, attribuée aux Babyloniens, dite chaldéenne, largement développée par les Grecs. Le ciel y est celui d''ristote et Ptolémée. Il faudra attendre Copernic, Thycho-Brahé, Képler et Galilée pour que le ciel grec soit remis en question.
Mais ce livre est également un outil très pédagogique, par son important appareil de notes, ses chronologies, sa bibliographie très complète.| Titre 1 | : | valeur 1 | | Titre 2 | : | valeur 2 | | Titre 3 | : | valeur 3 |
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|  REVUE OCCULTURE N°1 (année 2000) | A PROPOS DE " LES ORIGINES DE L'ASTROLOGIE"
A l'aube de notre civilisation
Pour écrire ce livre, Denis Labouré a effectué un véritable travail d'historien. Tous les historiens considèrent leur activité comme la recherche de la vérité concernant les choses du passé. Vérité qui, sauf à tomber dans l'hagiographie ou la propagande, se doit d'être étayée par des documents identifiés et accessibles. Cette quête requiert l'humilité de celui qui s'efface derrière son sujet et s'abstient de mettre en avant son point de vue personnel.
Il était temps qu'un tel livre paraisse pour qu'enfin l'astrologie soit dépouillée de tous les oripeaux dont l'ont affublée des auteurs aveuglés par leur goût du merveilleux ou les lubies de la modernité. La démarche de l'auteur est celle qui consiste à débarrasser un édifice des ajouts qui le défigurent, pour le restaurer dans sa forme initiale conforme à l'inspiration de ses promoteurs. Elle suppose, pour être appréciée, qu'on ose rompre avec le préjugé moderne qui veut que la nouveauté soit automatiquement supérieure à ce qui la précédait.
Si l'on en croit les psychologues,l'oubli de ses origines et des circonstances qui ont présidé à la formation de sa personnalité serait dommageable pour tout un chacun. Il en va de même pour une discipline. Imaginerait-on un philosophe qui ignorerait Platon, au prétexte qu'il a lu Descartes qui a posé les fondements du matérialisme moderne, mis en question trois cents ans plus tard par Heidegger.
Personne n'a jamais douté de l'ancienneté de l'astrologie. Il restait à l'évaluer. En l'état actuel des connaissances tirées des vestiges archéologiques, il apparaît que l'observation des astres était pratiquée en Mésopotamie dès 2400 avant J.C. La liste de présages la plus importante que nous possédions, dénommé Enuma Anu Emil, est composée de 70 tablettes gravées vers -900. Ce sont des relevés de corrélations entre des phénomènes célestes et des événements affectant la vie des hommes. Pour les habitants de la Mésopotamie de cette époque comme pour nous, les mêmes causes appliquées aux mêmes choses produisant les mêmes effets, il s'agissait de se mettre en mesure de faire face à des événements en les prédisant.
Les plus anciennes observations portent essentiellement sur les perturbations de l'ordre habituel, les phénomènes comme les éclipses, le passage d'une comète, une pluie d'étoiles filantes. Ce n'est que plus tardivement qu'elles porteront sur les mouvements réguliers des astres. En tout état de cause, l'astrologie est née de l'angoisse du lendemain chez une humanité qui se pensait comme étroitement dépendante du cosmos. Durant des millénaires, l'astrologie n'eut qu'une fonction: prédire.
Au cours des siècles cette technique se perfectionna si bien qu'un historien grec cité par l'auteur, Diodore de Sicile, écrivait à la fin du 1er siècle avant J.C.: " Comme ils (les Chaldéens) ont fait depuis des siècles des observations sur le cours des astres, comme ils en connaissent plus exactement que qui que ce soit les mouvements et l'action, ils sont en état de prédire aux hommes la plupart des événements futurs. C'est ainsi que les Chaldéens ont fait diverses prédictions remarquables, entre autres à plusieurs rois, et particulièrement au vainqueur de Darius, Alexandre, et après lui aux rois ses successeurs, Antigonos et Séleucos Nicator, prédictions qui se sont vérifiées dans tous les points. Ils prédisent également aux particuliers même des événements futurs avec une telle précision que ceux qui en ont fait l'expérience ne peuvent se lasser d'admirer leur savoir et les regardent comme au-dessus de l'humanité."
Mais avant, à Athènes, Hérodote, historien lui aussi, ami de Périclès et de Sophocle pour le situer, avait écrit à propos des Egyptiens: " Ils sont les auteurs de diverses inventions, telles que celle de désigner à quel dieu chaque mois et chaque jour est consacré; de déterminer, d'après le jour où un homme est né, les événements de sa vie, comment il mourra, quelles seront ses qualités." Le lecteur trouvera dans le livre la source précise de toutes ces citations.
Si certains, aujourd'hui, s'interrogent plus ou moins doctement sur la fonction de l'astrologie, ce n'était, à coup sûr, pas le cas des anciens.
Reste à savoir si ce qui était juste au temps de Diodore de Sicile ou d'Hérodote l'est encore pour nos contemporains. Question que l'on ne saurait esquiver lorsqu'on a perpétuellement à l'oreille le grand brame humaniste vantant les mérites de la liberté. L'humanité s'est-elle émancipée de son appartenace au cosmos par une sorte de nuit du 4 août psychologique, ou bien est-elle encore dans les mêmes liens nonobstant ses illusions égocentriques? On peut, sur ce point, faire couler beaucoup d'encre. Mais pour ceux qui appliquent avec rigueur les anciennes règles aux questions qui leur sont posées, le débat est vite clos. Encore faut-il, comme le remarque malicieusement Denis Labouré, pratiquer une astrologie vérifiable.
Nous devons à la vérité de préciser que, mis à part cette remarque discrète, l'auteur, laissant à Uranie le soin de reconnaître les siens, n'engage aucune polémique avec ses collègues. Nous ne nous sentons pas contraints à la même réserve, et nous arrogeons le droit de tirer de son ouvrage des conclusions qu'il a eu l'adresse de ne pas formuler, laissant au lecteur le soin de terminer le travail.
La genèse du zodiaque
La plupart des astrologues français d'aujourd'hui ne s'interrogent pas sur la nature et les origines du zodiaque qu'ils utilisent. Le point vernal constitue le degré 0 du Bélier et les 12 signes suivent à l'intérieur desquels les positions des planètes sont mesurées. Mais en a-t-il toujours été ainsi, notamment pendant les siècles au cours desquels les principes de l'astrologie furent définis? Non. De l'étude de tous les documents dont nous disposons il ressort clairement que, depuis les origines jusqu'à Hipparque, la position des planètes a toujours été repérée par rapport aux étoiles.
Cela se comprend très bien si, par un effort d'imagination, nous nous mettons à la place de nos très lointains prédécesseurs. En effet le ciel propose à l'observation deux sortes de phénomènes: d'une part des objets dont les positions ne varient pas les unes par rapport aux autres, les étoiles, et d'autre part des objets errants, les planètes. Ce qui, au demeurant, est très pratique, car toute observation rigoureuse suppose l'utilisation de points de repère fixes. Les anciens repéraient donc les planètes par rapport aux étoiles fixes les plus lumineuses situées à proximité de l'écliptique. C'est ainsi que les Babyloniens en vinrent à considérer respectivement Aldébaran et Antarès comme le centre du Taureau et du Scorpion. A 30 degrés de part et d'autre d'Aldébaran se situaient donc le centre du Bélier et le centre des Gémeaux, et ainsi de suite. Aldébaran, à 15°03m du Taureau, est opposée à Antarès, à 15°01 du Scorpion, à l'heure où nous écrivons ces lignes, comme elles l'étaient voici des millénaires quand les premiers astrologues confiaient à la postérité leurs observations sur des tablettes d'argile. Reste à savoir si nous souhaitons assumer cet héritage, ou bien si nous le répudions, à charge pour nous de démontrer, preuves à l'appui, que nous avons trouvé mieux.
Ce n'est pas parce que la division du zodiaque en 12 parties égales constitue pour nous une évidence aveuglante qu'il ne faut pas tenter d'en retrouver l'origine. S'il nous est difficile de savoir où nous allons, du moins efforçons-nous de savoir d'où nous venons! Encore une fois, si nous nous plaçons dans des conditions primitives d'observation, nous constatons qu'avec le déplacement des planètes par rapport aux étoiles situées à proximité de l'écliptique, les phases de la Lune constituent le phénomène le plus frappant.
En un an on peut observer 12 lunaisons, la Pleine Lune étant plus facilement observable que la Nouvelle Lune, la 13e intervenant à proximité de la 1ère. Le cycle solilunaire s'établissant à 29,5 jours, l'année fut divisée en 12 mois de 30 jours, et le zodiaque en 12 portions portant le nom de la constellation qu'elles contenaient.
Avec un luxe de détails que découvriront ceux qui auront le bonheur de lire son livre, Denis Labouré établit clairement l'origine stellaire et solilunaire du zodiaque.Pourquoi cette pratique ne s'est-elle pas maintenue? Au 2e siècle avant J.C., l'astronome grec Hipparque, comparant ses observations avec celles de ses prédécesseurs, découvrit que la longitude des étoiles augmentait régulièrement, leur latitude restant constante. Il ne pouvait y avoir que deux explications à ce phénomène : ou la sphère des étoiles fixes se déplaçait ou le point vernal rétrogradait. Hipparque se trompa en décrétant que la sphère des fixes se mouvait. Pourquoi commit-il cette erreur? Les Grecs savaient que l'axe de la Terre est incliné par rapport à celui de l'écliptique, donc que le plan de l'équateur céleste et celui de l'écliptique se coupent en deux points dits équinoxiaux qui déterminent le rythme des saisons. Il n'est en effet pas difficile de déterminer le point vernal, il suffit pour cela de relever la position du Soleil sur l'écliptique lorsque le jour et la nuit sont de durée égale. Mais comme les grecs supposaient la Terre immobile au centre de l'univers, ils ne pouvaient pas envisager la rétrogradation des points équinoxiaux due au mouvement de la Terre. Or la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil, mais en outre son axe décrit lentement, en près de 26 000 ans, un cône de rotation déterminant le phénomène de la précession des équinoxes qui fait que le point vernal progresse à travers le zodiaque dans le sens inverse de celui de la succession des signes.
D'un point de vue anthropocentrique, le passage du Soleil au point vernal suscite une réalité parfaitement tangible. Hipparque choisit donc de prendre ce point comme origine du zodiaque. Il établit d'ailleurs un catalogue des étoiles fixes repérées par rapport à lui. Et c'est toujours ainsi que travaillent les astronomes.
On peut donc affirmer que c'est à partir de la mise en lumière de ce phénomène, dont les causes réelles demeuraient cachées à celui qui le découvrait, que l'astrologie s'est coupée de ses origines et de ses fondements.
Le Tout et ses parties
La théorie des ères zodiacales, popularisée par Paul le Cour, qui énonce que le destin global de l'humanité est, en ses grandes lignes, déterminé par la position du point vernal dans une constellation est, ésotériquement parlant, la principale conséquence de cette rétrogradation. Si les prémices de l'ére du Verseau se font actuellement sentir, c'est parce que le point vernal n'a plus que quelques degrés à remonter pour quitter la constellation des Poissons. Alors peut-on se passer dans l'interprétation de nos thèmes d'un référentiel aussi puissant? Il est impossible de ne pas se poser la question. Si la position du point vernal par rapport au zodiaque sidéral nous livre les clefs du développement de la présente humanité, qu'en est-il de ceux qui la composent, humbles passagers d'un vaisseau qui parcourt une ère en 2 166 ans à peu près?
Il est clairement établi que les principales règles de l'interprétation des signes que nous livrent les astres ont été codifiées par rapport aux étoiles qui rythment et structurent le zodiaque. Si cela est valable pour l'humanité, quelle considération nous autorise à en affranchir chaque être humain en particulier?
La lecture du livre de Denis Labouré nous oblige à nous poser une question: ne devrions-nous pas monter nos thèmes en zodiaque sidéral? Ce faisant nous serions en bonne compagnie, car c'est ce que font encore les astrologues de l'Inde. N'oublions pas que l'astrologie a traversé les siècles par l'intermédiaire des civilisations mésopotamienne, chaldéenne, égyptienne pour aboutir en Grèce d'où elle fut importée jusqu'en Inde dans la mouvance des conquêtes d'Alexandre. Elle y trouva un terreau philosophique et spirituel propice à son épanouissement et à sa conservation. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, c'est dans ce pays que se pratique l'astrologie la plus conforme à ses origines millénaires.
Des signes
La nature sidérale du zodiaque étant établie, l'auteur entreprend alors d'explorer la genèse et la signification des 12 signes qui le composent. Venue du fonds des âges historiques, c'est en Egypte tardive que s'est fixée l'imagerie zodiacale. Mais le mot image ne doit pas faire écran comme l'explique Schwaller de Lubicz dans "Le Temple de l'homme": "Ayant reconnu qu'un groupement d'étoiles influençait certaines dispositions vitales, on en a recherché le hiéroglyphe comme on le fait pour l'écriture, en choisissant le type animal ou, en général, le geste qui incarne ou symbolise cette activité caractéristique. Ainsi, par exemple, le taureau est le hiéroglyphe qui résume et symbolise l'ensemble des caractères d'un groupement stellaire. Cela ne signifie pas que ce hiéroglyphe est figurativement tracé sur ce lieu du ciel. Il s'agit là d'une conception naïve pour une transmission populaire de la science."
C'est ainsi que les Egyptiens dénommèrent Verseau la constellation dans laquelle se situait la Pleine Lune lorsque commençait la crue du Nil à l'origine de toute leur économie; et Poissons celle qui se levait à l'horizon lorsque l'inondation atteignait son maximum, transformant le pays en un lac poissonneux. Ce qui établit indubitablement que le signe ne correspond pas à une subdivision arbritraire du cercle de l'écliptique, comme l'est le mètre par rapport au méridien terrestre par exemple, mais identifie une entité vivante qui possède une spécificité propre.
Ce que confirme l'analyse du sens du mot zoidion que les grecs utilisaient pour désigner un signe. Zoidion vient de la racine zoion formée de zoe, vie et ion qui désigne un lieu. Zoion peut donc se traduire par lieu de vie. Lieu habité par une forme de vie possédant le pouvoir d'engendrer ce qui est conforme à sa nature. Ici Denis Labouré se réfère à l'idée platonicienne, image vivante, archétype spirituel origine et modèle des choses tangibles. Mais on peut aussi voir dans ces "lieux de vie" le siège de ce qu'Aristote appelait la cause formelle et surtout la cause finale, les principes formateur et téléologique de toute chose.
D'où les signes tirent-ils leurs attributions? Des étoiles qui s'y situent, et des affinités qu'ils entretiennent avec les planètes. A ce propos, Denis Labouré démontre l'absurdité des théories qui prétendent faire dériver les significations des signes d'un commentaire de leur nom ou de leur glyphe, ou, moins naïvement, qui reposent sur une identification entre les signes et les attributions des maisons.
Pour déterminer la qualité d'un signe, il suffit de considérer la planète qui s'y trouve en domicile diurne ou nocturne, et, éventuellement, celle dont c'est le lieu d'exaltation. En d'autres termes: tout l'édifice de la pensée et de la technique astrologique repose sur les 7 planètes visibles, leur qualité et les vertus qui leur sont attachées. Les signes n'ont pas d'histoire.
Et des maisons
Dans l'état actuel des recherches historiques, il apparaît qu'on peut distinguer trois sources à l'origine de la signification des maisons dont il faut observer qu'elle constitue l'outil le plus récent de l'astrologie puisqu'elle n'est fixée définitivement que deux siècles avant l'ère chrétienne. 1°Des considérations symbolico-religieuses relatives au cycle diurne chez les Egyptiens et les Grecs, concernant surtout les maisons angulaires. 2° La prise en compte des aspects qu'elles forment avec l'ascendant. 3° Des planètes qui s'y trouvent en joie.
Les signes sont donc beaucoup plus anciens que les maisons. A la lumière de cette constatation historique, une conclusion s'impose: les signes ne tirent pas leur signification d'une analogie avec les maisons. La nature du signe du Bélier se déduit de ce qu'il est le domicile de Mars et le lieu d'exaltation du Soleil. Parce qu'il est le premier signe du zodiaque, certains ont imaginé qu'il endossait les attributions de la maison I. Cette théorie infondée est apparue au 18e siècle, vraisemblablement en raison d'une mauvaise interprétation des textes anciens. Textes dans lesquels on lit des expressions comme "la maison du Soleil" pour désigner le Lion. Les auteurs anciens se référaient en fait à l'action d'une planète en domicile dont l'influence est comparable à celle d'un homme qui se trouve dans sa propre maison, avec la possibilité que cela implique pour lui d'exprimer aisément sa propre nature.
Bien que cela ait été ressassé dans maint ouvrages de vulgarisation, il est faux de dire, par exemple, que le Taureau est obnubilé par la volonté d'économiser car, en tant que second signe du zodiaque, il endosse les attributs de la maison II, parmi lesquels se trouve le compte en banque. Tous ceux qui ont une réelle expérience de l'interprétation savent que les choses ne sont pas aussi simples.
Humain, trop humain!
En ces temps d'humanisme béat, il est une autre théorie, fort en vogue, qui soutient que la succession des maisons correspond aux phases du développement de la personnalité dans ses rapports avec son environnement. Outre les incohérences auxquelles elle aboutit, que l'auteur relève avec humour, il faut remarquer qu'elle s'enracine dans une vision de l'homme essentiellement psychologique qui n'a rien de commun avec la philosophie de ceux qui jetèrent les bases de l'astrologie.
Nous ne devons pas oublier qu'au commencement des préceptes hermétiques, la proposition "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut", vient avant son pendant "Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". Nous ne sommes pas ici en présence d'une tautologie, mais de l'énoncé d'un principe métaphysique qui pose que toute réalité du monde physique et psychique dans lequel nous vivons est le résultat d'une descente d'un fragment du principe à travers les 7 sphères planétaires qui enserrent la sphère terrestre et humaine.
L'ego malade et cafouilleux de l'homme moderne ne saurait en aucun cas servir de modèle pour l'établissement d'une structure archétypale de nos rapports avec le cosmos! L'ordre, le télos vient d'en haut: "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut", son pendant ne procède pas d'un automatisme de la réciprocité, mais constitue une invitation faite à l'homme d'effectuer sur lui-même un travail de purification susceptible de le mettre en conformité avec sa réalité ontologique originelle. Se dépouiller des oripeaux de l'ego pour réintégrer sa véritable nature. Devenir comme Orphée se présentant devant Perséphone: "Je suis fils de la Terre et du Ciel étoilé, je suis de race céleste, sachez-le vous aussi!". Et la déesse répondit: "Heureux et bienheureux, d'homme tu es devenu dieu!"
L'astrologie, même si elle nous permet de formuler une description pertinente du fonctionnement psychique du consultant, n'est pas fondée sur une psychologie mais sur une anthropologie déduite de principes métaphysiques. C'est pour cela que ses règles millénaires sont encore valides alors que les conditions de vie et les motivations des êtres humains ont tant changé.
A chacun son ciel
C'est pourquoi Denis Labouré, en sa dernière partie intitulée "Le ciel des astrologues", n'évoque pas les dernières découvertes de l'astronomie ou les conséquences philosophiques de la physique quantique qui tant réjouissent certains astrologues qui s'épuisent en vain pour être reconnus par le milieux scientifique, au lieu de faire... de l'astrologie. Il préfère décrire la descente de l'âme à travers les sphères célestes, et sa remontée, après la mort, en suivant le chemin inverse.
Son livre s'achève sur une évocation du concile de Constantinople où en 553 fut décidé, à l'issue d'un vote truqué, que l'âme n'était pas éternelle mais simplement immortelle.
Ce sont là les réflexions que nous inspirent un livre dont nous ne saurions trop recommander la lecture à tous ceux pour qui l'astrologie représente, plus qu'une technique aux immenses possibilités, une voie de sagesse. |
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